‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 103 sur 140 · LES PROTESTATIONS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

LES PROTESTATIONS CATHOLIQUES

bruyantes manifestations qu'affectaient les protestations et les menaces de désobéissance ; cependant les actes d'hostilité contre le concile provoquèrent en sa faveur plus d'un beau témoignage de dévouement.

Ainsi, le Comité du denier de Saint-Pierre d'Aix-la-Chapelle, en même temps qu'il envoyait au Saint Père une somme importante, lui écrivit pour lui exprimer sa douleur à la vue des nombreuses protestations parues en Allemagne et même dans le diocèse de Cologne contre le Saint-Siège et le concile œcuménique, // et pour lui promettre, au nom de presque tous les habitants de la ville et de la région, attachement, fidélité et obéissance : « Nous déclarons, disaient les signataires, que nous voulons vous être dévoués d'esprit et de cœur, à vous, le Père et le Docteur de tous les chrétiens; nous voulons vous obéir, croire tout ce que vous enseignez; rejeter ce que vous rejetez, repousser et éviter tous les docteurs qui ne sont pas d'accord avec vous. Nous attendons comme paroles de l'Esprit Saint, et nous observerons fidèlement comme telles, toutes les prescriptions dogmatiques et morales du concile que vous avez convoqué, que vous dirigez et que vous confirmerez (i). »

A Oggersheim, dans le Palatinat bavarois, 6,000 hommes tinrent en juin une assemblée où fut concertée la déclaration suivante : « 1. Nous, catholiques du Palatinat, dans la tempête qui s'est élevée contre notre religion, rous proclamons que nous resterons inébranlables dans notre fidélité à la sainte Eglise et à son chef suprême, le Pontife romain; nous nous en tenons sans crainte àlapromesse du Seigneur, que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Eglise. 2. Au concile du Vatican, présentement réuni sous la direction du Souverain Pontife, nous reconnaissons l'infaillible magistère conféré par le Christ et inspiré par l'Esprit Saint, et nous

(1) C. V. 1512 d. sqq.

nous soumettons en fidèles catholiques à toutes ses décisions et décrets présents ou futurs. 3. Nous rejetons avec horreur toutes les insinuations, insultes et calomnies que la presse ennemie de l'Eglise a lancées jusqu'ici contre ce concile et nous voyons dans ces attaques une haineuse et injuste intolérance contre nos convictions les plus sacrées (i). »

Un congrès de 2,000 hommes, tenu dans la ville badoisc de Gengenbach, s'exprimait de même (2;.

Au commencement de mars, le vice-président du comité central de l'Assemblée générale des catholiques allemand!-, le baron Félix von Loë, faisant fonction de président, lança une proclamation, où il rappelait la résolution suivante prise au dernier congrès de Diïsseldorf : « L'assemblée salue avec les sentiments du plus profond respect le concile œcuménique qui, à l'appel de Pie IX, va se réunir à Rome. Comme toutes les fois que l'Eglise catholique s'est réunie en concile, ainsi aujourd'hui le peuple chrétien regarde avec une entière confiance cette imposante assemblée ; il croit fermement que le Saint-Esprit dirige les délibérations et que, par conséquent, on ne prendra que des décisions capables d'assurer à la vérité le triomphe sur l'erreur et de conduire les peuples au salut. » Puis von Loi" exprimait sa douleur de ce que « non seulement les journaux hostiles à l'Eglise décrient et calomnient avec une animosité déloyale le concile, les évèques et le Saint-Père, mais que môme des professeurs de nos écoles supérieures osent bien, sous prétexte de science, lever l'étendard de la révolte contre Rome, mère et maîtresse de tous les peuples, m C'est pourquoi il croyait devoir rappeler la résolution de l'assemblée générale et il exprimait son indignation contre ce mouvement de révolte (3).

(2) Ibid., ir.ll b.

(3) 1506 b. sq.

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