CHAPITRE VIII
Deuxième session publique.
Comme on l'avait décidé à la première session publique, la seconde session devait se tenir le 6 janvier 1870, jour de l'Epiphanie (1). A. la congrégation générale du 4 janvier on le rappela aux Pères et on leur fit remarquer que dans cette seconde session aurait lieu la cérémonie de la profession de foi (2<.
Le cérémonial de la session et de la profession de foi avait été, sur l'avis du pape, rédigé par le préfet des cérémonies, puis imprimé et distribué aux Pères (3).
Cette coutume de commencer les conciles par une profession de foi était fort ancienne dans l'Eglise. «Laprofessionde foi du premier concile général tenu à Xicée, fut renouvelée au second concile général à Constantinople, en 38i ; on y avait seulement adjoint une condamnation des erreurs de Macédonius; la même profession de foi ainsi complétée servit au concile de Chalcédoine en 45 1, mais on y avait encore fait entrer une définition qui condamnait Xestorius et Eutyeliès (Actio V); ainsi encore, en 681, le concile général tenu à
(2) Il.ul.7i7a.
(3) Ibid. 49 a. sqq.
Constantinople contre les MonOthélites répétait, avec la profession de foi de Nicée et de Constantinople, la proposition! qu'y avait ajoutée le concile de Chalcédoine, et y joignait une définition nouvelle contre les erreurs monothélites (Actio XVIII); plus tard encore en 787, le second concile de Nicée à la formule de Xicée-Constantinople et aux condamnations portées par les précédents conciles généraux avait joint son anathème contre les Iconoclastes (Actio VI I 1 : enfin, le dernier concile général de Constantinople en 87a avait l'ait de même (Actio X1. Ainsi chaque concile général l'un après l'autre, se rattachant aux principes précédemment posés, ou bien développe le dogme révélé, ou bien adapte à la vie humaine la morale révélée, comme on le lit plus tard aux conciles généraux de Latran, de Lyon, di Vienne. Le concile de Trente a l'ait les deux, c'est pourquoi il a voulu donner pour fondement à son développement doctrinal la profession publique de l'antique loi de l'Eglise (Session III) ». (1).
Pour le concile du Vatican, la Congrégation préparatoire avait agité dans plusieurs séances la question de la profession }\ de foi (2). 11 fut décidé le 26 octobre qu'elle se ferait à la seconde session publique (3).
(li Fessler, lor. cil., p. 61 sq.
2) Tome I"", p. 507 sqq.
(3) Dans la séance du "21 janvier 1868, la Congrégation préparatoire avait jugé que la profession de foi pourrait se taire à la première session publique: mais le 26 octobre de l'année suivante elle se décida pour la seconde session afin de ne pas trop prolonger la première par l'aildition de cette cérémonie à la solennité d'ouverture du concile. A Trente d'ailleurs, la profession de foi avait été renvoyée jusqu'à la troisième session. (Procès-verbal du 21 juin 1868, du 26octobre 1869.) — Friedrich (Geschichle, etc. p. 357-364: table: chap., 24, § 21. J imagine qu'on avait voulu promulguer des décrets à la seconde session, mais qu'on s'était heurté, au sujet du schéma, ;'i une résistance imprévue, et faute de pouvoir les promulguer, on avait été réduit à remplacer cette cérémonie par la profession de foi, qu'il appelle, à cause de cela « un pur remplissage », tandis qu'il désigne cette seconde session, à la table des matières, sous le nom de :'>n manquée. Les extraits que nous avons faits plus haut des séances de la Congrégation préparatoire montrent que déjà avant le concile on avait décide de