‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 108 sur 129 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le clergé et le peuple après le Concile.

Dans les chapitres précédents, nous avons raconté les événements moins consolants qui suivirent le concile du Vatican. Mais celui qui voudrait par là juger de l'accueil que les catholiques ont fait aux décisions du Concile, se tromperait grandement. L'apostasie, qui priva l'Eglise de plus d'un membre, autrefois très estimé, fut un cas relativement rare. Le péril de la séduction, qui, au début, en Allemagne surtout, se montrait menaçant, disparut dès que, d'une part, ou exposa clairement le vrai sens du nouveau dogme, et que, de l'autre, se révélèrent les véritables intentions des ennemis du Concile. Et si certains gouvernements s'emparèrent de la déclaration de l'Infaillibilité, comme d'une occasion favorable pour persécuter l'Eglise, cette persécution ne fut que la pierre de touche de la foi des catholiques, et se termina, comme se sont terminées toutes les persécutions au cours des siècles, et même plus vite que de coutume, par la victoire des persécutés. /

Ce que nous avons vu jusqu'ici n'était que l'ombre, triste, il est vrai, mais cependant relativement faible, que cette brillante apparition de l'assemblée universelle de l'Eglise alaissée derrière elle; c'était l'exception qui, comme toute chose extraordinaire, frappa d'abord les yeux. Nous parlerons, en terminant, de ce qui fut la règle de cet accueil joyeux, enthousiaste môme, que les décisions du Concile trouvèrent dans toutes les parties du monde auprès de millions et de mil-

lions de catholiques fidèles, prêtres ou laïques. Cette joie éclata dès le retour des membres du Concile dans leurs diocèses.

Lorsqu'on lit les descriptions joyeuses et émues de la réception des évêques dans leurs diocèses, on peut à peine résister à l'émotion; le cœur plein de reconnaissance, on exalte la bonté divine, qui dans l'Eglise de Jésus-Clirist unit le pasteur et son troupeau par les liens si intimes de la foi et de l'amour. Nous en donnerons quelques exemples pris dans différentes nations.

La déclaration de guerre à la Prusse du 19 juillet 1870, et surtout les malheurs que la guerre déchaîna sur tout le pays, troublèrent beaucoup et supprimèrent parfois complètement les témoignages de joie par lesquels la France avait voulu célébrer les décisions du Concile. Les solennités qui, bien que les cœurs fussent accablés de tristesse, éclatèrent encore dans beaucoup de diocèses (1), permettent de juger de la magnificence qu'aurait eu, en temps de paix, l'acceptation de l'Infaillibilité.

Lorsque les évêques français arrivèrent dans leur ville épiscopale, ils trouvèrent à la gare le chapitre de la cathédrale, le clergé, les magistrats, les séminaristes, les élèves des écoles et des maisons d'éducation, et une grande foule de peuple, qui les attendaient et qui, au milieu des cris d'allégresse, du chant des hymnes, des accords des chœurs, les conduisirent, à travers les rues splendidement ornées, jusqu'à la cathédrale. Là, du haut de la chaire, ils annonçaient aussitôt la bonne nouvelle de la décision du Concile. La profession solennelle de l'acte de foi par toute l'assemblée et le Te Deum chanté par mille / voix terminaient cette première cérémonie. Le plus souvent dans l'église ou sur le parvis,.

(1) Voir la Cirillù callolica, sur. 7, vol. il, pp. 72-1 sqq.

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