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LE PROJET DE POSTULAT POUR L INFAILLIBILITE

aussi, dans ces derniers temps, on Ta combattue dans des brochures et des journaux, espérant ainsi prévenir le peuple catholique contre la saine doctrine et en empêcher la définition par le concile.

Si donc il pouvait auparavant rester encore quelque doute sur l'opportunité de la définition de cette doctrine, maintenant la nécessité de cette définition s'impose clairement.

Dans cette nécessité, le concile du Vatican ne peut se taire et négliger de rendre témoignage à la vérité catholique sans que les fidèles commencent à la mettre en doute, et que les novateurs se glorifient d'avoir, par la force de leurs arguments, imposé le silence à la vénérable assemblée; ils ne cesseraient même plus de se servir de ce silence pour refuser nettement d'obéir aux décisions rendues par le siège apostolique dans les questions de foi et de mœurs : le pape, diraient-ils, a pu se tromper.

Il semble, par conséquent, que le bien public de la chrétienté fait un devoir au concile de renouveler et d'expliquer le décret de Florence sur le pape, ainsi que de définir en termes clairs, excluant toute possibilité d'un doute, l'infaillibilité du Souverain Pontife.

Certains pensent, il est vrai, qu'on devrait s'abstenir de cette définition afin de ne pas éloigner encore davantage de l'Eglise les hérétiques etles schismatiques. Mais il faut mettre en première ligne le droit du peuple catholique à être instruit, par le concile, de ce qu'il doit croire sur cette doctrine si importante, et qu'on vient de combattre avec tant de vivacité; sans cela, bien des âmes simples et imprévoyantes deviendraient finalement les victimes de l'erreur. ("est là ce qui a déterminé également les Pères de Lyon et de Trente à affirmer la vérité sans se laisser arrêter par la crainte d'offusquer les schismatiques et les hérétiques. Ceux-ci, en effet, s'ils cherchent de bonne foi la vérité, au lieu de s'éloigner pour cela de l'Eglise, seront au contraire attirés à elle,

en voyant sur quel fondement repose principalement son

unité e1 >a stabilité. S'il arrivait que quelques-uns, après la définition de cette vérité parle concile, sortissent de l'Eglise, ils seraient en bien petit nombre, et ils auraient depuis long temps déjà fait naufrage dans la foi; ils cherchent' seule ment un prétexte pour se séparer ostensiblement de l'Eglise, que dans leur cœur ils ont déjà quittée. Ce sont eux qui ne cessent de répandre la confusion parmi le peuple chrétien et c'est de leurs embûches que le concile du Vatican doit sauver les fidèles enfants de l'Eglise. Le peuple catholique est habitué à rendre aux décisions du siège de Rome la plus complète obéissance, intérieure et extérieure; il accueillera avec joie la sentence du concile sur la souveraineté et l'infaillibilité de son pouvoir (i).

Viennent alors en appendice les témoignages rendus à l'infaillibilité du pape par plusieurs conciles provinciaux récents: Cologne (1860), Utrecht (i865), Prague (1860), Kalocsa (1860); ceux du concile plénier de Baltimore en 1866, et du premier concile provincial de Westminster en 1802 ; on y a joint également celui des quatre cents évêques venus à Rome du monde entier en 1867, pour le centenaire du martyre des princes des apôtres (2).

L'initiative prise par les évêques pour obtenir la définition de l'infaillibilité était un événement de premier ordre pour le concile, aussi la nouvelle s'en répandit-elle avec rapidité à Rome et dans tout l'univers. Dollinger attaqua leur adresse avec une vivacité extrême dans I'Allgemeine Zeitung et provoqua ainsi une multitude de brochures et d'articles sur le même sujet (3). Le comte de Tauffkirchen, ambassadeur de Bavière à Rome, qui suivait avec la plus grande attention

(1) C. V. 931 c. sqq.

(2) C. V. 932 d. sqq.

• > i r plus loin livre III, chap. VII.

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