‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 31 sur 129 · LES ECRITS HOSTILES AU CONCILE · texte numérisé non relu

LES ECRITS HOSTILES AU CONCILE

jénninérer en particulier. Cependant, parmi ces écrits anonymes, deux surtout, rédigés en français: Ce gui se passe au Concile et La dernière heure du Concile, surpassent tous les autres dans l'art de la calomnie et dans la licence des injures. Non seulement ils attaquent, par les mensonges les plus honteux, la dignité de ce Concile et sa pleine liberté, niant les droits du Siège apostolique, mais ils accablent de graves injures la noble personne de notre Très -Saint Seigneur [le Pape]. Ainsi donc, pour que notre silence, s'il durait plus longtemps, ne reçoive pas d'hommes mal intentionnés une interprétation défavorable, •c'est pour nous un devoir d'élever la voix contre des calomnies si nombreuses et si graves, de protester et de déclarer devant vous tous, Révérendissimes Pères, que tout ce qui dans ces journaux et ces écrits a été dit soit pour abaisser et injurier notre Très- Saint Seigneur le Pape et le Siège apostolique, soit pour déshonorer ce saint Synode, particulièrement en soutenant qu'il n'avait pas la liberté nécessaire (i), n'est que fausseté et calomnie. » Suivent les signatures des cinq présidents.

Le cardinal-président demanda alors à tous ceux qui étaient prêts à approuver, comme témoins de la vérité, cette déclaration, de manifester leur approbation en se levant de leurs sièges.

« Tous se levèrent et attestèrent hautement leur approbation et leur consentement, et plusieurs s'écrièrent:/l/?a//jeme.' Anat hème ! Mais lorsque le sous-secrétaire, selon l'habitude, annonça tout haut le nombre des voix et dit : « Presque tous / se sont levés », on s'écria d'un côté : Non pas presque tous — tous, tous. Mais d'autres s'écrièrent : Tous, un seul excepté — il y en a un qui ne s'est pas levé. On ne put découvrir de qui il s'agissait. Alors il se fit un silence, tous étaient debout,

(1) C. V., 760 d sqq.

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et l'on constata qu'en effet tous s'étaient levés (i). » Enfin, le cardinal-président pria les assistants de signer l'un des deux exemplaires de la protestation qui avaient été communiqués aux Pères, comme attestation de leur assentiment, et de le transmettre au secrétaire du Concile pour être inséré dans les Actes du Concile. Ce qui fut fait. Les protestations signées se trouvent aux archives et forment deux gros in 4°. Beaucoup de Pères ne se contentèrent pas de signer, mais exprimèrent encore en paroles énergiques leur opinion sur la réprobation des deux écrits, ou y ajoutèrent les raisons pour lesquelles il fallait les condamner.

Il manque pourtant dans les deux volumes les protestations de plusieurs Pères. Quelques-uns d'entre eux pouvaient ne pas être satisfaits de la condamnation des écrils. M>'r Darboy avait effectivement recommandé à l'empereur Napoléon (2) l'écrit : Ce qui se passe au Concile, pour lui permettre de s'orienter sur la marche du Concile. Il est donc invraisemblable que lui et ceux qui partageaient ses sentiments aient voté la condamnation de ces écrits. Mais la plupart de ceux dont la signature manque n'auront pas pu porter leur jugement, parce qu'ils ne connaissaient pas assez ces écrits. Mgr de Ketteler ajoute qu'il ignorait jusqu'au titre de l'écrit La dernière heure. Quant à l'autre, Ce qui se passe, etc., il n'avait fait que le feuilleter au moment de son apparition, et à ce moment il ne l'avait plus. Il ne pouvait donc pronon-

(1) Dans plusieurs journaux et écrits, cette affaire est exposée autrement, e'esl pourquoi nous en avons tiré l'histoire mot pour mot des Actes du Concile. Dans la langue originale, il est dit : « Omnes surrexerunt el se adhœrere et approbare alta voce protestati sunt, et plures clamarunt : Anathema, Anathema. ('.uni aulem subseeretarius more solito mimei-um suffragiorum elata voce exprimons dkissct : Fere omnes surrexerunt, ex une parte clamor factus est dicentium : Non fere omnes — omnes, omnes; alii vero dixerun! : Omnes prœter unvm, — wnus xonsurrexit. Quis autem isle essefe, videri nullo modo potuit. A.c demum silentio facto el omnibus staatibus verifieatum es! omnes reapse suirexisse ». C. V.. 761 c.

(2) Lettre de Mo>' Darboy à Napoléon, 21 mal 1870. C. V., 1568 b. Voy. IV' \o!., pp. 41 1 sq. — [Voir aussi J.-A. Foulon, Hist. de Mif Darboy, pp. 100 sqq. i\. D. T.].

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