‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 7 sur 152 · ENTREE DES PERES DANS LA SALLE DU CONCILE · texte numérisé non relu

ENTREE DES PERES DANS LA SALLE DU CONCILE

commencement du concile, tandis que le cortège des Pères, rejoints par leurs compagnons à la sortie de la chapelle, se déroulait lentement par la Scala regia vers le portique de Saint-Pierre et gagnait le dôme, sous lequel des croyants de toute nation et de toute langue s'étouffaient littéralement.

Le clergé de la chapelle papale, les chantres et une partie des dignitaires du concile, marchaient, en longues files, devant les Pères. / Puis venaient les Pères dans l'ordre suivant : les abbés généraux, les abbés nullius, et, accompagnés chacun d'un prêtre, les évèques, les archevêques, les primats, les patriarches et Les cardinaux. Ils étaient tous revêtus de la chape et, à la sortie de la chapelle, ils prenaient la mitre. Enfin apparaissait le Pape porté sur la sedia gestatoria, sous un baldaquin, et entouré d'une élite de hauts dignitaires ecclésiastiques et laïcs. Huit chantres le suivaient qui continuaient l'hymne Veni Creator. Derrière venaient, chacun avec le costume de son ordre, les supérieurs généraux d'ordres et de congrégations qui n'étaient pas abbés, et pour clôturer le cortège, tous les employés du concile et les sténographes.

Comme le Très Saint Sacrement avait été exposé sur le maître-autel, au-dessus de la confession de Saint-Pierre, tous se découvrirent la tète en entrant sous le dôme, et les évêques tinrent leur mitre sur la poitrine. Le Pape descendit alors de la chaise à porteurs et traversa à pied et la tète découverte, toute la basilique.

On devine avec quel profond respect et quelle curiosité pieuse, la foule serrée des catholiques assistait à ce longcortège de plus de 700 prélats. Quel spectacle, en effet, plus saisissant que ces pasteurs suprêmes d'une Eglise vaste comme le monde, ces princes de l'Eglise appartenant à toutes les nations, et ces successeurs des Apôtres, qui passaient là, et se retrouvaient pour la première fois depuis 3oo ans, réunis en assemblée plénière pour discuter et sanctionner les intérêts de l'Eglise de Jésus-Christ. Il y avait là des hommes portant

des noms déjà connus du monde entier, soit par leurs remarquables qualités naturelles ou surnaturelles du cœur et de l'esprit, soit à cause des travaux, des souffrances, des luttes, et des services rendus à l'Eglise et à l'humanité, soit enfin à cause de l'éclat du siège dont ils étaient les titulaires, noms connus, dès longtemps, par la presse et les images, et dès longtemps, l'objet de la vénération publique : un cardinal Rauscher de Vienne, et un archevêque Darboy de Paris, la belle stature du cardinal Sehwarzenberg de Prague, le pieux archevêque de Cologne, Mgr Melchers, le savant M61" Tizzani, archevêque de Nisibe, qui était aveugle ; l'actif évêque de Mayence, Mgr Ketteler, le savant évêque de Saint-Hippolyte, M8* Fessier, que le Pape avait nommé premier secrétaire du concile; l'illustre écrivain Mgr Dupanloup, d'Orléans; l' évêque de Paderborn, M81 Martin, si connu par ses écrits //, enfin le lutteur intrépide pour les droits de l'Eglise, Mgr Senestréy de Katisbonne. La Belgique se trouvait représentée par Mgr Dechamps, archevêque de Malines ; l'Angleterre, par l'illustre Mgr Manning, archevêque de Westminster; Dublin avait envoyé son glorieux cardinal Cullen, et, parmi les autres évêques d'Irlande, le vieil archevêque de Tuam, Mgr Mac Haie, attirait tous les regards. Ami et compagnon de guerre d' O' Connel, défenseur du droit, champion de son vieux dialecte menacé de ruine, il était ce « lion de la tribu de Juda », vénéré de tous. Parmi beaucoup d'autres prélats d'Amérique, l'on remarquait les archevêques de Saint-Louis et de Baltimore, Mgr Kenrick et Mgr Spalding ; Msr Poldiug, archevêque de Sidney était là, ainsi que Mgr Brady, de l'ouest du continent australien. Mais c'étaient les évêques des rites orientaux qui, par leur extérieur étrange, attiraient tout particulièrement les regards : arméniens, bulgares, chaldéens, coptes, maronites, melchites, roumains, ruthènes, syriens ; on les distinguait, dans le long défilé des évêques, à la couleur éclatante et à la

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