‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 46 sur 152 · DISCOURS SUR LE SCHEMA · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR LE SCHEMA

Mais cinq autres noms étaient venus s'ajouter à la liste des orateurs (1).

Mgr Verot, éveque de Savannah (2), fut appelé le premier à la tribune (3). Les discours déjà prononcés avaient, en général, reflété le caractère du pays et du peuple auquel appartenaient leurs auteurs ; ce fut encore plus sensible dans celui de Mgr Verot. En lui s'exprima le sens pratique des Américains; c'est l'expérience de la vie, de la vie américaine en particulier, qui lui fournit la matière; de ses développements, et pour appuyer ses propositions, c'est aux faits qu'il en appelle. Il dit de lui-même qu'il a été professeur d'astronomie; et son discours prouve bien, en effet, qu'il s'est occupé de sciences d'observation plutôt que de théologie et de philosophie.

Après avoir fait remarquer d'abord qu'on a déjà parlé assez et même trop sur le schéma en général, il déclare ne vouloir s'attacher qu'à trois points particuliers : les rapports de la science et de la foi, l'unité de l'espèce humaine et le péché originel.

Sur le premier de ces points, le dixième chapitre du schéma est d'une vérité évidente; mais la manière dont est exprimée cette vérité ne lui plaît pas; elle peut froisser les représentants de la science ; aussi propose-t-il une addition dont il donne la formule et qui réhabilite Galilée. Sur l'unité de l'espèce humaine, le schéma a du bon, mais est incomplet; on n'y a tenu compte que des erreurs auxquelles cette question a donné lieu en Allemagne ; les opinions d'origine américaine, anglaise et française ont été laissées de côté //. Pour combler cette lacune, il propose une nouvelle addition

(1) Ibid.,p. 07. G. V., 710c.

(2) Acta, etc. , p. 08 sqq. Le 11 mars 1870, M61 Vérot fut nommé évêque Saint- Augustin (Floride, Etats-Unis de l'Amérique du Nord).

(?) Le premier président se servait pour l'appel des ora'eurs de la formule suivante : « Accédât ad ambonem Reverendissimus Pater X.N., episcopus :V.»; Acta, etc., p. 07 (1).

plus longue encore. C'est à propos du péché originel surtout, qu'il se révèle comme n'étant pas un théologien de profession; il critique l'expression veiuin et proprium peccatum que le schéma applique au péché original. 11 voudrait substituer au mot peccatum, celui de macula. Si l'on reprend la définition du concile de Florence, il y faudra faire une addition pour expliquer qu'elle ne soumet pas les enfants morts sans baptême à la peine du feu, et (pie s'ils ne jouissent pas de la vision de Dieu, cette privation n'exclut pas une certaine béatitude naturelle. L'évêque de Savannah demande enfin qu'on condamne la doctrine de la prédestination à la damnation éternelle

Sa conclusion mérite d'être remarquée : « Pour le reste, je crois que le schéma doit être conservé. Si chacun voulait faire son schéma sur le concile, nous aurions un millier (nongentos) de volumes sur le concile du Vatican. C'est évidemment au chef de l'Eglise et à celui qui a convoqué le concile, qu'il appartient de déterminer la méthode et l'ordre (methodus et ordinatio) de ses délibérations. Pour nous nous n'avons qu'à signaler les améliorations qui nous paraissent nécessaires (i). »

Le tour du dernier des orateurs inscrits dès le premier débat arriva enfin : c'était Mgr Gastaldi, évêque de Saluces(2). Lui se prononça pour une refonte complète du schéma; la forme s'éloignait trop de celle des décrets de Trente; il étaiï trop long, trop compliqué. Le détail des améliorations proposées par l'orateur nous mènerait trop loin.

Restait la série des orateurs qui s'étaient inscrits en second

(1) Friedrich, dont les renseignements sur le discours de M6' Vérot ont la même exactitude que ceux qu'il donne sur les autres, ajoute l'insinuation suivante (op. cit., p. 352). •< Connaissant l'esprit primitif île Saint-Sulpice [M" Vérot avait fait partie de la Compagnie de Saint-Sulpice] et la manière violente dont Pie IX l'avait étouffé, nous pouvons deviner ce qu'eut à dire M*r Vérot ». C'est dire qu'il en attendait des paroles conformes u ses désirs. La conclusion du discours n'est pas pour lui faire beaucoup de plaisir.

(2) Acta, etc. . 75 sqq. ^

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