LA SALLE DU CONCILE
marbre et liante de 21 mètres, qui le séparait du reste de la basilique. Les battants de la porte, fermant l'entrée principale qu'il y avait percée, étaient richement décorés ; an-dessus était représenté le Christ, qui semblait adresser aux arrivants ces paroles de salut gravées à ses pieds :
Docete. Omnes. Gentes
Kcce. Bgo. Vobiscum. Su 111. Omnibus. Diebus
Usque. Ad. Coiisummationem. Saeculi.
A l'intérieur se trouvait, près de cette cloison, un autel tout simple, dont le dos était tourné vers l'entrée. Six candélabres, une croix de prix au# milieu, et aux deux côtés, de petites statues des deux princes des Apôtres, en constituaient tout l'ornement.
En face de l'entrée principale, la salle se terminait en forme de demi-cercle. L'abside ainsi déterminée était surélevée ; huit degrés y donnaient accès; le milieu en était occupé par le trône du Pape, auquel menaient quatre autres degrés ; le parquet de la salle et de l'abside était couvert de tapis verts ; les degrés du trône pontifical, de tapis écarlates ; au-dessus du même trône se trouvait un baldaquin de velours rouge sombre à franges d'or; le siège lui-môme était drapé d'étoffe soie et argent, et le dossier était formé par une tenture blanc d'argent parsemée d'étoiles d'or.
En avant du trône pontifical, à droite et à gauche contre les murailles de la salle, étaient rangés les sièges des cardinaux et, par devant eux, sur les côtés aussi, ceux des patriarches. Les bancs pour le reste des prélats se trouvaient en bas dans la salle, le long des deux murailles, recouverts de tapis et distribués en huit compartiments : chaque compartiment comprenait sept ou huit bancs placés les uns derrière les autres, en forme de gradins superposés jusqu'aux murailles.
Entre chaque compartiment, on avait ménagé un passage par où chaque prélat pouvait commodément monter à sa place. Il y avait douze places par banc et à chaque place un pupitre pour lire et écrire et pour déposer des livres et des fournitures de bureau.
Les Pères étaient distribués d'après leur rang. Les prélats siégeaient en haut, puis venaient les archevêques, les évêques, les abbés et les supérieurs d'ordres ;//dans chacun de ces groupes, les places étaient assignées d'après l'âge de promotion.
Au milieu de la salle, un grand espace demeurait libre. C'est là que se trouvait, du côté de l'évangile de l'autel, la tribune mobile pour les orateurs ; de l'autre côté, sur une même ligne, se suivaient la table des sténographes, celle du sous-secrétaire et enfin celle du secrétaire du concile. C'est là aussi que les cinq cardinaux-présidents avaient leur siège dans les congrégations générales ; mais dans les sessions publiques, où le Pape présidait lui-même, ils prenaient place parmi les autres cardinaux.
En arrière des bancs des évêques et en haut, se trouvaient des tribunes ; à gauche, en partant de l'entrée, pour les souverains, les princes et princesses des maisons régnantes, à droite, pour les représentants des cours étrangères accrédités auprès du Saint-Siège et pour les généraux de la milice pontificale et de la garnison française de Rome. Ces deux tribunes en avaient d'autres au-dessus d'elles pour les procureurs des évêques absents et pour les théologiens et canonistes du concile. L'abside de la salle avait une tribune pour les chantres, et une autre pour les princesses romaines, où vingt d'entre elles pouvaient prendre place à chaque session publique. Il y avait encore, en allant vers le fond, deux autres tribunes, pour les ministres de l'Etat de l'Eglise, le majordome et le maître de chambre du Pape, et pour le Sénat romain.