L ENSEIGNEMENT DES SS. PERES
« On a dit, continua-t-il, que les défenseurs de l'Infaillibilité pontificale ont produit de mauvais textes, tronqués, falsifiés, interpolés, ou qui prouvent seulement la primauté. Parole dure! Supposons même qu'elle soit juste : qu'en résulterait-il? Peut-on nier pour cela que nous n'a3rons en main des témoignages tout à fait certains, quand on considère le sens direct des mots, ou leur enchaînement, ou le but des passages par lesquels est prouvée clairement l'Infaillibilité pontificale?
» D'autres orateurs ont objecté que de ces témoignages ne découlait pas l'Infaillibilité personnelle, séparée et absolue du Pape. Il sera question plus tard de ces expressions. Je réponds seulement : Quand on a fait cette objection, jamais, à ma connaissance, on n'a prouvé que, d'après l'intention des saints Pères, la cause agissante de l'Infaillibilité du Pape fût autre chose que / la protection de Jésus-Christ et l'assistance de l'Esprit-Saint, promise à Pierre pour tous les temps; jamais non plus on n'a prouvé que la coopération de l'Eglise fût la condition légale, sans laquelle les jugements dogmatiques des Papes ne pouvaient pas revendiquer l'Infaillibilité. Les Pères du concile de Chalcédoine, avant de saluer la lettre de saint Léon à Flavien comme les paroles de Pierre, ont-ils demandé avec anxiété si l'on avait consulté les évêques avant d'expédier la lettre ; l'histoire, qui nous raconte bien des choses merveilleuses sur l'origine de cette lettre, fait-elle, par hasard, mention d'une réunion d'évêques, qui aurait précédé cette décision dogmatique du Pape?
» J'arrive aux preuves de tradition qui se trouvent dans le schéma même. Elles sont tirées, comme vous le savez, de trois Conciles généraux, dans lesquels il s'agissait de réunir à l'Eglise, l'Orient séparé. Comme, dans la Congrégation générale, plusieurs objections ont été soulevées contre le témoignage de ces Conciles, je dois faire à ce sujet quelques observations.
» Le passage tiré du quatrième concile de Constantinople
s'accorde presque entièrement avec la formule du Pape Hormisdas, qui mit fin au schisme du patriarche Acacius, de Constantinople, formule qui a été reçue non seulement par l'Eglise d'Orient, mais encore par la plus grande partie de l'Eglise d'Occident. On a dit que cette formule contenait uniquement l'expression de la confiance que la Chaire de Pierre ne subirait jamais une destinée semblable à celle de tant d'autres sièges apostoliques, mais que les successeur du Chef suprême des Apôtres exerceraient jusqu'à fin d monde leur fonction de défenseurs de la foi et de soutien de leurs frères. Cette explication ne s'accorde ni avec 1 texte, ni avec le sens historique du document. Xi avec 1 texte, puisque ce texte conclut de la promesse de Jésus Christ et des faits de l'histoire que la religion catholique a toujours été et sera toujours, par la Chaire de Pierre, préservée de l'erreur. [L'orateur lit à ce sujet tout le passage.] Quant au sens historique, il est évidemment celui-ci : Pour que l'Orient, séparé du Siège apostolique, lui soit de nouveau réuni ainsi qu'à toute l'Eglise, les évèques d'Orient devraient émettre une profession solennelle de foi sur les privilèges du Siège apostolique ; il y serait dit que l'observation de la règle de la vraie foi consiste / à croire et à espérer fermement que la promesse donnée par Jésus-Christ à Pierre ne peut pas être vaine : elle a d'ailleurs été fidèlement tenue, puisque la vraie religion a toujours été conservée intacte par la Chaire apostolique.
» Contre le témoignage du deuxième concile de Lyon, on a dit que ce Concile n'avait ni présenté ni confirmé cette formule. Pour ne pas répéter ce que le rapporteur a dit sur le troisième chapitre, je veux seulement m'expliquer, très brièvement, sur un point. Pour prouver que cette formule n'a pas été élaborée au Concile, on objecte qu'elle n'y a pas été discutée. Cela est vrai, en effet, mais n'infirme en rien la valeur démonstrative du document, et la renforce au contraire. La