EXPLICATION DE LA NOUVELLE FORMULE H
il est vrai, directement au dépôt de la foi, mais sont une condition nécessaire de la garde de ce dépôt. C'est pourquoi la doctrine unanime des théologiens catholiques est que l'Eglise est infaillible aussi dans la proclamation authentique de ces vérités, et que le rejet de cette Infaillibilité serait une grave erreur. Les avis ne diffèrent que sur le degré de certitude avec lequel les théologiens soutiennent cette Infaillibilité : doit-elle être regardée comme un dogme de foi / dont la négation serait une hérésie, ou bien est-elle une simple déduction d'une vérité révélée et n'est-elle, par suite, que théologiquement certaine? Puisqu'il en est de l'Infaillibilité pontificale comme de l'Infaillibilité de l'Eglise, cette même question se pose ici aussi ; mais comme les membres de la Députation de la Foi ont unanimement décidé de ne pas résoudre maintenant cette question, il suit nécessairement qu'on ne définit maintenant qu'un seul point : l'obligation de croire sur l'objet de l'Infaillibilité pontificale la même chose que sur celui de l'Infaillibilité de l'Eglise.
» Ainsi la présente définition sur l'objet de l'Infaillibilité pontificale contient deux parties, qui sont unies ensemble de la manière la plus intime. La première en indique l'objet seulement en général; elle dit que ce sont les vérités touchant la foi et les mœurs. La seconde le circonscrit et le détermine, par comparaison avec l'Infaillibilité de l'Eglise, en disant que l'objet de l'Infaillibilité pontificale s'étend exactement aussi loin que l'objet de l'Infaillibilité de l'Eglise. 11 faut toujours maintenir ces deux parties unies, si l'on veut saisir le vrai sens de notre définition. Donc, comme il serait hérétique de révoquer en doute l'Infaillibilité de l'Eglise dans la définition des dogmes, ainsi, en vertu de ce décret, il ne serait pas moins hérétique de nier que le Pape, dans la définition de dogmes de foi, est infaillible ; et comme jusqu'à présent il n'était que théologiquement certain et nullement de foi, que l'Eglise est infaillible dans la confirmation des autres véri-
tés dont nous avons parlé, ainsi notre décret ne définit pas que le Pape est infaillible par rapport à ces vérités. Cette question touchant l'Infaillibilité de l'Eglise, aussi bien que celle du Pape, conserve la même certitude théologique qu'auparavant. »
Tel est le résumé substantiel de l'explication lumineuse donnée par Mgr Gasser (i). Après avoir montré brièvement que l'acceptation de cette formule rendait inutile un vote sur les propositions correspondantes d'amendement, il en vient aux dernières remarques, relatives à l'addition d'un ou de plusieurs canons au quatrième chapitre. 11 affirme, au nom de la Députation, que pour un canon deux conditions sont nécessaires : premièrement, que la décision dogmatique donnée dans le chapitre en question s'y retrouve en ses points essentiels /, et deuxièmement, que le canon aille directement contre des erreurs concernant cette doctrine. Comme aucun des schémas présentés ne remplit ces deux conditions, la Députation n'a pu les accepter; ils seront cependant, par égard pour la liberté du Concile, soumis au vote des Pères.
Au nom de la Députation de la Foi, le rapporteur recommanda un canon très court, universellement accepté et conçu en ces termes : Si quis autem huic nostrse defînitioni contradicere, quod Deus avertat, praestunpserit, anathema sit.
En terminant sa brillante exposition, le prince-évêque pria les Pères de mettre enfin un terme à cette triste période, qui commence avec le schisme d'Occident et se prolonge jusqu'à nos jours, période où le respect dû au Pape a subi un tel déclin que, dans l'Eglise comme dans l'Etat, toute autorité, venue de Dieu, est méprisée i)ar beaucoup et complètement négligée par la plupart (2).
(1) Aria, etc., IV I.. 227 sqq. C. Y.. 41 i b sqq.
(2) Acta, etc., IV 1.. 284. C. V.. 4-20 d.
VOTE SLR LE 3me CHAPITRE ET SUR LES CANONS H 7
Dans son vote, la Congrégation générale adhéra à presque tons les points, et à peu près unanimement aux propositions du rapporteur (i). Le même jour encore (u juillet), la Députation de la Foi rédigea, en une session, le quatrième chapitre, d'après les propositions approuvées par l'ensemble des Pères (2). Le schéma corrigé fut imprimé et présenté à tous les membres du Concile- Dans la 85e Congrégation générale, on en vint à un vote d'ensemble sur le troisième chapitre, et sur les canons, appartenant à différents chapitres, qu'on n'avait pas remis aux voix depuis la dernière correction; tout fut adopté par la très grande majorité des Pères (3) /.
(1) lbid, 4^21 a sqq.
(2) lbid. 1695 a.
(3) lbid. 7o9 d.