LA MOTION DE M"' SPALDING
d'où sont extraites les propositions condamnées n'a pas été
coin [iris exactement par le pape.
Voici les raisons invoquées en faveur de cette définition indirecte : Ces propositions étant admises généralement presque sans exception, on peut compter qu'elles seront sanctionnées sans trop de divisions parmi les Pères. — 11 semble (pie pour définir un dogme l'unanimité ou la presque unanimité des voix soit nécessaire (?), surtout dans une matière si grave où il faudrait, si c'était possible, obtenir la plus grande unanimité. // 111e faudrait aujourd'hui tout particulièrement à cause des bruits qui courent et trouvent créance un peu partout, sur les profonds dissentiments qui régnent parmi les Pères au sujet de l'infaillibilité du pape. Leur accord complet dans la définition fermerait la bouche à nos ennemis et serait pour l'Eglise de la plus grande édification. — La définition indirecte proposée paraît être plus efficace et plus simple, car elle est plus claire et renferme peut-être plus de choses que la définition formelle et explicite. Dans celle-ci, en effet, les théologiens trouveront large matière à discussion ; ils ne cesseront pas de ^-<J demander quand et dans quelles circonstances le pape s'est adressé à l'universalité des chrétiens ei a prononcé en juge infaillible; et pour adhérer à la doctrine de l'infaillibilité pontificale, la question reste encore indécise de savoir quand le pape parle comme tel ou comme homme privé, ce que veut dire parler ex cathedra, qu'est-ce qui appartient à la foi et aux mœurs; peut-être même ces questions seront-elles discutées avec plus de passion que jamais. — Avec le schéma proposé au contraire, pas de distinction nécessaire ; l'infaillibilité du pape y est mise en corrélation intime avec l'infaillibilité de l'Eglise; elle y est présentée comme une conséquence du dogme de la primauté; elle n'a pas d'autres limites que l'infaillibilité de l'Eglise. Quant aux principes sur lesquels on se fond", l'Eglise depuis ses origines les a suffisamment déter-
minés et sanctionnés. — Dernier avantage de cette manière de procéder à la définition : elle ne se borne pas à donner une règle certaine pour la conduite et la croyance : elle assure également l'avenir. La définition formelle, au contraire, s'appliquant aussi aux siècles passés, ouvrirait dès lors le vaste champ de l'histoire de l'Eglise et du bullaire aux subtilités des théologiens, aux paradoxes des hérétiques et à la malignité des ennemis de la papauté.
Vers cette époque aussi, circula parmi les Pères une petite brochure (i) qui démontrait la fausseté de cinq propositions extraites du livre de Mgr Maret : Du concile général (2). , M ' Dechamps semble en avoir été l'auteur (3) Les propositions erronées étaient ainsi conçues : i° La constitution du pouvoir spirituel suprême dans l'Eglise est essentiellement complexe et composée: il ne réside donc pas dans Pierre et dans ses successeurs mais dans le collège des premiers pasteursde l'Eglise, c'est-à-dire dans le pape uni aux évêques; 2° Les évêques réunis légitimement en concile œcuménique possèdent en propre et en toute indépendance, dans les matières de foi ou qui touchent à l'extirpation des schismes et à la réforme de l'Eglise, le droit d'examiner les décrets de du pape même rendus e.v cathedra, de les juger, de les adopter et de les rejeter quelque opposition qu'y fasse le pape, II- peuvent corriger le pape sous peine de déposition, et le contraindre à accepter et à promulguer la sentence de la majorité; 3° En dehors du concile chaque évêque possède de jure dioino le pouvoir d'examiner les décrets même dogmatiques du pape, de les juger, d'y contredire publiquement, tant qu'i s n'ont pas reçu l'adhésion expresse ou tacite de la majeure partie de l'épiscopal : 4" Pendant plusieurs siècles il y eut dans l'Eglise de vrais et légitimes évêques qui, sans
I". 952c. sqq.
(2j Voir tome I, p. 293 sqq.
(3) Quse de défini lione, etc., n* 18.