LE BREVIAIRE CHEZ LES ORIENTAUX
pourquoi il cherche alors la gloire de Dieu et s'adonne avec ardeur à l'extension de la foi (i). »
Pour l'obligation de leur clergé à dire le bréviaire, il y avait parmi les Pères orientaux des vues différentes. Le schéma obligeait le clergé oriental, comme le clergé occidental, à la récitation régulière et complète de toutes les heures canoniales . Mgr Papp-Szilàgyi, évêque grec-roumain de Grosswardein, prétendit alors que les prêtres de l'Eglise orientale ne sont pas tenus au bréviaire quotidien et qu'ils ne sont pas en état de le réciter tous les jours, à cause de la longueur de leurs prières, comparées avec le bréviaire occidental. Les prêtres grecs-roumains ne sont obligés à réciter entièrement le bréviaire que s'ils disent la messe. 11 propose donc un changement du schéma, d'après lequel le clergé de l'Eglise orientale serait obligé de réciter les heures liturgiques selon l'usage et la loi du diocèse (2). Là-dessus, Mgr Nasarian prétendit que les prêtres, diacres et sousdiacres de l'Eglise orientale sont obligés actuellement à la récitation du bréviaire, non pas sans doute en vertu d'une loi écrite, mais par suite d'un usage qui a force de loi. Il en appelle au bref Eo quamvis lempore (3), donné par Benoit XIV surtout pour les Coptes, et désire que, dans le schéma, le devoir de la récitation quotidienne du bréviaire soit imposé aux Orientaux comme aux Occidentaux; on pourrait ajouter que cette décision n'est pas nouvelle quant à la substance pour les Orientaux, puisque l'obligation du bréviaire repose chez les Occidentaux et les Orientaux sur une tradition ancienne et sur une louable coutume vieille de plusieurs siècles (4). Mgr Stefanopoli, archevêque grée de Philippi, ne fut pas d'accord avec M-1 Xasarian. Les
(1) Actu, etc., p. 498 sq.
(2) Ibidv, p. 420 sqq.
(3) Benedicti XIV Bull. I. I, p. 5^0.
(4) Acta, etc., p. 445 sqq.
manières d'apprécier l'obligation du bréviaire seraient différentes dans l'Eglise orientale. Pendant que les uns affirment cette obligation, les autres pensent, qu'en dehors du chœur, il n'y a pas d'obligation. L'orateur partageait cette dernière manière de voir, au moins pour les Grecs, et il cita des autorités en sa faveur. D'ailleurs, il n'y a aucune loi éerite pour les Orientaux, ce que témoigne aussi Benoît XIV dans son bref Eo quamvis tempore. Si, comme ce pape le dit, c'était l'usage à son époque, il n'existe plus aujourd'hui, ou du moins plus généralement. Ajoutez que les prêtres sont dans l'impossibilité de réciter leurs heures canoniales tout en s'occupant de leurs autres travaux. Ces prières sont très longues, comme déjà l'a fait remarquer l'évêque de Grosswardein, et elles sont contenues dans seize ou dix-huit in-folios, auxquels il faut ajouter six ou huit autres volumes d'un format plus petit. // Sans doute, pour les réciter, il ne fallait pas les avoir tous sous la main chaque jour, mais certainement il en fallait toujours cinq ou six: aussi, quand on veut les réciter, il est nécessaire, à chaque voyage, d'emporter toute une bibliothèque. Raison plus sérieuse : les heures canoniales pour l'ordinaire demandent quatre et quelquefois cinq ou six heures. A cela s'ajoute une longue messe. En raison de ses autres travaux, le prêtre ne peut pas toujours trouver le temps que tout cela demanderait. C'était un fait qu'aucun prêtre grec, excepté les moines, ne disait chaque jour l'office entier; beaucoup, sans doute, en disaient une grande partie tous les jours; pour plusieurs autres, c'étaient leur coutume au moins les jours où ils disaient la messe. On propose donc que les évêques de l'Eglise orientale, puisqu'ils sont rassemblés au concile, composent ensemble un nouveau bréviaire, en prenant pour base les longues heures canoniales actuelles, et qu'on puisse réciter à peu près en une heure. Ce bréviaire devrait seulement servir pour l'usage particulier et il ne serait introduit qu'un peu à la fois ; pour la récita