SCHEMA DE DOCTRINA CATHOLICA
iement opposée, du traditionalisme, qui professe l'absolue nécessité de la révélation pour connaître Dieu; et il déclare1 que les simples forces de la raison suffisent pour s'élever de la création à cette connaissance. L'homme est obligé, est-il dit ensuite, de soumettre son intelligence à Dieu si Dieu lui révèle des vérités ; or, ajoute-t-on, la révélation et l'élévation de l'homme à l'ordre surnaturel sont choses non seulement possibles, mais réelles; et c'est alors que le schéma condamne la doctrine de l'indépendance de la raison humaine vis-à-vis de Dieu. Suit une exhortation pressante adressée à tous les fidèles du Christ, mais surtout aux pasteurs, aux maîtres et aux éducateurs de la jeunesse, de tenir les aines confiées à leurs soins à l'écart des erreurs condamnées et de les prémunir contre le danger de s'y laisser entraîner.
Avec le troisième chapitre commence la seconde partie de la constitution, où l'on traite d'erreurs particulières dérivées des principes fondamentaux du rationalisme.// Ce même chapitre a pour objet d'indiquer les sources de la vérité révélée ; il renouvelle et précise davantage la doctrine et les prescriptions du concile de Trente sur la nature de l'inspiration, le contenu du canon et l'interprétation de la Sainte Ecriture ; et il condamne en même temps les erreurs opposées.
La quatrième chapitre expose la nécessité de la révélation. Nécessaire déjà comme moyen de rendre plus facile et plus générale la connaissance des vérités de la religion naturelle, elle est devenue d'une nécessité absolue, dès là que Dieu nous a élevés à un ordre et à une fin surnaturels, qu'il nous est impossible de connaître et d'atteindre sans cette révélation.
Parmi les vérités révélées de Dieu, enseigne le chapitre cinquième, il y a des mystères ou vérités qui, sans être contraires à la raison, sont cependant au-dessus d'elle; la raison ne peut, par ses propres forces, ni les découvrir, ni même, après que Dieu les a révélées et que la foi les a acceptées, les
saisir dans la plénitude de leur vérité. D'où la condamnation de la doctrine qui attribue à la raison de l'homme, cultivée comme il faut, le pouvoir de pénétrer et de démontrer par ses propres forces toutes les vérités révélées, et qui, par suite, l'ait de toutes ces vérités, l'objet de la philosophie.
Là finit ce qui concerne l'objet de la foi; avec le sixième chapitre, la constitution commence à traiter de la foi au sens subjectif; elle explique d'abord ce qui la distingue de la science. Elle est une vertu surnaturelle par laquelle nous tenons pour vrai, avec la grâce et à cause de l'autorité de Dieu qui nous l'atteste, ce que celui-ci nous a révélé On se trompe donc à prendre la loi pour une simple conviction, résultant dans l'esprit humain de la connaissance acquise au moyen de la raison naturelle, des vérités concernant Dieu et la religion.
Toutefois, dit le chapitre septième, bien que la foi ne résulte point simplement de l'intelligence des vérités proposées à notre croyance, elle n'en est pas moins un hommage raisonnable rendu à Dieu. En faisant sa révélation, Dieu n'a pas voulu, en effet, qu'une impulsion aveugle suffît à nous mener à croire; au contraire, en même temps qu'agissent sur nous les grâces intérieures du Saint-Esprit, les preuves extrinsèques dont Dieu a voulu que la foi fût entourée nous garantissent pleinement la révélation divine. L'homme qui n'est pas encore arrivé à la loi est tenu de s'informer avec soin du fait de cette révélation jusqu'à ce qu'il ait la certitude que Dieu a parlé ; mais alors, cette certitude une fois acquise, il rejette tous les doutes sur ce qui est révélé, pour rendre à la souveraine Majesté et à la Vérité infinie l'obéissance de la foi.
Par contre, de nouvelles erreurs tendent à faire de la foi une conviction purement naturelle, résultat d'une démonstration rigoureuse. Le huitième chapitre y répond en établissant, d'après les anciens conciles, que la foi est un don surnaturel de Dieu, principe, fondement et racine de toute
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notre justification surnaturelle, et que les actes que nous en produisons, au lieu de découler nécessairement d'un raisonnement, dépendent de notre libre volonté.
Au neuvième chapitre, on trouve condamnée la doctrine d'après laquelle un catholique, après avoir acquis et professé la foi sous le magistère de l'Eglise, pourrait encore la soumettre à un doute proprement dit et suspendre son adhésion afin d'en examiner le fondement et les preuves avec plus de liberté, d'après les règles de la seule raison et de la science humaine, les fidèles catholiques se trouvant pour cela dans les mêmes conditions que les incrédules. Non, dit le schéma, la foi est nécessaire aux hommes pour se sauver, et tous sont tenus d'y persévérer constamment. Pour l'accomplissement de ce devoir, Dieu donne à chacun la grâce nécessaire; elle s'ajoute aux preuves extrinsèques de la vérité révélée qui se manifestent avec tant d'éclat dans l'Eglise catholique.
Le dixième chapitre explique les rapports entre la science naturelle et la foi divine. C'est une erreur d'admettre que dans la recherche scientifique, la raison soit absolument indépendante de la foi divine et de l'autorité de l'Eglise. Sans doute, le savoir naturel vient aussi de Dieu, vérité suprême et créateur de l'intelligence humaine, et la raison est le plus noble instrument qui nous ait été donné pour reconnaître et scruter les vérités qui sont dans son domaine, mais faillible et faible comme elle est, il peut aussi lui arriver d'embrasser des opinions contraires à la doctrine infaillible de l'Eglise, fausses par conséquent malgré leur apparence de vérité, puisqu'une vérité ne peut pas être contraire à une vérité. La constance obligatoire danslafoi exige donc qu'un catholique, au lieu d'admettre comme conclusions légitimes de la science des opinions contraires à la doctrine catholique, les considère comme des erreurs;// il est impossible, en effet, de rester attaché par la foi à la vérité catholique tout en la combattant sciemment au nom de la philosophie. Cette obligation ne nuit
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pas d'ailleurs à la véritable élude et à la recherche de la vérité naturelle ; saus entraver, en effet, les progrès de la science, elle met une barrière à ses fausses démarches.
Le onzième chapitre réprouve cette erreur que les dogmes peuvent varier d'après le progrès des sciences naturelles, et le sens que l'Eglise a déclaré vrai, peut un jour devenir faux, pour être remplacé par un autre.
Avec le douzième chapitre commence l'exposé de la doctrine de l'Eglise sur quelques points plus importants et sur les erreurs opposées qui devront être condamnées.
Ce chapitre et le suivant posent la doctrine catholique sur la Sainte Trinité à rencontre de deux erreurs : comme il y a trois personnes en Dieu, il y aurait aussi trois essences, et le- opérations de Dieu au dehors ne seraient pas toujours communes aux trois personnes, ("est là aussi que se trouve exposé brièvement le dogme de la liberté et de la fin de la création.
Le quatorzième chapitre traite du mystère de l'Incarnation et de la Rédemption : unité de personne et dualité de natures dans le Christ, incarnation du Fils de Dieu et union hypostatique, cause efficiente de cette union et « communicatio idîomatum », différence d'activité dans les deux natures et valeur satisfactoire des actions humaines de la personne divine, mort du Christ offerte en sacrifice sur la croix pour l'expiation de nos péchés : c'est un exposé doctrinal complet terminé par la condamnation des erreurs contraires qui se sont produites de nos jours.
Le chapitre quinzième affirme et prouve l'unité d'origine de tout le genre humain; il renouvelle aussi la doctrine du concile de Vienne sur l'unité de la nature de l'homme, composé du corps et de l'âme raisonnable, car « l'âme raisonnable est vraiment et par elle-même, ou immédiatement et essentiellement, la forme du corps humain. » La doctrine contraire est qualifiée d'hérétique.