‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 70 sur 129 · SOUMISSION DU CARDINAL SCHWARZENBERG · texte numérisé non relu

SOUMISSION DU CARDINAL SCHWARZENBERG

Le cardinal expose dans une longue lettre à M8* Dupanloup, du 25 janvier 1871, les raisons qui le déterminèrent à cette publication (1). Les événements ont été tout autres qu'il ne s'y attendait quelques mois plus tôt. Le mandement de Fulda a montré que toute une série d'évêques qui, au i3 juillet de l'année précédente, tenaient contre la définition, avaient changé de manière de voir. Les évêques de Breslau, Dresde, Milan ont renoncé à la cause qu'ils soutenaient d'abord si fermement, et, parles nouvelles des journaux, on peut voir que, dans le monde, la plupart des évêques se sont librement soumis aux décisions de la quatrième séance. « Je ne pouvais absolument pas, dit-il en propres termes, dédaigner l'autorité de tels hommes et j'avoue simplement à Votre Grandeur que, me voir ainsi isolé et seul dans mon opposition me jetait dans le plus grand trouble.

«L'obtention des pouvoirs ordinaires que nécessitent le soin des âmes et l'administration du diocèse ne m'a, jusqu'ici, occasionné aucune difficulté avec le Saint-Siège. Mais, le 20 octobre dernier, je demandai au Saint-Père dans une requête spéciale une faveur extraordinaire (vu le peu de sécurité de la correspondance (2), je ne peux rien dire de plus précis), et je reçus, le 28 novembre, la réponse suivante : « Nous vous accorderons volontiers ce que vous demandez. » Mais comme, en vue du bien commun de l'Eglise, nous « avons le plus ardent désir de voir tous les avis s'accorder » et l'unité catholique gagner toujours en fermeté et en » force, il Nous serait très agréable que vous publiiez » d'abord la constitution dogmatique de la Primauté et de » l'Infaillibilité doctrinale du Pontife Romain, et que vous » la proposiez à la foi de votre peuple. . . Quand Nous aurons » reçu ce gage non seulement de la foi présente et de la con-

(1) Copie aux archives.

(2) Pendant la guerre franco-allemande.

» corde de votre troupeau, mais aussi de votre enseignement » futur, Xous exaucerons très volontiers votre désir, qui tend » sans aucun doute à l'avantage du peuple qui vous est confié. »

ce Sur cette invitation pressante, je répondis au Saint Père le 28 décembre ; je disais, entre autres choses : « Les lettres apostoliques me font voir que Votre Sainteté désire très vivement la publication des décrets du Concile ; je ne puis m'empècher de lui donner l'assurance qu'aussitôt la prorogation du Concile connue, j'ai sérieusement songé à publier les constitutions dogmatiques des troisième et quatrième séances. Pour obéir plus pleinement aux invitations particulières de Votre Sainteté, j'ai pris sans délai mes mesures pour que le texte authentique de ces décrets soit communiqué au clergé de mon archidiocèse par l'organe officiel de l'archevêché. Au reste, dans la mesure de mes forces, je n'épargnerai ri cil pour que d'utiles enseignements encouragent et augmentent, chaque jour, dans mon troupeau, en dépit de toutes les tentations qui viennent du camp ennemi, la pureté de sa foi, sa vieille fidélité et sou attachement au Siège apostolique. ■»

Suivit alors la publication du 11 janvier 1871. Le même jour, le cardinal Schwarzenberg répondait au comité de Bonn. Après avoir exposé son refus, il résumait encore brièvement son avis en ces termes : « Si les cvêques de la Minorité avaient eu la conviction que les décrets rendus contredisaient la doctrine traditionnelle, leurs écrits postérieurs auraient sans nul doute exprimé cette conviction. Or, en Allemagne et en Autriche-Hongrie, ils ont presque tous, chacun à sa manière, publié dans leurs diocèses le décret du 18 juillet, témoignant ainsi qu'à leur avis son contenu, bien compris, est d'accord avee la tradition divine (1). »

( I ) Sciii'i .te, op. ci., i\~ .

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