‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 105 sur 129 · REPONSE DU GOUVERNEMENT BAVAROIS · texte numérisé non relu

REPONSE DU GOUVERNEMENT BAVAROIS

quent, d'octroyer aux uns et aux autres les mêmes droits qu'ils auraient eus si la communauté vieille-catholique avait déjà existé avant le 18 juillet 1870.

» 3° Ala troisième question. — Le gouvernement, fermement résolu, à l'aide des moyens que lui offre la constitution, à repousser tout empiétement sur les droits de l'Etat, se déclare en même temps prêt à édicter de nouvelles lois qui établiront une entière indépendance de l'Etat et de l'Église, comme étant, selon lui, le seul moyen de rétablir la paix religieuse et de l'assurer à l'avenir (1). »

Les efforts tentés par M. de Lutz pour réaliser toutes ces déclarations appartiennent à l'histoire du Kultuikampf bavarois ou, plus exactement, allemand.

Passons aux autres gouvernements qui, se croyant plus ou moins menacés par les décrets du concile du Vatican, recoururent à des mesures plus ou moins dures à l'égard de leurs sujets catholiques et de l'Eglise.

Royaume de Saxe. — Le doux M8* Forwcrk avait été, sur l'injonction du ministre des cultes, obligé de retirer de la publicité une lettre pastorale dans laquelle Sa Grandeur se plaignait de la pénible situation faite au Saint-Père. / Il n'y avait donc pas à songer à une publication officielle des décrets du Concile (2).

Grand-Duché de Bade. — Les décrets y avaient été publiés, mais le ministre d'Etat Jolly s'empressa de déclarer officiellement que, d'après le paragraphe i5 de la loi du 9 octobre 1860, ces constitutions n'auraient aucune valeur légale ou ne seraient pas exécutées pour peu qu'elles intervinssent, soit directement, soit indirectement, dans les droits civils e politiques (3).

(1) Die ministérielle Ar.lworl, pp. 228 sqq.

(2) Archiv fur katolisches Kirchenrecht, 25- vol. (1871), p. XXXIV, 11.

(3) Gesetz-und Verordnungsblalt, 1870, n° 63. - C. V. 1729 c. sq.

Le ministre répondait, en outre, à une interpellation du député Eckhard, qui n'était, au fond, qu'une imitation de celle du Dr Herz en Bavière. Le ministère, disait Jolly, est disposé à reconnaître aux membres de l'Eglise catholique, laïques et prêtres, qui ne se soumettaient pas aux décrets du Vatican, leurs droits acquis en tant que catholiques; à laisser les prêtres excommuniés en possession de leurs bénéfices et de leurs emplois; à soutenir les Vieux-Catholiques et à leur procurer des églises; enfin, à exempter les enfants, sur un désir exprimé par leurs parents ou tuteurs, du cours d'instruction religieuse catholique (i). On sait avec quelle ardeur le ministère badois s'est appliqué à cette tâche.

Wurtemberg. — Le calme y régna, en apparence du moins, aussi longtemps qu'on espéra voir Mgr Héfélé rester du côté des opposants. A. peine l'évêque avait-il adhéré publiquement aux décrets du Concile (2) que le ministre des cultes, von Gessler, faisait paraître, à la date du 11 avril 1871, dans le W urtembergische-Staats- Anzeiger une communication conçue en ces termes :

« Le public est prévenu que, par suite d'une décision royale prise le 18 courant, conformément à l'avis du conseiller privé, le gouvernement ne reconnaîtra aucune valeur juridique en matière de droits civils et politiques aux décisions du concile du Vatican, telles du moins qu'elles sont formulées dans les deux constitutions dogmatiques du 24 avril et du 18 juillet 1870, surtout à celle qui renferme le dogme de l'Infaillibilité personnelle du Pape (3). »

Cet Etat de l'Allemagne du Sud s'engageait ainsi sur la pente rapide du Kulturkampf.

(1) Séance de la Chambre des députés du 9 mars 1872. — liudischer Beobachter, 1872, n° 60.

(2) Voir plus haut, p. 565 sq.

l'opposition a l'infaillibilité dans les cantons SUISSES 369

Cantons suisses. — Plusieurs d'entre eux prirent une attitude particulièrement hostile./ On sait déjà (i) qu'un certain nombre de confédérés adhéraient à l'agitation qui avait son point de départ à Munich. En plus d'un endroit on ne se contenta môme pas de protester verbalement ou par écrit contre les procédés du Concile de Rome ; on en vint jusqu'aux injures à l'adresse de l'auguste assemblée et du Chef suprême de l'Eglise catholique. La colère des Suisses libéraux se déchargea surtout sur XX. SS. Lâchât et Mermillod, reconnus comme zélés défenseurs de la définition. Ils devaient, eux, subir la peine d'avoir contribué à la réussite du décret du Concile.

Msr Greith, évoque deSaint-Gall, écrivaitau cardinal Schwarzenberg, le 22 septembre 1870 (2) : « MglTévèque de Bàle se trouve dans la plus triste situation. Les différents cantons de son diocèse, extrêmement irrités de l'attitude prise par Monseigneur au Concile, ont violemment fermé son grand séminaire le 2 avril 1870, et lui ont défendu d'en ouvrir un autre. Ils se sont, en outre, adressés aux autorités fédérales de Berne pour provoquer, au nom de la Confédération, une intervention et des mesures contre le concile du Vatican et le dogme de l'Infaillibilité, et ont demandé aux autres Etats de s'adjoindre à eux. »

Xous n'entrerons pas dans plus de détails sur les procédés violents et injustes de la soi-disaut conférence diocésaine de Bâle (3) au sujet du séminaire épiscopal (4). Xous ne nous

(1) Voir 3<" vol., p. 346 sqq.

(2) Voir plus haut, pp. 586 sqq.

(3) Ce spécimen d'autorité, unique et monstrueux (Monslrôse Unikum einer Behorde), comme le nomme le P. Rohner, se composait de députés protestants et catholiques des sept, cantons relevant du diocèse de Bâle : 3erne, Bàle, Argovie, Thurgovie (mixtes), Solcure, Lucerne et Zug (catholiques). Il revendiqua un droit de surveillance dans toutes les affaires ecclésiastiques.

(4) Voir les articles fortement documentés du P. Beatus Rohner, 0. S. B., dans Arc/tir fur katolisckes Kirchenrecht, 24* vol. (1870), pp. 186 sqq., 23e vol. (1871\

intéresserons qu'aux mesures prises contre le Concile. / En réponse à l'énergique protestation du député Dossenbacli (i), de Zug\ du 18 août 1870, la conférence diocésaine se contenta d'inviter le conseil fédéral et les autres cantons catholiques et mixtes, à faire les démarches nécessaires pour le maintien des droits de l'Etat et des particuliers à rencontre des décrets du Vatican. On décida également dans cette même séance de protester auprès de l'évèque contre la promulgation des décisions du Concile et nommément du dogme de l'Infaillibilité, et de lui signaler les suites éventuelles que pouvait avoir une pareille publication (2). Le conseil fédéral répondit dès le 24 que, tout en élaborant ses projets relatifs à la revision de la constitution fédérale, il tiendrait compte des tendances hiérarchiques qui s'étaient manifestées au Concile, et qu'en conséquence il se proposerait une réglementation de principe des rapports entre l'Eglise et l'Etat sur le terrain de l'indépendance réciproque.

Cependant, si la conférence diocésaine désirait, avant cela, une intervention contre certaines décisions conciliaires, elle n'aurait qu'à le demander plus clairement. Le conseil fédéral était tout disposé à examiner les questions avec empressement (3).

La conférence diocésaine ne paraît pas avoir insisté davantage sur ce point. Le conseil exécutif d'Argovie ne parvint pas à maîtriser plus longtemps son zèle pour la foi. A l'approche de la solennité publique de supplications, de pénitence et de

pp. 178 sqq.; de même les articles du juge supérieur Dr àttewhofeh, ibiil., 29r' vol . (1873), pp. 34 sqq. En outre : Aklenmâssige Beleiu-hluwj der Bbitwm Èasehchen Seminarfrage. Solothurn, Schwcndiinann, 1870 (oo pp.) : le conseiller du gouvernement Dossenbach, Meine SteUt/ny ah Abgeordneter des hohen StandesZug an der Diôcezankunferenz desBistwm Basel. Zug, Elsener, 1870 (78 pp.); D1' Wiiuier, Dm Vatikanisehe konzil wad die THôeeztmkonferenz. Luzern, Riiber, 1870 (140 pp.).

(1) Voir son écrit cité plus haut.

(3) Ibid. 1730 b. sq.

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