LES PROTESTATIONS CATHOLIQUES
Bientôt après les membres wurtembergeois du même comité et ensuite le comité du diocèse de Mayence (i) pour la fondation et la fédération des compagnons catholiques, publièrent de semblables lettres et protestations. Dans une lettre au pape, l'Association des membres de la noblesse catholique disait sa douleur de ce que <c quelques savants, sous prétexte de science, osassent se révolter contre l'Eglise et semer ainsi la défiance et la division parmi les catholiques allemands » (2). Ils déclaraient saluer d'avance avec joie et amour les décisions du concile et s'y soumettre avec une Obéissance filiale, comme aux oracles du Saint-Esprit (3). //
La proclamation du baron von Loë avait irrité quelques professeurs de l'Université de Breslau, connus pour leur opposition au concile. Cinq d'entre eux, et à leur tète le futur évêque vieux-catholique Hubert Reinkens, le sommèrent dans une lettre ouverte de déclarer, sur son honneur et conscience, si par ces mots « des professeurs de nos écoles supérieures », il avait visé les professeurs d'université qui avaient envoyé leur adhésion à Dollinger, et, en ce cas, « de retirer les expressions d'animosité déloyale et de révolte ouverte contre Rome » (4).
Von Loë, après avoir résumé les polémiques récentes, rappelait que des « professeurs de nos écoles supérieures » avaient donné leur approbation à Dollinger, appelant sa démarche « une action virile », et estimant ses principes scientifiquement « irréfutables ». Ils ont adhéré sans condition ni réserve et ils ont publié leur adhésion. C'était prendre ouvertement part aux agissements de Dollinger, et donc consciemment ou non, à la révolte contre Rome. — « Messieurs les auteurs de la déclaration exigent que je retire les
(1) Ibid., 1508 d. sqq.
(•2) Ibid., 1509c. d.
(3) Ibid., 1509, d. sqq.
(4) Ibid., 1507 a. sq.
mots aniniosîté déloyale. Je les ai appliqués aux journaux ennemis de l'Eglise, mais je n'ai pas identifié avec les correspondants de ces journaux les professeurs de nos écoles supérieures (i). » //
La Suisse allemande présenta à peu près le même aspect.
A côté de manifestations nettement catholiques et de témoignages de pleine confiance, on constata en bien des milieux une triste aberration touchant les principes fondamentaux du catholicisme sur les rapports de l'Eglise enseignante avec l'Eglise enseignée.
Les écrits pernicieux venus d'Allemagne, en particulier de Munich, trouvèrent accès en Suisse et y produisirent les mêmes troubles. Le chargé d'affaires du Saint-Siège en Suisse, M61 Agnozzi, écrit en janvier au cardinal Autonelli : « On s'efforce actuellement en Suisse et surtout dans la partie allemande, de répandre, de soutenir, d'exalter de toute façon tout ce qui dans ces derniers temps a paru et paraît encore en Allemagne contre les privilèges du Saint-Siège et du chef suprême de l'Eglise. Dôllinger, maintenant tout à fait célèbre, a beaucoup d'amis et de partisans dans le clergé suisse... La tendance, qui règne depuis trop longtemps dans cette partie du clergé, à faire opposition à tout ce qui vient du Saint-Siège, à raisonner avec arrogance sur les prétendus « empiétements » de Rome, se montre beaucoup plus audacieuse et entreprenante depuis la publication du fameux écrit, de l'évêque d'Orléans. A lui seul, Dôllinger, simple professeur, méconnu de la grande partie des catholiques suisses, n'aurait pu agiter si profondément les bons esprits et provoquer les critiques et les injures de ceux qui sont hostiles ou peu favorables au Saint-Siège, ("a été le fait de l'ouvrage français et des articles qui l'ont suivi. Tous les ecclésias-
(l) Ibid., 1507 d. sqq.
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