‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 4)Chapitre 95 sur 129 · LORD ACTON ET GLADSTONE · texte numérisé non relu

LORD ACTON ET GLADSTONE

reçu des matériaux historiques (i). Le 10 novembre 1874, lord Acton répondit à l'attaque, qu'il avait, dit- on, cherché inutilement à arrêter (2), par une lettre au Times, qui fut suivie d'une seconde lettre, le 24 du même mois.

Ces lettres sont un mélange étonnant de vérités et d'erreurs, et jettent une vive lumière sur la conception confuse que leur auteur se faisait de la religion catholique. Il répond, il est vrai, à M. Gladstone dans sa première lettre : « Les doctrines que vous attaquez, ne viennent pas du concile du Vatican. Lorsque le serment du Test fut aholi, le Pape possédait déjà le même droit et la même puissance. » Mais au lieu d'en tirer, comme Msr Manning, une conclusion en faveur des / catholiques (3), il se répand en accusations nouvelles contre « les théories extrêmes» qui se sont élevées dans le sein de l'Eglise catholique et que l'autorité a mises en pratique ; mais M. Gladstone ne peut pas équitablement en rendre responsables ses concitoyens catholiques. Les faits qu'il cite pour combattre les « théories extrêmes », ne sont souvent qu'une calomnie à l'adresse de la Papauté, à la manière des « Lettres de Rome ».

Mgr Manning demanda à lord Acton qu'il voulût bien se justifier, puis abandonna, bientôt après, la suite de cette affaire àl'évêque compétent, celui de Shrewsbury.il parait que celui-ci reçut de lord Acton une déclaration satisfaisante. On laissa donc cet homme étrange vivre en paix dans l'Eglise, « dont la communauté », comme il le dit, malgré tout, dans sa seconde lettre, « lui est plus chère que la vie ».

Le plus beau résultat de cette controverse de Gladstone avait été incontestablement de faire éclater aux yeux de tous l'attachement inébranlable des catholiques anglais àleur

(1) Voir Ullathorne, M. Gladstone's E-rposlidnlion, p. 12.

(2) Voir Deutsche Rundschau, Januar 1933, S. 80.

(3) Voir plus haut, p . 6oft sq .

Eglise. M>r Manning avait dit la vérité, en écrivant : « Les quelques catholiques les plus remarquables ont fait leur œuvre, et ceux qui avaient espéré trouver ou faire naître la division parmi nous se sont trompés. Maintenant on a vu que ceux qui rejettent le concile du Vatican, peuvent être comptés sur les doigts, et l'Eglise a prononcé publiquement sa sentence contre eux (i). » /

(1 ) The Vatican Decrees, p. 6 sq.

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