LKS CONCILES DE CONSTANT 1NOPLE ET DE LYON
discussion n'a pas eu lieu, parce qu'il ne s'ngissait pas d'une question nouvelle et inconnue jusqu'alors, mais d'une question qui, en tant qu'elle touchait à la primauté du Pape, était depuis longtemps résolue et admise dans l'Eglise (du temps du pape Hormisdas et au quatrième concile de Constantinoplc), et sur laquelle il n'y avait absolument aucun doute parmi les Latins. Que telle ait été la raison fondamentale, cela ressort de la lettre que le pape Clément IV envoya à Michel Paléologue, lettre à laquelle il joignit justement cette formule, lue plus tard au deuxième concile de Lyon. Lorsque l'empereur communiqua au Pape son plan de convoquer un synode en Orient pour discuter cette formule, le Pape lui répondit qu'il défendait une nouvelle discussion et une nouvelle définition de la doctrine qu'elle renfermait. Ce n'est pas qu'il s'intimidât devant qui que ce fût, ou qu'il craignît que l'Eglise romaine pût être vaincue par la prudence des Grecs, mais il regardait comme tout à fait inconvenant, même comme prohibé, de révoquer encore une fois en doute la terminologie claire de la vraie foi, confirmée par tant de témoignages de l'Ecriture sainte, par la déclaration constante de tant de Papes, et pour la défense de laquelle il était prêt lui-même à mourir martyr (i). Ainsi parle Clément IV. Il n'est donc pas étonnant que Grégoire X, au concile de Lyon, n'ait pas non plus permis de discuter cette formule.
» Le troisième témoignage est tiré du concile de Florence. On a objecté que dans le texte en question ne se trouvait rien qu'un lecteur impartial pût employer / comme preuve .de l'Infaillibilité pontificale. Mais les Pères du concile de Florence étaient d'un avis tout différent, comme le prouve le commentaire de Frère Jean (2) devant le pape Eugène IV
(1) Cozza, Hist. polem. de Graee. schismate, t. II, P. i, cap. 28, n. 1518.
(2) De Monte.mgro (ou de Ragisa) ? (Voyez Hirter, Xoinaiclator, IV, 681 sq.
et l'empereur Paléolognc, pour faire connaître à ce dernier le sens de la formule relative au Pape. 11 en explique les différentes parties. Interprétant les paroles : Romanum Pontifieem, iotius Ecclesiœ caput, omnium christianorum patrem et doctorem existera, il conclut en ces termes « Comme tous les chrétiens sont et doivent être d'accord dans la loi, le Pontife romain est placé comme le docteur de la foi intacte en vertu du privilège accordé à Pierre ». En expliquant le passage : Romano Pontifiai... pascendi... universalem Ecclesiam plenariam esse potestatem, Frère Jean cite la lettre du pape Agathon à l'empereur Constantin, c'està-dire au troisième concile de Constantinople, et en tire la conclusion suivante : « Dans ce témoignage (du pape Agathon) sont clairement exprimées trois choses : i° à Pierre et à ses suceesseurs a été confiée la charge de paître tout le troupeau; 2° la Chaire apostolique n'est jamais tombée dans l'erreur, mais elle est toujours restée incorruptible dans la foi ; 3° son autorité est si grande que l'Eglise entière et tous les synodes l'ont toujours fidèlement suivie, etquelesévêques catholiques ont, en tout temps, reçu sa doctrine apostolique; les paroles : ut non defieiat fides tua, doivent être entendues du Siège apostolique ; il est préservé de toute hérésie, et c'est précisément la charge de ce Siège apostolique de fortifier tous les frères qui chancellent dans la foi (i) ». Telle fut l'interprétation donnée au concile de Florence même, et cette interprétation doit être regardée comme authentique, puisqu'elle a été donnée par ordre du Pape, justement dans l'intention d'instruire l'empereur sur le sens de la formule. Si donc, en vue de prouver l'Infaillibilité pontificale, nous citons la définition du concile de Florence, nous ne donnons pas aux mots un sens étranger, mais nous les expliquons véritablement dans le sens des Pères de Florence, et la par-
1 1 t Labbe, Collect. Concil. XVIII. ll.'ii sijq. (éd. Veneta Coteti).