VUE D ENSEMBLE SUR LA DISCUSSION
vaste ensemble de doctrines. N'est-ce point là un fait admirable et la preuve manifeste de l'action de Dieu sur son Eglise ?
Sur la forme même du schéma, on ne pouvait naturellement pas s'attendre à une aussi complète conformité d'appréciation. Le rejet absolu fut proposé par un des orateurs, nous l'avons vu, mais par un seul, Mgr Connolly,archevêque d'Halifax. Par contre, toute une série d'évoqués, NN. SS. Apuzzo, Spaccapietra, Pace-Forno, Trevisanato, Gandolfi, Martin, Hassun, Valerga, Dechamps, E-aess et Salzano, sans vouloir exclure les améliorations possibles, lui donnèrent leur pleine approbation. Quant aux autres, ils prennent position entre ces derniers et Mgr Connolly, les uns plus près des partisans du schéma, les autres plus près de son adversaire. NN. SS. Rauscher,Kenrick, Ginoulhiac, Gastaldi, Bernadou, David lui sont défavorables et partagent plus ou moins l'opinion de l'archevêque d'Halifax ; toutefois ils ne vont pas jusqu'au rejet, ils ne veulent que des changements et une transformation; d'autres, comme NN. SS. Tizzani, Vancsa, Vérot, Doney, del Valle, sont nettement pour le maintien du schéma, // mais ils demandent qu'on l'améliore sur divers points.
Les critiques portaient principalement sur la disposition des matières et sur la rédaction du schéma. Plusieurs auraient voulu qu'on suivît l'exemple du concile de Trente ; d'exposer d'abord la doctrine catholique et de mettre la condamnation des erreurs en dernier lieu; ils regrettaient que cet ordre n'eût pas été adopté dans les premiers chapitres. Une plainte qui revint fréquemment fut que le projet, dans son aspect et sa rédaction, ressemblait à un traité de professeur plutôt qu'à un décret doctrinal de concile. On blâma aussi la raideur et la dureté de certaines expressions. Pour le fond, certains firent encore observer que dans la condamnation des fausses doctrines, on ne tenait pas suffisam-
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meut compte des besoins particuliers de uotre temps ; ou se plaignit enfin nettement que le schéma limitât sur certaines questions la liberté qui y avait régné jusque-là.
Nous avons déjà entendu les réponses que firent au cours même de la discussion les défenseurs du schéma. Il y aura intérêt à connaître aussi dès maintenant celles que fit le théologien, considéré à juste titre comme le principal auteur du projet, le futur cardinal Franzelin.
Quand la Députation de la foi, à la suite de cette première discussion, se disposa à transformer le schéma, elle invita Franzelin à venir lui exposer sa manière de voir (i). Voici quelle fut en substance son argumentation. Il ne veut pas aborder la question du fond puisque l'essentiel en doit être conservé ; il ne s'occupera que de la forme, c'est-à-dire de la disposition des matières et de la rédaction. Or, dit-il, comme dans une constitution c'est le but poursuivi qui doit commander l'une et l'autre, c'est donc par le but qu'il commencera.
Les conciles, dit-il, n'ont point en général pour objet d'exposer les doctrines que l'Eglise possède sans être troublée dans sa possession ; — le magistère ordinaire y pourvoit suffisamment ; — le but qu'on y poursuit est de signaler pour les noter comme telles les erreurs qui surgissent, et le repousser en leur opposant la vérité contraire. Aussi est -il de règle que daus leurs décrets dogmatiques la condamnation de l'erreur se trouve j uxtaposée à renonciation de la vérité . / Il en résulte que ce sont les erreurs à censurer et à proscrire qui doivent dicter non seulement le choix des doctrines à exposer (ce dont Franzelin ne veut poiut parler ici), mais I encore la forme constitutive qu'on adoptera dans l'exposition j de ces doctrines. Sans cela l'erreur ne sera ni clairement I exposée ni condamnée clairement. L'exemple des anciens
(1) De primo schemate Constitutionis dogm. dtsquisilio, etc. C. V. 1611a sqq. — Quomudo electa sit, etc. C. V. 1(347 d.