CHAPITRE IV
Adhésion des éuêques de la Minorité aux décisions du concile du Vatican. (Suite.) — Les évêques d' Autriche- Hongrie et de Suisse.
Le premier des évêques autrichiens de la Minorité qui publia le dogme de l'Infaillibilité fut le cardinal-archevêque
de Vienne, Rauselier. A Rome, il avait conduit en qualité de président les délibérations de la Minorité allemande ; maintenant il devait encore prendre la tète par l'exemple de son obéissance dans la foi. Dès l'audience de congé. 17 juillet 1870, il assurait le Saint-Pére de sa soumission pleine et sans réserve aux décisions du Concile (r). De retour a Vienne, il fit imprimer dès le 8 août / le texte de la nouvelle définition dans le Bulletin diocésain ; dans son mandement de Carême, 5 février 1871, il rappelait en termes énergiques le devoir qui s'imposait à tous les catholiques d'admettre la doctrine de l'Infaillibilité pontificale comme vérité révélée de Dieu.
Très belle et très digne est la réponse que le cardinal Rauscher faisait le 6 août 1870 à l'archevêque de Munich (2). Celui-ci sollicitait des éclaircissements au sujet de récits de
(1) Ainsi le rapporte son plus récent biographe, en citant des passages de la déclaration dont il s'agit. V. C. Wolfsgruber, Kardinal Rauscher (Fribourg en Brisgau, 1888). p. 43!t sq. Voir à la page suivante.
(2) Communiquée par Scherrsà Schwarzenberg dans une lettre, le 8 septembre
1870. Aux archives.
presse : les cardinaux Rauscher et Schwarzenberg, étant a Rome, auraient été invités à se soumettre ; ils auraient obéi à cette mise en demeure. Rauscher répond : « A propos de mon attitude au sujet de la définition du 18 juillet, je n'ai pas fait de déclaration et on ne m'a demandé rien de pareil ; d'ailleurs, j'aurais repoussé toute prétention de ce genre comme un soupçon absolument injustifié. Avant la décision, chacun a le devoir de prendre parti au mieux de sa science et de sa conscience; mais après la décision, les choses vont tout autrement. Le devoir de voter selon ses convictions est rempli ; c'est alors le tour d'un autre devoir : celui d'adorer les voies de la Providence et de reconnaître force de loi aux décrets qu'elle a permis. — Au cours de ces longs et pénibles débats, je n'ai rien fait ou rien dit qui ait pu soulever là-dessus le moindre doute; j'ai ordonné sur-le-champ que la Constitutio prima de Ecclesia fût publiée par la feuille diocésaine, tout comme la Constitutio de fide confirmée en avril. Du cardinal Schwarzenberg je n'ai rien appris depuis lors. Il n'est pas impossible qu'à Rome une question lui ait été posée sur ce qu'il pensait faire; et si cela est arrivé, il a sans nul doute répondu qu'il se soumettrait à la décision de l'Eglise (i). »
Le cardinal prit aussi occasion de la circulaire lancée par ce qu'on appelait le comité de Bonn, le \ novembre 1870, pour exprimer à nouveau clairement sa pensée : de même qu'en protestant contre la définition pendant le Concile, il avait cru fermement remplir un devoir envers l'Eglise, / il reconnaissait, maintenant, dans la décision prise, la main de la divine Providence. « La conviction, écrit-il plus loin, que l'Eglise ne peut errer dans la déclaration de la vérité, est le fondement de la foi chrétienne; sans elle, nous ne serions jamais assurés du sens de la sainte Ecriture. Or, la décision
(1) Comparez n-dessus. p. 549 sqq., la lettre de Msr Dinkel.