OPINIONS DIVERSES
contraire, est bien un homme qui a vécu depuis sa jeunesse sous des influences défavorables, et a tenu la doctrine pour fausse. Les arguments les plus puissants apportés en faveur de l'Infaillibilité l'amenaient seulement à reconnaître qu'ils avaient fait sur lui une profonde impression.
Sa proposition est toutefois pleinement d'accord avec le schéma. Mgr Légat (i) est peu précis ; cependant sa formule de définition répond tout à fait au schéma. D'autres, comme l'archevêque Mac Haie (2), parlent avec une grande réserve comme s'ils n'avaient plus pleine confiance en leur cause. L'archevêque Landriot exprime le vœu singulier que la doctrine soit définie comme vraie et catholique, mais non comme dogme de foi. Seuls de la minorité, l'archevêque Connolly (3) et l'évêque de Ketteler (4) parlent avec pleine confiance. Mais les explications de Connolly montrent qu'il a mal compris le schéma et, par suite, exige des preuves pour une doctrine que personne ne propose et que tous tiennent pour fausse. Nous avons dit quelles étaient les erreurs de de Ketteler dans l'interprétation des théologiens.
Il suffisait de comparer, même du dehors, les discours des adversaires et des partisans de l'Infaillibilité, même abstraction faite de la faiblesse d'argumentation des premiers, pour voir que la situation de ceux-ci n'était pas brillante. L'attitude que prirent les Pères de la Minorité à l'égard du cardinal Guidi (5) causa également une fâcheuse impression : ils l'applaudirent chaleureusement / et l'exaltèrent comme un des leurs, alors qu'il avait soutenu une opinion essentiellement différente de celle qu'ils enseignaient d'ordinaire, par suite de leurs théories gallicanes. Il ne prétendait
(1) Voir p. 413.
(2) Voir p. 402.
(3) Voir pp. 404 sqq.
(4) Voir pp. 416 sqq.
(5) Voir pp. 390 sqq.
pas, en effet, comme les gallicans, que la puissance du Pape ne suffit pas pour uDe définition, et doit être complétée par celle des évêques, mais seulement que le Pape devait, dans l'étude de la question à résoudre, recourir à l'aide des évêques. Le Pape seul, sans les évêques, de sa propre toutepuissance, accomplissait l'acte même de la définition. /