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CHAPITRE VIII

Attitude des différents gouvernements vis-à-vis des décisions conciliaires.

Ainsi que nous l'avons va (i), la France, l'Autriche et la Bavière seules auraient pu songer, avec quelque chance de succès, à s'immiscer dans les débats du Concile. Grâce sur tout à la judicieuse politique d'Emile Ollivier, son nouveau président du conseil, la France y avait renoncé, Le chargé d'affaires prussien ne crut pas non plus opportun de se départir de la réserve qu'il avait jusque-là observée. On pouvait cependant conjecturer que la publication des décrets du Concile mettrait fin à cette attitude d'expectative. L'Autriche n'attendait en effet qu'une occasion favorable pour se débarrasser avec quelques formes d'engagements onéreux contractés avec l'Église ; la Bavière se laissait maintenant emporter sans résistance par le courant d'opposition au Concile ; mais on pouvait encore se demander quelle serait l'attitude des autres puissances. Cependant ceux dont on se préoccupait surtout, avaient tous, depuis quelque temps déjà et assez clairement en paroles ou en actes, pris position relativement aux décrets du Concile.

La France, dont toute l'attention et toutes les énergies étaient absorbées par la guerre, ne soulevait aucune difficulté. Dans l'ouvrage que nous avons déjà souvent cité, Emile Olli-

(1) 3e vol., p. 362.

vier écrit (i) : « J'étais encore aux affaires lorsque les évêques arrivèrent de Rome à Paris ; )e déclare aussitôt à ceux dont je reçois la visite que le gouvernement ne s'oppose pas à la promulgation de la constitution Pastor œternus dans leurs diocèses respectifs, et qu'il respectera la liberté du Concile dans ses décrets, comme il l'avait respectée dans ses préparatifs et dans ses délibérations. »

Puis il ajoute, non sans une pensée d'apologie personnelle relativement à la déclaration de guerre (2) qu'il avait approuvée : « Xous prenons / ce parti avec d'autant plus d'empressement que les évêques se montrent pleins de patriotisme et qu'ils nous encouragent à défendre l'honneur national contre une agression odieuse, préméditée, intolérable. » Aussi la chute du ministère Ollivier, le 9 août 1870, ne modifia-t-elle en rien la ligne de conduite du gouvernement français.

Pas plus que la France, la Belgique, l'Espagne et le Portugal ne formulèrent d'objection contre la publication des décrets du Concile. Même le gouvernement italien, qui se préparait déjà à tenter par les armes un coup de force contre la capitale de la chrétienté, laissa faire cette publication. Cependant, le i5 août, une circulaire sibylline (3), émanée du ministre des cultes et de la justice, Raëli, fut envoyée aux autorités provinciales (4). A l'occasion de la publication éventuelle des décrets du Concile par les évêques, elle attirait l'attention sur certains articles du code pénal (5) qui visent à la répression d'attaques contre la constitution de l'Etat et

(1) L'Eglise et l'Etal, t. II, p. 401.

(2) Cf. ibid., p. 403, la remarque qui vise M«r Dupanloup, qui, le 22 juillet 187i, avait rappelé à la Chambre le retour des jours « où un ministre, le cœur trop léger, serviteur d'un maître à trop légère conscience au^si, au même moment et d'une même main a provoqué l'Allemagne et abandonné Rome ».

(3) C'est ainsi qu'Ollivier caractérise cette circulaire, Inc. cit., p. 401.

(4) C. V. 1730 c. sq.

Ci) Art. 268, 269,471, cf. C. V. 1730 sq.

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