‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 80 sur 129 · DOLLINGER : DERNIERS EFFORTS DE M B* SCHERR · texte numérisé non relu

DOLLINGER : DERNIERS EFFORTS DE M B* SCHERR

l'archevêque et la demande d'une prolongation de temps sont une preuve éclatante d'un caractère peu honorable. »

Néanmoins M.8* Scherr résolut de patienter encore et d'accorder le délai demandé. Il répondit à Dollinger, dans une courte lettre du 14 février (1), « qu'il attendait sa déclaration définitive jusqu'au i5 mars de cette année, et qu'il était fermement résolu à faire alors ce que lui imposait sa charge d'archevêque ».

Mais Dollinger échappa encore une fois. Peut-être se trouvait-il encouragé dans sa résistance par la lettre que le roi Louis lui écrivit au jour anniversaire de sa naissance, le 28 février : « Je n'ai pas / besoin de faire ressortir combien me réjouit votre attitude résolue dans la question de l'Infaillibilité. La conduite de l'archevêque, qui s'est arrêté aussitôt après son premier élan, est misérable et digne de pitié .. Par contre, je suis fier de vous, véritable rocher de l'Eglise, vers lequel les catholiques qui pensent comme le Fondateur de notre sainte religion, peuvent, avec une inébranlable confiance, tourner des regards pleins de vénération (2) » Dollinger attendit donc jusqu'à la veille du i5 mars. Il déclara alors, à l'archevêque, qu'il se voyait « obligé de prier Son Excellence de lui accorder encore un délai de douze à quatorze jours (3) » .; et de fait, on lui accorda un troisième et dernier délai, jusqu'au 3i mars (4).

A quoi Dollinger employa-t-il son temps? Nous l'apprenons par les passages suivants d'une lettre du 20 mars, que Pveusch (5) nous a conservée. Le P. Michael l'a nommée le signal d'alarme de la révolte ouverte imminente. Dans cette

(1) Actes, etc., p. 99, Acte XIII.

(2) Schuete, foc. cit., p. 337 sq.

(3) Actes, etc., p. 102, Acte XVII.

(4) Ibid., p. 103, Acte XVIII.

(5) Lettres et explications de l. de Dollinger sur les décrets 'ht Vatican, 1869-1887; publiées par F. H. Reusch (Munich, Beck, 1890), p. 73, note I.

lettre, adressée à Reusch lui-même, Dollinger dit : « Nous devons nous fortifier et nous exciter réciproquement à soutenir jusqu'à la fin cette lutte, que nous n'avons pas cherchée, mais qu'on nous impose, et cela, pour conserver aux générations futures le dépôt de la vérité. Si nous aussi nous donnions, le spectacle de la soumission, le monde croirait que l'amour de la vérité s'est tout à fait éteint dans le clergé catholique et que le sacerdoce n'est plus qu'un métier. La banqueroute morale du clergé dans l'opinion publique est, sans cela, un fait accompli. La lutte mettra en lumière beaucoup de faits nouveaux, c'est à-dire qui n'étaient, jusqu'ici, ni observés ni connus; j'y contribuerai un peu pour ma part. Bientôt ma réponse à mon archevêque paraîtra. »

Cette Lettre, datée du 28 mars, devait être la réponse définitive à l'invitation réitérée de se soumettre. Le 29 mars, elle arrivait à l'archevêque (1). L'auteur l'avait envoyée en même temps à YAllgemeine Zeitung j qui la publia le 3i mars, comme supplément extraordinaire (2).

Dollinger demande à comparaître devant une réunion d'évêques, ou de membres du chapitre de la cathédrale de Munich, et il s'offre à leur prouver que les nouveaux décrets de foi ne sont fondés, ni sur l'Ecriture, ni sur la tradition, qu'ils sont en contradiction formelle avec « les conciles œcuméniques » de Constance et de Bàle, qu'ils sont absolument incompatibles avec la constitution des Etats de l'Europe, particulièrement avec celle de Bavière, et que, vu le serment qu'il a prêté à la Constitution, il se trouve dans l'impossibilité d'accepter ces nouveaux décrets. S'il était convaincu par les témoignages et par les faits, il s'engageait à se rétracter publiquement.

Il soutient que « des milliers de prêtres et des centaines de

(1) Actes, etc . p. lOi sqq.. Acte XX.

(2) Sciulte, lue. cit.. p. 192.

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