‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 101 sur 140 · L AGITATION EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

L AGITATION EN ALLEMAGNE

d'avis, il en changera, j'espère, il se trouverait, à son retour, clans de grands embarras (i). » / C'était, de fait, alors le moment critique dans la vie conciliaire de l'évêque de Mayence, qui était animé, du reste, des meilleurs sentiments. Bientôt devait se réaliser l'espérance du nonce et* le mois suivant il annonçait la solennelle déclaration faite par l'évêque de sa foi à l'infaillibilité (2).

A ces remarques sur l'opposition qui se marquait entre quelques évoques et leur diocèse, Méglia ajoute au sujet des Protestants : « En ce moment il se répand parmi les Protestants un certain espoir de pouvoir mettre à profit la division qu'ils observent chez les Catholiques. A la fin de leur dernière assemblée tenue à Eisenach ils ont... posé la question de savoir comment on pourrait se servir de l'opposition actuelle de l'Allemagne contre Rome, et comment il fallait diriger le public allemand dans sa lutte contre les décisions du concile. »

En fait, avec le concile, s'était ouverte pour les Catholiques une période de ténèbres et de dangereuses tentations. Beaucoup succombèrent. Ils firent au suprême tribunal de la foi. dirigé par le Saint-Esprit, une opposition opiniâtre, et manifestèrent suffisamment leur intention de ne pas obéir à ses décisions, si elles ne s'accordaient pas avec leurs propres idées. Ces dispositions anti-catholiques n'étaient pas également perverses chez tous. Elles étaient nettement hérétiques chez quelques-uns, dont plusieurs apostasièrent en effet, quand le concile eut porté les décrets qui leur déplaisaient. Mais beaucoup d'autres, égarés par leur estime pour certains savants adversaires du concile, par la multitude de mauvaises publications et les mensonges des journaux, insuffisamment instruits d'ailleurs sur la question et entrai -

(1) Loc. cit.

(2) C. V. 1497 sqq.

nés par l'exemple de leurs amis, errèrent bien plus dans leurs démarches que dans leurs convictions, et surent retrouver le droit chemin, quand il fallut prendre imparti. // D'autres encore, sans aller extérieurement jusqu'à menacer d'itne défection,, se montraient mécontents du concile, et n'attendaient pas ses décisions avec la joyeuse disposition de prompte obéissance que doit avoir le Catholique qui reconnaît en elles les oracles de l'Esprit-Saint.

Citons comme exemple la lettre des habitants de Kreuznach à l'évêque de Trêves. Ils déclaraient avoir été extrêmement émus en apprenant que la majorité du Concile avait demandé la définition : « Tous depuis notre jeunesse, disaient-ils, nous avons reconnu comme doctrine catholique que c'est au corps enseignant de l'Eglise, pris dans son entier, c'est-à-dire au pape en union avec tous les évoques, qu'a été promis le secours de l'Esprit Saint pour les maintenir toujours dans la vérité. »

Ce principe a toujours été le fondement de notre foi : « Ce qui a été cru toujours, partout, et par tous, cela seul est véritablement catholique. » C'est pourquoi nous ne croyons pas possible qu'à l'avenir en chaire et dans les catéchismes on enseigne l'infaillibilité du pape comme une proposition de foi catholique. Ce serait certainement pour nous et pour bien d'autres, la plus grande perturbation des consciences, un doute sur la foi, et pour beaucoup peut-être une tentation, dépassant les forces humaines, d'abandonner, le cœur meurtri, cette Eglise à laquelle ils s'étaient attachés avec le plus fidèle dévouement à cause de l'immutabilité de sa doctrine.)) Ils priaient l'évêque d'employer sa haute influence à détourner ce malheur imminent (1).

Ce que disent les signataires sur leur ignorance de la doctrine de l'infaillibilité pouvait fort bien être vrai (2 . Dans

(1) C. V, 1498 cl. sqq.

(2) Voir t. H, vol. p. 328.

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