‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 85 sur 152 · PROPOSITIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

PROPOSITIONS DIVERSES

(I Mgr Martin, évêque de Paderborn, fit alors remarquer qu'on devait prémunir les prêtres contre les tendances à rechercher la faveur des gouvernements. C'est là un grand danger, dit-il, parce que divers gouvernements ayant obtenu par des concordats le droit de nomination aux bénéfices ou le droit de présentation, les prêtres seraient facilement tentés de rechercher leur faveur, pour obtenir des bénéfices. L'évêque ne veut pas que ces concordats soient abolis, mais il ne veut pas non plus que l'Etat manque aux devoirs qui y sont indiqués, alors que l'Eglise les observe exactement. Aussi propose-t-il que l'assemblée de l'Eglise déclare solennellement que les concordats signés entre l'Eglise et les gouvernements, doivent, si les gouvernements les gardent, être gardés avee la même fidélité par l'Eglise, mais que si les gouvernements violent ou négligent les devoirs qui y sont contenus, l'Eglise ne doit plus se considérer comme liée par ces clauses. L'évêque ajoute le vœu que le Synode défende aux prêtres de recevoir des décorations civiles ; car, dit-il, le peuple regarde les prêtres décorés avec défiance, et souvent en effet, les prêtres décorés sont trop remplis de l'esprit du monde, (i) Plusieurs des Pères se prononcèrent contre ce dernier projet, et firent remarquer qu'un refus du prêtre d'accepter une décoration serait blessant, et que les gouvernements pourraient facilement s'en offenser.

Nous ne pouvons pas mentionner toutes les propositions que firent les Pères sur des détails de moindre importance. Exceptons le projet de l'évêque de Paderborn, de permettre aussi aux prêtres de l'Eglise occidentale de porter la barbe. Beaucoup de prêtres le désireraient, parce que la raser est incommode et par raison de santé. En outre le port de la barbe est une chose tout à fait indifférente et nullement incompatible avec la dignité sacerdotale, // d'autant plus que

(1) Acta,e\c, 411 sq.

nous le trouvons chez les capucins : dans les choses qui sont tout à fait indifférentes et qui ne blessent pas les convenances ecclésiastiques, on devrait laisser liberté aux prêtres, (i) Xous croyons que M*r Martin s'est acquis par ce projet les sympathies de beaucoup de prêtres; mais il ne trouva pas d'écho dans le concile. Aucun autre des Pères ne dit un mot en sa faveur, et plusieurs le combattirent. On pensa aussi que la chose était trop peu importante pour qu'un Concile oecuménique s'en occupât. Cependant si un Concile peut donner des décisions au sujet de l'habit et de la chevelure, pourquoi pas aussi au sujet de la barbe? En outre, la prescription pour le prêtre de ne point porter la barbe est si générale que, si on voulait la lever, il faudrait pour cela la plus haute autorité dans l'Eglise.

Les délibérations sur ce schéma furent en général tranquilles. Klles n'eurent pourtant pas lieu sans quelques expli cations plus vives.

Mgr Vérot, évêque de Savannah, dit au commencement de son discours qu'il avait demandé la parole quelques j ours auparavant et qu'il ne lavait pas obtenue. Il ferait donc maintenant, avant son discours, la remarque qu'il avait voulu taire alors. Un orateur, dit-il, a exposé une doctrine condamnée par les papes, la doctrine de Baïus, en disant que l'immortalité et l'affranchissement de la concupiscence étaient naturels à l'homme fnaturalis ejus conditiohet que Dieu ne pouvait pas créer l'homme dans l'état où il naît maintenant (2).

Lorsque M81" Vérot eut achevé son discours, le président déclara qu'on lui avait précédemment refusé la parole parce qu'il avait voulu parler hors de son tour en interrompant la série fixée des orateurs(3). Voici en effet ce qui s'était passé.

1) Acte, etc., p. 412.

i) Ado, etc., p. 414.

[3 Ibid., p. 418.

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