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CHAPITRE II

Ouverture du concile. Première session.

Le 7 décembre, veille du jour d'ouverture, Rome se prépara par le jeûne et l'abstinence pour le grand jour. A midi, le canon du cbâteau Saint-Ange annonça l'approche de la fête et les cloches de toutes les églises de la ville sonnèrent, pendant une heure, leur carillon joyeux (i).

C'était aussi le dernier jour de la neuvaine faite dans toutes les églises de Rome. Le Pape lui-môme voulut assister à la clôture dans l'église des Douze-Apôtres, où la célébration de la neuvaine avait été particulièrement remarquable. Toutes les rues que devait traverser le cortège papal depuis le Vatican jusqu'à l'église, regorgeaient de monde longtemps à l'avance. Les étrangers surtout s'y pressaient, pour voir à cette occasion le Pape et recevoir sa bénédiction.

Lorsque le Saint-Père parut, ce furent dans tout le parcours, mais surtout sur la place de l'église des Douze- Apôtres, des acclamations enthousiastes où dominaient les souhaits de bénédictions pour la solennelle assemblée de l'Eglise, qui devait se réunir le lendemain matin. La basilique était remplie. Dans une des tribunes intérieures avaient pris place la famille royale de Xaples, //l'impératrice Elisabeth d'Autriche,

la reine Olga de Wurtemberg-, et le grand duc de Toscane. Cinquante mille personnes environ qui ne pouvaient trouver place à l'intérieur de l'édifice durent attendre à l'extérieur la sortie du Pape, et les acclamations alors recommencèrent à l'envi (i).

L'aurore du lendemain fut saluée par le grondement des canons du château Saint-Ange. Bientôt on se porta vers Saint-Pierre; et déjà à 7 heures, la nef centrale de l'immense basilique était remplie de monde, que plusieurs bataillons de soldats placés dans l'allée du milieu, sous le portique et à la Scala regia, avaient grand'peine à refouler hors des parties réservées. Et cependant des voitures, à perte de vue, amenaient toujours de nouvelles bandes. Seul le ciel n'était pas de la fête; le temps maussade, annonçait la pluie (2).

La procession qui devait amener les Pères jusqu'au lieu du concile, était fixée à 8 heures 1/2 (3).

Longtemps avant l'heure, on les vit se rendre dans les diverses salles du Vatican qui leur avaient été affectées, pour y revêtir leurs ornements, puis de là dans la grande chapelle en traversant le corridor donnant sur Saint-Pierre. Chaque évêque était accompagné d'un prêtre, il entrait cependant seul à la chapelle, où sa place lui était indiquée. Conformément à la fête du jour, les ornements étaient blancs.

Le Saint-Père apparut à l'heure marquée; il donna la bénédiction en traversant la chapelle, se mit à genoux quelques instants devant l'autel, puis entonna la première strophe de l'hymne Veni Creator Spiritus. Le chœur continua et tout le monde se leva pour la procession. A ce moment, les canons du Mont Aventin se mirent à tonner, les cloches de toutes les églises de la ville se mirent en branle, et annoncèrent le

(1) Civilta cattolica, loc. cil . , p. 741. The Vatican, p. 15.

(2) Ibid.

(3) Cf. pour les détails C. V. 27 a. sqq. Plus loin, Methodits servanda in prima Sessione, C. Y. , 699 d. sqq. — Civilta cattolica, loc. cit., p. 743 sqq.

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