DISCOURS DE MC8* DESPREZ
veau catéchisme, aillent dans un autre diocèse, dans un autre pays, qu'ils partent même pour l'Amérique, partout ils retrouveront les mômes questions, les mêmes réponses simples, brèves et claires, et, depuis leur enfance, ils reconnaîtront toujours, dans des langues différentes mais avec les mêmes mots, le même résumé des enseignements de la foi et de la morale. ■» (i) // Et alors, ajoute-t-il, la sagesse de l'Eglise paraîtra toujours plus admirable aux yeux des hérétiques, quels qu'ils soient. (2)
Le vicaire apostolique de l'Océanie centrale certifie que L'uniformité de catéchisme aura des suites très heureuses pour la conversion des païens. L'unité de catéchisme sera une preuve admirable de l'unité de doctrine à opposer aux missionnaires hérétiques qui font tant valoir l'unité du livre qu'ils distribuent, la Bible, en affirmant que l'unité de doctrine manque aux catholiques. « Assurément, dit-il en concluant, ce catéchisme unique, sortant pour ainsi dire des mains du pape et de cette sainte assemblée, serait poulies nouveaux convertis et pour les habitants des îles australiennes, une preuve très efficace delà vérité de notre doctrine, et il ajouterait un grand poids à l'autorité de ceux qui prêchent aux infidèles la doctrine de l'Eglise catholique. » (3)
Le même évèque fait des remarques très justes sur les avantages que les évèques tireraient de l'introduction d'un catéchismeuniforme pour toute l'Eglise. « Car, dit-il, que désire l'éveque? Il désire remplir son devoir d'instruire les fidèles, aussi facilement que possible; il désire avoir le plus tôt possible un catéchisme qui soit aussi parfait que possible, et qui coûte le meilleur marché possible. Que fera donc l'éveque pour obtenir ces trois avantages? Devra-t-il entreprendre
(1) Alla, etc., p. 696.
(2) Ibid.
(3) Ibid., p. 721.
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lui-même le travail de composition d'un catéchisme? Mais les orateurs les plus éminents n'ont-ils pas avoué dans cette salle, que ce travail est extrêmement malaisé et plein de périls? L'éminent évéque d'Orléans n'a-t-il pas dit que c'était seulement après quinze années de travail, après avoir beaucoup consulté, et avec le concours d'hommes très considérés par leur savoir, qu'il avait pu publier son catéchisme? — S'il en est ainsi pour lui, comment tous les évoques pourraientils entreprendre un ouvrage si difficile, eux qui, peut-être, ne se tiennent pas pour aussi bien doués, qui ne peuvent trouver assez de temps pour cela, et qui n'ont pas autour d'eux des conseillers aussi nombreux et aussi sages ? Que peut faire surtout un vicaire apostolique au milieu de ses embarras, de ses travaux et de ses voyages? » (i) // L'orateur prolongea ces remarques pratiques.
Plusieurs évèques, comme Mgr Roullet de la Bouillerie (2) et M8* Jans (3), firent remarquer que les évêques, pris séparément, n'étant pas infaillibles, pouvaient, en publiant euxmêmes leur catéchisme, y laisser se glisser des erreurs, que les enfants s'assimileraient ensuite dès leur jeunesse pour les abandonner difficilement plus tard. Le premier, rappela que des erreurs jansénistes s'étaient glissées dans les catéchismes de différentes nations. M8* Desprez, archevêque de Toulouse cita des exemples d'erreurs et d'inexactitudes de ce genre. Ainsi, l'ancien catéchisme de Genève qualifiait les péchés du nom d'oeuvres serviles ; de sorte que commettre des péchés le dimanche était une circonstance aggravante qu'il fallait signaler en confession. Dans le même catéchisme, on enseignait qu'un commandement oblige tous les chrétiens à faire un acte de contrition chaque matin et chaque soir. Dans ces catéchismes, par contre, 011 ne disait rien ou presque rien de
li) Ibid., p. 721 sq.
(2) Ibid., p. 703.
(3) Ibid., p. 743.
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la primauté du pape, et il s'y trouvait des choses iuexactes sur la distinction entre la contrition parfaite et la contrition imparfaite, ainsi que sur les effets de la contrition imparfaite dans le sacrement de pénitence. Mgr Desprez rappelle encore l'intervention de certains princes temporels dans les catéchismes. Ainsi, en Autriche, Joseph II, de sa propre autorité, fit imprimer un nouveau catéchisme au lieu du catéchisme deux fois séculaire du Bienheureux Canisius qu'il supprimait ; et un édit du 10 juin 1787, ordonna de faire disparaître dans ce soi-disant « catéchisme réglementaire, (Normal katechismus) » la doctrine des indulgences applicables aux âmes du purgatoire; cette doctrine ne paraissant pas suffisamment fondée, disait l'édit. — Le gouvernement de l'empereur Napoléon fit imprimer en tête du catéchisme, un édit dans lequel l'observation des articles organiques, si souvent condamnés par le Saint-Siège, était chose prescrite; et par ordre du même empereur, ce catéchisme devait être reçu dans tout l'empire . On y parlait peu du pape; mais, par contre, beaucoup de l'empereur. Il s'y trouvait par exemple la demande et la réponse suivante :
Demande : Quels sont nos devoirs envers Napoléon Ier, notre empereur ?
Réponse : Nous devons reconnaître que Dieu, en comblant notre empereur de dons, soit dans la paix, soit dans la guerre, l'a suscité pour rétablir le culte public de la religion sainte, et pour en être le protecteur; qu'il a ramené et conservé l'ordre public par sa sagesse profonde et active: que tous, nous lui devons l'amour, le respect, l'obéissance, la fidélité, le service militaire, et les impôts ordonnés pour la conservation et la défense de l'empire et pour l'éclat du trône impérial (1) ».
Plusieurs des Pères qui se prononçaient pour le schéma,
(1) Acla, etc., p. 768 sqq.
comme Msr Eallerini (i) et Mgr Vérot (2), avouèrent que les raisons présentées par les adversaires du schéma avaient l'ait sur eux forte impression. Cependant elles avaient été toutes réfutées victorieusement.
Les différences qui existent parmi les enfants, dit M1-'1 Magnasco, et la diversité des conditions dans lesquelles ils vivent, doivent entrer en considération lorsqu'il s'agit de l'enseignement oral ou des livres plus considérables qui traitent de la religion: mais le catéchisme, ne renfermant que les enseignements les plus nécessaires de la foi avec les explications essentielles, peut être unique et le même pour tous. Xous sommes tous d'accord, dit-il. que le catéchisme doit renfermer le texte du symbole, les sacrements, le Xotre Père, et quelques autres points semblables, avec une courte explication de ces vérités qui puisse convenir à tous. L'un saisira cette explication plus rapidement, ou plus complètement, ou plus parfaitement; l'autre, plus lentement et moins à fond; mais elle doit convenir à tous malgré la différence du niveau intellectuel, puisque l'enseignement de la foi doit être le même pour tous (3). — « Les difficultés soulevées contre le schéma, dit Mgr Urquinaona d'accord avec Mgr Magnasco, auraient grand poids, si le fait d'avoir lu le catéchisme ou de l'avoir appris par cœur constituait toute la formation nécessaire aux fidèles dans les vérités chrétiem Mais le catéchisme n'est qu'un texte qui sert à l'instruction; et celui qui doit instruire c'est le cure, ec surtout l'évèque. ("est à eux à ne jamais perdre de vue les besoins particuliers des fidèles et des peuples; et ils doivent selon ces besoins, régler l'explication du catéchisme, le compléter même par des notes ou encore imprimer un catéchisme plus détaillé.
(1) Ibid.j p. 675 sq.
(2) Il ad., p. 662.
(3) Ibi.l-, p. 755.