LES SCHEMAS PROPOSÉS AU CONCILE
première : « De l'Eglise considérée en elle-même », traitait, sous quatre titres, de la nature de l'Eglise, de ses qualités, de ses prérogatives propres et de ses pouvoirs. La deuxième : « Du chef visible de l'Eglise », contenait la doctrine sur la primauté et l'autorité universelle du Saint-Siège. La troisième : « Des rapports de l'Eglise avec la société civile », posait les principes sur la bonne entente entre les deux pouvoirs, sur les droits et les devoirs de l'Etat par rapport à l'éducation et à l'enseignement, sur la profession publique des conseils évangéliques et sur les biens temporels de l'Eglise (i).
Le dernier schéma dogmatique de Matrimonio christiano était d'une portée non moins grande. Il traitait de la dignité et de la nature / du mariage chrétien, du pouvoir de l'Eglise sur le mariage, et des mariages mixtes.
Après les schéma dogmatiques venaient les schéma disciplinaires. Il n'y en avait pas moins de vingt-huit. Ils exposaient les points les plus importants du droit canonique et de la morale chrétienne : les règles de l'Eglise sur les évêques, les synodes, les chapitres, les pasteurs, les clercs et les séminaristes, sur la prédication, l'enseignement catéchétique et l'administration des sacrements, sur les empêchements du mariage, les mariages mixtes et les mariages civils, sur la réforme des mœurs parla lutte contre les principaux maux de la société moderne, sur la sainteté du dimanche et des fêtes, les jeûnes et l'abstinence, sur le duel et le suicide, sur le magnétisme, le spiritisme et les sociétés secrètes, étaient à nouveau examinées et fixées, en tenant prudemment compte des. circonstances de temps.
Dix-huit autres schéma s'occupaient des affaires des Religieux. Enfin les deux derniers sur les Rites et sur les Missions apostoliques concernaient les rapports particuliers
(1) Comp. ibid., o67 b. sqq.
des Eglises orientales et des missions qui n'avaient pu être réglés dans les dispositions sur la discipline ecclésiastique et les Réguliers (i).
C'était une préparation aux prochains débats conciliaires telle que n'en avaient pas reçue les premières assemblées de l'Eglise. Elle allait, non pas restreindre et gêner, mais rendre plus promptes et plus faciles les libres délibérations des évêques. Ceux-ci devaient donc — tout juge impartial le concédera — être très reconnaissants au Saint-Père pour sa prudente sollicitude, et le plus grand nombre le lut en effet en toute sincérité.
Mais l'homme propose et Dieu dispose. « — De tous ces projets si soigneusement élaborés, six seulement furent discutés; des fractions vraiment minimes de deux d'entre eux furent transformées en décrets conciliaires. Par contre, ce qui occupa le Concile depuis le premier moment de sa réunion jusqu'à sa dissolution, on ne le trouve dans aucune des nombreuses ébauches faites, et personne, à Rome, ne voulait le présenter aux délibérations des Pères. /
Personne ne le conteste aujourd'hui, c'est du dehors que la question de l'Infaillibilité a été portée au Concile. On avait appris, vers le milieu de l'année 1868, le dessein formé par J\FrMaret, doyen de la Faculté de théologie de Paris, de publier, en vue du futur Concile, un ouvrage sur les rapports du Pape avec l'épiscopat et sur l'Infaillibilité pontificale. Aussitôt les milieux dits instruits, principalement en France et en Allemagne, furent saisis d'une extrême agitation. En France les derniers amis du gallicanisme, en Allemagne les partisans conscients et, plus encore peut-être, les tenants inconscients du rationalisme, firent des efforts désespérés pour déprécier, pour faire paraître insoutenable, absurde, dangereuse une doctrine déjà enracinée depuis longtemps dans la conscience
(1) Cf. l'Index schematum, 1er vol f p. 519 sqq.