‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 60 sur 129 · L ENVAHISSEMENT DE ROME PAR LES PIEMONTAIS · texte numérisé non relu

L ENVAHISSEMENT DE ROME PAR LES PIEMONTAIS

vers huit heures, qu'une Crèche était ouverte au mur de la Porta-Pia, il donna ordre de cesser la résistance. Les Piéinontais entrèrent à Rome. Le pouvoir temporel des Papes était anéanti par la violence. Pie IX était prisonnier au Vatican.

Les jours suivants, la canaille, attirée par les Piémontais, se livra, jusque sous les yeux du Pape, aux derniers excès. Lorsque le commandant italien, sur les représentations sérieuses du cardinal Antonelli, eut quelque peu rétabli la tranquillité, les feuilles et les brochures mauvaises et hostiles à la religion, sortant de terre comme des champignons, commencèrent à insulter le Pape par des écrits et des caricatures, et à exciter le peuple non seulement contre l'ancien régime pontifical, mais encore contre toute autorité ecclésiastique.

Qu'allait devenir le Concile t Comment espérer que les princes de l'Eglise passent encore, sans s'exposer aux plus graves offenses et même sans mettre leur vie en danger,/ se réunir dans cette ville qu'inondaient les ennemis de l'Eglise ? Pouvait-on espérer qu'un gouvernement qui. malgré toutes les promesses contraires, venait de fouler aux pieds les droits les plus sacrés du Pape et de l'Eglise, permettrait d'ouvrir de nouveau une assemblée dont h' premier acte serait nécessairement une protestation solennelle contre ses brigandages impies? Enfin, la continuation du Concile à Rome, si elle eût été possible, n'aurait-elle pas passé pour une approbation au moins tacite de l'occupation piémontaise ? Le Concile, dans de telles circonstances, ne pouvait plusse tenir à Rome. On n'avait pas l'ait le moindre préparatif pour le transférer dans une autre ville, dans une autre contrée. Il ne restait plus qu'à le remettre à des temps meilleurs, qu'on ne pouvait, pour le moment, absolument pas prévoir.

Le 20 octobre, lendemain de la publication du décret royal

qui changeait le patrimoine de saint Pierre en « province romaine », apparut la Bulle de prorogation du Concile (i).

Dans l'introduction, le Saint-Père rappelle les événements qui se sont déroulés jusqu'alors au concile du Vatican, puis il continue :

« Xous avions pleine confiance de mener à bien nos travaux grâce aux fraternels appuis qui généreusement s'étaient offerts à Xous : en peu de temps ou verrait l'heureuse issue de notre entreprise. Hélas ! l'invasion sacrilège de Rome, la ville sacrée du Siège Apostolique, l'invasion des Etats groupés sous Notre pouvoir temporel, invasion faite au mépris du droit des gens, au mépris de Xos droits les plus sacrés et des droits les plus sacrés du Saint-Siège, avec une perfidie et une audace incroyables, Xous a placé dans une condition telle^que — Dieu le permettant ainsi dans ses desseins insondables — Xous Xous trouvons au pouvoir et sous la domination de nos ennemis.

» Dans une occurrence aussi lamentable, le libre et plein usage de la suprême autorité que Dieu Xous a départie ne pouvait qu'être empêché de mille manières. Xous avons compris que les Pères du Concile, tant que durerait le triste état de choses/ que Xous voyons à Rome, ne pouvaient compter trouver dans Xotre ville la liberté, la sécurité, la paix nécessaires pour traiter avec Xous, comme il convenait, les affaires de l'Eglise; il était évident, en outre, que, dans l'état d'agitation et de trouble trop connu où s'agite actuellement l'Europe, les besoins des fidèles sont trop grands pour que les pasteurs puissent s'éloigner longtemps de leurs ouailles. C'est pourquoi, considérant, non sans une grande douleur, que, vu la situation présente, le concile du Vatican ne pouvait en aucune façon suivre son cours, après mûre délibération, de Xotre propre autorité, Xous avons décidé de surseoir

(1) C. V., 497 c. sqq.

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