‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 34 sur 129 · PROTESTATIONS DES ÉVÈQUES DE LA MINORITÉ PARTANTS · texte numérisé non relu

PROTESTATIONS DES ÉVÈQUES DE LA MINORITÉ PARTANTS

quelques-uns et se recommander par des raisons tirées de la faiblesse humaine; nous verrons qu'en effet il fut conçu par un petit nombre. Mais c'était un mauvais plan, que des catholiques ne pouvaient prendre en considération. Il menait nécessairement à l'apostasie. Par contre, le plan de ne pas prendre part à la séance publique pouvait recevoir bon accueil.

Dans les derniers temps, un nombre assez grand de Pères avaient obtenu la permission de quitter le Concile, soit que leur présence dans leur patrie parût nécessaire, soit que leur santé, attaquée par les chaleurs de Rome, exigeât leur départ. / Les rangs de ceux qui défendaient la doctrine de l'Infaillibilité pontificale, comme de ceux qui l'attaquaient, furent bien éclaircis.

Ceux-là adressaient dans leurs lettres de départ à la direction du Concile leurs regrets de ne pouvoir prendre part à la définition de cette doctrine, si ardemment désirée; ceux-ci, au contraire, déclarèrent en de nombreuses lettres qu'ils persévéraient dans leur intention de ne pas procéder à la définition de l'Infaillibilité, et qu'ils voteraient non placet, s'ils étaient présents. C'est ainsi que nous possédons, par exemple, une lettre de NX. SS. Jirsik, Forster, Stepischnegg et Wiery, aux présidents, datée du i3 juillet, dans laquelle ils disent qu'ils ne peuvent, à cause de la chaleur, rester plus longtemps à Rome ; ils déclarent en même temps que, s'ils pouvaient rester jusqu'à la séance publique, ils ne donneraient pas d'autre vote que non placet (i). Mgr Losanna déclare avant son départ, le i5 juillet, qu'il est complètement tranquille d'avoir, dans la Congrégation du i3 juillet, voté non placet, et qu'il donnerait le même vote dans la séance publique, s'il y était présent (2). Mgr Beckmann écrit, le

(1) Acta, etc., IV b, 515.

<2) Ibid.

17 juillet, qu'à cause de la guerre qui a éclaté entre la France et la Prusse, il userait de la permission accordée par le Concile de retourner au plus vite dans son pays. Il y ajoute la déclaration que, par rapport au schéma de Ecclesia, il en demeurerait là avec son non placet, et il demande que sa déclaration soit versée aux Actes du Concile (1).

Les Pères de la Minorité, qui restaient encore à Rome,, devaient concevoir la pensée de se dégager de la même manière de l'obligation de prendre part à un acte si peu agréable pour eux. S'ils n'étaient pas libérés par là du devoir de se soumettre à la définition du Concile, c'était toujours une consolation de n'être pas présents au vote même. Sans permission, ils ne pouvaient, il est vrai, s'abstenir de la séance publique. Mais, dans la dernière Congrégation générale, le Pape fit accorder une permission générale de regagner son pays (2). On peut présumer que le Saint-Père s'est décidé à accorder cette permission, non seulement à cause des nombreux cas de maladie parmi les Pères et de motifs multiples, qui rendaient alors nécessaire leur présence dans leurs diocèses, / mais aussi en considération, de la situation de la Minorité, et pour lui permettre de sortir de sa désagréable position.

Le matin du 17 juillet, les Pères de la minorité se réunirent pour prendre une décision sur la conduite à tenir. Mgr Haynald fit, paraît-il, la proposition d'assister à la séance jmblique, d'y répéter son non placet, et, si on leur demandait de se soumettre, de s'y refuser (3). Mgr Héfelé parla aussi en faveur de ce plan, comme il le raconte luimême dans une lettre à Dollinger (4). « Mais, écrit-il, un

(1) Ibid. IV. 0I6.

(3) Friedrich. Histoire, etc., III, 1193.

(4) Chez Schclte, Histoire du rieur Catholicisme, p. 221.

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