LA REFORME DU BREVIAIRE ROMAIN
tion commune au chœur, on conserverait le bréviaire, celui qui fut consacré par la tradition. Une commission permanente, établie à Rome, constituerait définitivement de nouvelles heures canoniales sous la direction des évêques grecs (i).
Le bréviaire romain avait été l'objet de la part de plusieurs Pérès, d'un vœu demandant sa réforme. Quelques Pères, comme Mgr Jekelfalusy, évêque de Stuhlweissenbourg (2), firent valoir que, surtout les dimanches, jours où même sans le bréviaire les prêtres sont accablés de toutes sortes de travaux, il fallait y employer trop de temps. Beaucoup, comme Mgr Haynald, archevêque de Kalocsa (3) et Mgr Vérot, évêque de Savant) ah (4), signalèrent les erreurs historiques et les passages peu appropriés des Pères de l'Eglise, qui se trouvaient dans le bréviaire. Ce dernier évêque s'attira du premier président l'avertissement de parler avec plus de respect des Pères de l'Eglise, et Mgr Gravez, évêque de Xamur, se vit obligé de ramener à une juste proportion les défauts qui avaient été blâmés dans le bréviaire, afin que les évèques orientaux, à qui le bréviaire romain était inconnu, ne crussent pas que ce livre fourmillât de fautes. En même temps, il exalta avec enthousiasme les avantages du bréviaire // et fit remarquer que si, dans un cas extraordinaire, il était difficile au prêtre de trouver du temps pour le réciter, ce cas, supposé que ce temps n'ait pas été inutilement gaspillé, ne pouvait être que rare. « Notre bréviaire, dit-il, est notre joie, c'est notre repos dans les travaux, notre consolation dans les difficultés ! (5) »
Lorsque plusieurs Pères exprimèrent le vœu qu'on recommandât aux prêtres, dans le schéma, de chercher à acquérir
(1) Acta, etc., p. 542 sqq.
(2) Ibid., p. 527.
(3) Ibid., p. 539 sqq.
(4) Ibid., p. 416 sqq.
(5) Ibid., p. 593 sqq.
2Wi HISTOIRE DU CONCILE DU VATICAN
les vertus sacerdotales, ils exaltèrent surtout parmi celles (|iii lui étaient le plus nécessaires, la chasteté. « Les clei ■< dit Mgr Dinkel, évêque d'Augsbourg, doivent avoir par dessus tout dans le cœur une pureté virginale, et cette vertu doit être pour les prêtres l'objet d'un soin jaloux » (i). Avec plusieurs autres Pères, il désire cependant que dans le schéma on ne mette pas le mot de coneubinat. Au temps du concile de Trente, il avait, hélas! été nécessaire de faire des décrets contre le coneubinat, mais aujourd'hui, on doit l'avouer en rendant grâces à Dieu, il n'y avait plus de raison de le faire (2) //.
(1) Acta, etc., p. 469.
(2) Ibid. p. 472. — Nous nous sommes fait longtemps violence pour contenir les remarques suscitées à chaque ligne du récit inexact de Friedrich. 11 attribue à M" Dinkel une phrase si indigne que nous n'avons pas pu la passer sous silence. Il dit (t. III p. 535) : « Mtr Dinkel... distingue entre « le coneubinat au sens large et au sens strict » et il prend la défense du premier! Car, peusait-il, et il le savait d'après son diocèse, si l'on ne l'ait pas cette distinction et si l'on ne permet pas le premier, on ne peut pas se tirer d'affaire ». Est-ce que Friedrich a perdu tout sentiment de pudeur vis-à-vis de la foi catholique pour faire dire à qn évêque catholique devant (ont l'épiscopat de l'Eglise : On peut permettre auxprêtresla foi*nicatio .'Il dit que cria lui parait incroyable, mais on lui a assure el repété que l'évêque avait ainsi parlé. N'eut-il pas mieux fait de reconnaître l'entière incapacité de celui qui lui procurait des communications sur Ce <|ui se passait dans les congrégations générales, que de donner créance à ses rapports (Lv seul passage à considérer est ainsi formulé dans le texte original : « Eo tempore i/uo sacrosanctum Concilium Tridentinnm celebrabatur, omnino necessarium fuit particulare contra clericos sensu striclissimo concubinarios edere decretum...Uen sint grates, nunc lemporis res longe aliter sehabet.Eveniuntquidem,fateor, et nuncsingula carnisinconlinenliaescandala, magnopere dolenda; at ista mihi non satis causas praebere videntur, ut in decreio ennediari nostro concubinatus clericorum mentio fiât. — Novi equidem, il" Domini, vocabulum concubinatus, laliori sen^u m canonibus sacris inlelligi, quam in legibus noslris civilibus et usitata homi- 11 u m loquela. Seil ol> eam ipsam causât» opus est ut cautissimi simus in adhibendo isto rornliulo. Cogitate, quaeso, quantopere mus lui jus vocis, simul ac décréta bujus sacri Concihi in publiait» prodierint , in cleri nostri diffamationem cessurus sit. Sonne homines Eoclesiae sanctae nostrae infen'sissimi inagno clamore adversus clericos ruent ? Nonne mille vocibus clamabunt in cafholicos sacerdotev, utpole qui tantis concubinatus scandalis sunt obnoxii, utipsa oecumenica Synodus de concubinatut peste, quaeiniis grassatur , publiée mentionem facere cogeretur ? Desidero igitur magnopere ut si de carnali inconlinentia clericorurn in ilecrelis nostris loqui plor ruent, snllein vox concubinatus tollulur ». Iliid., p. 472 sq. —Voilà le passage tiré du rapport sténographique el qu'on retrouve aussi dan- une copie fidèle du discours, signée parM Dinkel, et que .j'ai trouvée dans les écrits laissés par un évêque de se- amis.