LES REPONSES A DE SCHULTE
» et disant qu'il est le Christ, le Roi ». Ne sont-ce pas là précisément les accusations que notre savant porte dans son écrit contre le représentant du Sauveur devant le tribunal de l'Etat moderne et du paganisme moderne? Et ne suit-il pas aussi en cela l'exemple des accusateurs de Jésus-Christ, en excitant le peuple trompé à crier : « Nous ne voulons pas que celui-ci » règne sur nous, nous ne voulons d'autre roi que César ? »... La position dans laquelle se trouve en ce moment le Pape est assez semblable à celle du Sauveur le Vendredi Saint, sans que les anciens défenseurs de l'Agneau aient besoin de passer à ses ennemis. Nous voulons l'espérer, et c'est notre prière, Schulte, à cause des services rendus à l'Eglise, obtiendra la grâce d'ouvrir les yeux, en présence des souffrances de l'Eglise et de son Chef, de même que beaucoup de Juifs les ont ouverts au pied de la Croix (i). »
M. A. Vraetz (2), curé de Cologne, composa une réfutation énergique de Schulte. Mgr de Ketteler examina, dans le dernier chapitre de sa brochure, Le Magistère infaillible du Pape, l'objection tirée du danger que la décision du Concile fait courir à l'Etat (3). Enfin, la brochure que Mgr Fessier publia sous le titre, La vraie et la fausse Infaillibilité des Papes, réponse à M. le prof. Dv Schulte (4), eut le plus grand succès. Il y caractérise et réfute les différents chapitres de l'ouvrage de Schulte, et expose au lecteur, avec beaucoup de clarté et de netteté, la portée du décret du Vatican. Cet écrit remarquable eut en un an trois éditions (5).
(1) Scheeben, loc. cit., voir p. 78 sq.
(2) Die Lehre von der pàpstlichen Vnfehlbarkeit und ihre Anwendung auf das Staatsrecht gegen die Atigriffc det Demi D> J. F. R. v. Schulte verteidigt von A. V. Kôln, Roraraerskirchen, 1871, 57 S.
(3) Kap. 7 Gegner der Entscheidung. Verhàltnis dieser Lehre zum Staat. — Loc. cit., p. 83 sqq.
(4) Vienne, Sartori, 1871,92.
(5) Dans le Katholika (I, 344 sqq., 4(33 sqq.) parurent aussi de bons articles sur Le magistère infaillible du Pape et le D1' J. F. chevalier v. Schulte.
Malgré ces réfutations remarquables, le livre de Schulte, qu'on appela le « premier fruit de la conférence de Nurern berg », ne resta pas sans effet. Même les professeurs protes tants de droit/, comme P. Hinschius(i)et H. -A. Zacliaride(2) s'occupèrent alors, dans des recherches particulières, du péril dont l'Infaillibilité du Pape menaçait l'Etat. Quelques gou reniements furent grandement fortifiés dans leur hostilité contre l'Eglise par le cri d'alarme qui a retenti de Prague (3).
Par contre, les autres travaux, qui devaient procurer à la déclaration de Xuremberg les preuves a rigoureusement scientifiques », n'eurent que peu ou point d'importance. Le professeur Langen, de Bonn (4j, essaya de prouver que la doctrine de l'Infaillibilité « est en contradiction avec tout l'esprit de l'enseignement biblique de l'Eglise ». Un de ses anciens élèves lui donna, dans un langage extraordinairement doux et conciliant, l'explication désirée, savoir, qu'il avait mal compris le point essentiel du « nouveau dogme », et que sa conception du dogme et de l'exégèse n'était pas catho lique (5). Les essais nombreux, mais aussi faibles que malveillants, du professeur Reinkens (6), pour ôter leur valeur
(1) Die Slellung (1er deuteken Staatsregierungen gegeniiber den Beschlûssen des Vatikanischen honzih (Berlin, Guttentag, 1871 [95G], bcsprochen von L.V. Hammf.ksifin in Stimmen aus Maria Laach KathoUsche Monatschrift, I. ."i^2 S.
(2) Znr Fraye der Beichskompelenz gegeniiber detn Unfehlbarkeitsdogma. Braunschweig, Vieweg, 1871 (55 S.).
(3) Voir le chapitre suivant .
(4) Dasvatikanische Dogma von dem Universalepiskopat and der Unfehlbarkeit des Papstes in seincm Verhâltnis zum Neuen Testament and der patrUtischen Eveyese. Bitle mu Aiifklarung an aile katholischen Theologen. Bonn, Weber, 1871 (VI u. 116 S.).
(5) Katholisch oder nieht? Offenes SendsehTèiben mi Herrn Prof. l)r Jos, Langen m Bonn. Von einem fiiiheren Schiller. Aachen, Jacobi, 1871 (66 S.
(6) 1. Der Universalbischof im Verhàllnis zur Offenbarung (31 S.). — 2. Die Traditionsregel der allen Kirche und die m', ilerae pdpslliche Unfehlbarkeit (64 S.). — 3. Die Unregelmâssigkeit und Unfreiheit des Yatikanischen Konzils (92 S.). — 4. Die Unterwerfung der deulschen Bïschôfe --» Fulda (95 S.). — 5. Gluube und Vnterwerfung (08 S.). — 6. Die Infaillibilislen und der moderne Staat û'6 S.), — Toutes ces six brochures in-12 parurent en 1871 à Munster chez E.-E. Brunn.
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