‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 66 sur 152 · LES ADRESSES CONTRE L INFAILLIBILITE · texte numérisé non relu

LES ADRESSES CONTRE L INFAILLIBILITE

des Eglises, irréformable. Nous ne saurions toutefois passer fcous silence les graves difficultés que (cette doctrine) rencontre dans les actes et les écrits des Pères de l'Eglise, dans les documents de l'histoire et jusque clans la doctrine de l'Eglise; c'est pourquoi tant qu'en ne leur aura pas trouvé de solution complète, il est impossible de proposer au peuple chrétien comme étant révélé de Dieu le dogme que l'on demande de définir. //

» Xous devons ajouter encore, qu'en notre qualité d'évêques des principales nations catholiques, nous sommes tous les jours à même de connaître les dispositions qui les animent; or, il nous est manifeste que les ennemis de l'Eglise trouveront dans la définition qu'on sollicite, de nouvelles armes pour exciter à la haine de la religion jusqu'aux hommes les mieux intentionnés; nous sommes certains que les gouvernements, du moins dans nos pays, y trouveront une occasion et un prétexte pour enlever à l'Eglise les droits qui lui restent encore » (i).

L'adresse des évoques français reproduisait presque textuellement celle des allemands: elle omettait seulement l'avant-dernier paragraphe sur l'infaillibilité elle-même (2). Les évèques de la Haute Italie avaient imité ceux de France (3). Les américains se bornaient à indiquer brièvement trois raisons de ne pas définir l'infaillibilité : la définition rendrait manifeste le manque d'unité et surtout d'unanimité parmi les évèques; elle éloignerait encore davantage de l'Eglise les hérétiques de leurs pays, qu'ils avaient tant a cœur de gagner; enfin, elle provoquerait des discussions sans fin, qui entraveraient l'activité apostolique et risquaient de rendre stérile pour les catholiques tout le concile du Vari-

ai G. 7.944 b. sqq.

(2) Ibid 945 d. sqq.

(3) Ibid. 949 a. sqq.

eau (i). Les évêques de l'Orient notaient seulement que sur la doctrine de l'infaillibilité les décisions du concile de Florence pouvaient suffire (2).

Le cardinal Schwarzenberg expédia donc les cinq adresses le 29 janvier 3); il y joignit une lettre d'envoi et fit parvenir le tout à la Congrégation des postulats : ce qui paraît d'autant plus étrange que chaque pétition s'adressait au pape; poulies évêques allemands, cela avait même été l'objet d'une résolution formelle.

Une adresse signée du chevalier von Schulte, professeur de droit canonique à Prague, et de douze autres professeurs catholiques de la même université, vint, le 2 février, remercier le cardinal Schwarzenberg d'avoir l'ait cette démarche « qui témoignait à la fois d'un grand courage et d'unprofondS sentiment des besoins et des nécessités de l'Eglise » ! Les signataires y exprimaient à leur premier pasteur leur reconnaissance « pour l'attitude tout apostolique prise par Son Eminence à l'égard de tendances dont l'aboutissement, nous en sommes convaincus, disaient-ils, causerait à l'Eglise des maux qu'aucun remède humain ne serait en état de guérir » (4).

Au commencement de février, la Congrégation des postulats fit imprimer les adresses pour et contre la définition de l'infaillibilité qui lui étaient parvenues; tous les Pères qui en faisaient partie en reçurent communication et durent les étudier pour être prêts à donner leur avis à la séance du 9 février.

Ce jour-là, tous les membres de la Congrégation étaient présents, à l'exception de Msr Riccardi di Xetro, archevêque

(1) Ibid. 947 d. sqq.

(2) Ibid. 947 a. sqq.

(3) Ibid. 944 a.

(4) L'adresse est aux archives.

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