CHAPITRE X
Coup d'œil général sur les délibérât ions du premier schéma. — Réponses de Franzelin devant la Députation de la foi-
Le premier schéma avait donné lieu à six congrégations générales ; trente-cinq Pères y avaient pris la parole, et ils représentaient les paj7s et les nationalités les plus diverses. Sept d'entre eux appartenaient à l'Italie (NN. SS. Apuzzo, Pace-Forno, Gastaldi, ïrevisanato, Gandolfi, Ferré, Spilotros) ; un à l'Espagne (Mgr Caixal y Estrade); neuf à la France (NX. SS. Ginoulliiac, Bernardou, Doney, Bayllès, David, Landriot, Raess, Meignan, Ramadié) ; un à la .Belgique (M*-'1" Decliamps) ; un à l'Allemagne (Mgr Martin) ; un à l'Autriche (Mgr Bausclier) ; quatre à la Hongrie (NX. SS. Vancsar Strossmayer, Haynald, Papp-Szilagyi de Illest'alva) ; un à la Suisse (Mgr Greith) ; trois à l'Amérique du Xord (XN. SS. Kenrick, Connolly, Yérot) ; un à l'Amérique du Sud (M>'r del Valle) ; deux à l'Orient (XTN. SS. Hassan, Kliayatt) ; quatre autres enfin de nationalité italienne, mais évêques résidentiels ou titulaires en Asie ou en Egypte (XX. SS. Tizzani, Valerga, Spaceapietra, Salzano).
Les nations auxquelles appartenaient ces orateurs étaient
iCO HISTOIRE DU COÎsCILE DU VATICAN
fort dissemblables les unes des autres : beaucoup ont même une civilisation, des constitutions politiques et des lois, une manière de vivre et des mœurs, un caractère et des tendances d'esprit nettement opposés. Quelle différence, par exemple, entre les nations orientales et les nations latines, et entre celles-ci et les populations de l'Amérique du Nord ! Il n'y a donc pas à s'étonner que la discussion du schéma ait donné lieu à des appréciations de toute sorte et l'ait apparaître des manières de voir opposées.
Dans une assemblée délibérante composée de 700 membres venus de tous les pays du monde, comment un projet aussi considérable pourrait-il ne pas provoquer des contradictions ? Ce qu'il faut admirer, au contraire, c'est que dans une assemblée aussi nombreuse et réunissant des éléments si divers, il ne se soit trouvé personne pour mettre en doute une seule des doctrines énoncées dans le schéma, ou pour prendre la défense d'une seule des erreurs qu'il condamnait.
On reprocha au schéma d'énoncer des doctrines déjà définies ou de condamner des erreurs tombées dans l'oubli, d'admettre des doctrines encore trop peu certaines pour être définies, ou de porter atteinte dans telle ou telle définition à la liberté des écoles: mais, sur le fond même des doctrines et des erreurs, aucune divergence d'opinion ne se manifesta jamais. Or. c'est là un fait qui mérite la i)lus grande considération, car le contenu du schéma est fort vaste et embrasse une grande partie du dogme : de plus, les vérités qu'il expose ne sont pas seulement des vérités déjà définies, il en renferme beaucoup d'autres et entre dans une multitude de détails. Hors de l'Eglise, ces doctrines donnent lieu à des opinions innombrables, et sur aucune d'entre* elles l'entente ne parvient à se faire ; par contre, alors qu'ils venaient de tous les pays du monde, les pasteurs de l'Eglise universelle sans exception se sont trouvés d'accord sur ce