LETTRES PASTORALES SUR LE CONCILE
cussion scientifique des grandes questions religieuses du temps présent. Dix années encore, jusqu'en 1882, ce célèbre théologien a contribué par ses écrits apologétiques, tout à la fois savants et populaires, à l'instruction et à la culture des classes instruites de l'Allemagne catholique.
Enfin, outre ces périodiques, parut un grand nombre de livres et de brochures remarquables en / Italie (1), en Angleterre (2), en France (3), en Autriche-Hongrie (4) et surtout en Allemagne, où l'opposition, tenue en éveil par Dollinger, rendait nécessaire plus qu'ailleurs un enseignement sérieux du peuple catholique (5).
La résistance que Dollinger et ses compagnons opposèrent à la doctrine catholique, fit naître plusieurs écrits polémiques, qui s'attachèrent d'abord à la déclaration de Xurem-
(1) Par ex., Fra Alessandro da Crecchio, 0. M.. Saggio intorno aile prérogative de/ Rontano Pontifie», Roma, Salvincci. — Okazio Bertoni, L'infallibiliià del Papa, Roma, Monaldi. — Me' Celesia, // Concilio e gli oppositori dell' mfallibilità, Torino, Speirani.
(2) Par ex., A. Coffin, C. SS. R., Hear the Ckurch, London, Burns. — •i. X. Sweeny. 0. S. B., Lectures on the œcumenical Council, London, Catholic pulilishing Company.
(3) Par ex., R. I'. Marie-Antoine, Missionnaire Capucin, Entretiens théo/ogiques sur les grandes questions du jour : Canette-Infaillibilité. Toulouse, Privât. — E. de Marin, De l'infaillibilité doctrinale attaeliée au caractère apostolique de l'Eglise, Paris. Périsse.
(4) Par ex.,GEORG,MôsiNGER, Die Unfehlbarkeit des Pupsles, gemeinfasslich erklârt, Wien, Sartori. — H. v. Hirter. Dos Konzil und die Unfehlbarkeit. Id. — Th. y. Pachmann, Eiu ernstes Wortzum Verstandnis der Lehre von der pàpstlichen Unfehlbarkeit. Id. — Frz. Eggek, Dos neu erklârte Dogma von der Unfehlbarkeit des Papstes beleuchtet, Brixen, Weger.
(d) Par ex., C. v. Schazler, Die pâpstliche Unfehlbarkeit aus dem Wesen der Kirehe beiriesen, Freiburg, Herder. — B. Rive, S. .1., Die Unfehlbarkeit des Papstes mit Riïcksicht au f die neueste Konlrorerse. Paderborn, Junfermann. — Ph. Hergenrother,/)^ pâpstliche Unfehlbarkeit, Mainz, Kii -cliheim. — J. Schmitt, Die Lehre von der pàpstlichen Unfelilbarkeit, Freiburg, Herder. — J. Rebbert, Das unfehlbare Lehramt des Papstes, Paderborn, Junfermann. — D1' Otto, Yernunftbeweis fiir die Xotwendigkeit der Unfelilbarkeit des Pajistes. Id. — W. Cramer, Wahrheii und Marchai, oder die Glaubensentscheidung des 18 Juli. Diïlmen, Laumann. — E. Th. Thissen, Das grosse Missverstandnis in Saehen der pàpstlichen Unfehlbarkeit. Limburg, Glasser. — Alban Stolz, Wohin sollen wir gehen ? Freiburg. Herder.
berg (i), et plus tard à la lettre du savant de Munich à son archevêque, 28 mars 1873.
Un pamphlet envenimé d'un disciple dévoué de Dollinger, Lord Acton, ouvrit le feu. Il avait pour titre Lettre à un éuêque allemand du concile du Vatican, et fut envoyé, vers le milieu de septembre, avec une partie de la déclaration de Nuremberg, aux / évêques allemands de la Minorité (2). Lord Acton avait pu se procurer, malgré le secret prescrit pour les discussions du Concile, un extrait (Synopsis analytica) des remarques écrites qu'avaient faites les Pères du Concile sur le premier projet, plusieurs fois modifié, du quatrième chapitre de la Constitutio prima de Ecclesia, ou, comme on la nommait alors, de Summo Pontifice (3): Sans faire attention à leur ensemble et quelquefois en faussant ouvertement le sens, il traduisit un certain nombre de passages, dans lesquels plusieurs évêques de la Minorité avaient présenté leurs objections contre la définition projetée par la Députation de la Foi. La caricature ainsi obtenue devait, avec d'autres prétendues assertions d'évêques qu'il nommait, fournir la preuve que le Concile s'était jugé lui-même « par la bouche de ses membres les plus capables » car ils le dépeignaient comme une ce conjuration contre la vérité divine et le droit ». Ils déclaraient « que les nouveaux dogmes n'avaient été ni enseignés par les Apôtres, ni crus par les Pères, que c'étaient des erreurs pernicieuses aux âmes, en contradiction avec la véritable doctrine de l'Eglise, fondées sur le mensonge, une honte pour les catholiques ». D'après eux, le concile du Vatican aurait été un pseudo-concile.
Une grande partie du monde catholique, dit Aeton, honore dans la Minorité des Pères du Concile les vrais témoins de
( 1) Voir plus haut. p. 615 sq.
(•2) Nordlingue, Beck, p. 19.
(3) Ces extraits, on le sait, étaient l'œuvre de la Députation ; on les communiquait chaque fois sur feuilles imprimées.