‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 61 sur 129 · BULLE DE PROROGATION DU CONCILE · texte numérisé non relu

BULLE DE PROROGATION DU CONCILE

et de remettre la continuation des séances du dit Concile à une époque ultérieure, quand le calme sera rétabli, époque que le Saint-Siège se réserve d'indiquer. Xous déclarons donc le concile œcuménique du Vatican suspendu, suppliant Dieu, maître et vengeur de son Eglise, d'écarter tous les obstacles et de rendre au plus tôt à sa très fidèle épouse la paix avec la liberté. »

Cependant, pour exciter les fidèles à prier ardemment, puisqu'on doit implorer le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation avec d'autant plus d'instance que des périls plus grands et plus nombreux menacent l'Eglise, le rescrit apostolique ordonne, vers la fin, que les prescriptions de l'Encyclique (i) du n avril 1869 et l'indulgence du jubilé, [jui y est insérée, restent en vigueur comme si le Concile continuait à durer.

Ce n'est pas à nous de décrire l'impression que la violence piémontaise produisit dans toute la chrétienté (2). Semblable à un ouragan, l'indignation contre les outrages faits au représentant de Jésus-Christ se répandit de l'Italie par toutes les contrées de l'Europe et par tout l'univers catholique. Le peuple catholique se pressa plus que jamais autour le son Pasteur suprême, cherchant à le consoler par de lombreux témoignages de son attachement fidèle et à soulager par de riches présents la détresse dans laquelle l'avaient )longé ses ennemis. Mais, surtout, les exercices extraordiîaires de dévotion, les processions grandioses qui furent organisées en beaucoup d'endroits/ et la réception plus îombreuse de la sainte Communion, particulièrement le l décembre, jour anniversaire de l'ouverture du Concile, trouvèrent que l'exhortation à la prière, renouvelée par le

(1) Voyez 1er volume, -p. .'Joo sqq.

(2) Comparez, Le Concile œcuménique, Stimmkn, aus Marià-Laach, Nouvelle série,

ascicule 11, p. 78 sqq., et fascicule 12, p. 87 sqq.

Saint-Père dans la Bulle de prorogation, avait été entendue par ses enfants.

Yisconti-Venosta, dans une circulaire ministérielle du 22 octobre (i), protesta contre les raisons qu'avait alléguées Pie IX pour proroger le Concile. Il déclara que les craintes exprimées dans la bulle étaient tout à fait injustes. Tous savaient et voyaient de leurs j^eux que le Saint-Père possédait la pleine liberté pour réunir à nouveau le Concile soit à Saint-Pierre, soit dans une autre basilique ou église de Rome ou d'Italie, et que le gouvernement ne pensait pas même à la possibilité d'exercer la moindre influence sur une si auguste assemblée. — A de telles déclarations, toute remarque parait superflue.

Par contre, une autre pièce appelle, avec raison, notre attention. Elle est conservée aux archives du concile du Vatican et s'occupe de la possibilité de la translation du Concile à un autre endroit, hors de l'Italie. C'est une lettre, écrite en italien, que Mgl Spalding adressa, le 22 octobre, de Londres au cardinal Barnabo (a).

Avant de retourner dans son diocèse, écrit-il au Préfet de la Propagande, il se permettait de présenter, pour la continuation du Concile, un plan que Mgr Dechamps et d'autres prélats, auxquels il en avait parlé, avaient favorablement accueilli. La ville de Malines lui paraissait l'endroit le plus favorable pour y reprendre et y terminer le Concile, qu'on nommerait toujours concile du Vatican. — Il énumère en faveur de son projet les dix raisons suivantes, et prie le cardinal, s'il les juge valables, de les déposer aux pieds du Saint-Père :

(1) C. V.. 1738 c.sq.

(2) Le biographe de M?1* Spalding rapporte en quelques mois que l'archevêque

avait pense, en payant, à la translation du Concile dans une ville de Belgique — il

ne nomme pas Matines. — Il paraît ignorer la lettre au cardinal Barnabo. — Voir

F. L. Spalding, The life ofthe .Vos/ Rev. M. F. Spalding ^Archb. <>f Baltimore (1873).

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