‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 107 sur 140 · LA SUISSE. LES OPPOSANTS · texte numérisé non relu

LA SUISSE. LES OPPOSANTS

Quelques prêtres, et parmi eux Herzog. le futur évêque vieux-catholique, avec un petit nombre de laïques, composèrent la rédaction. Le premier numéro, du 22 avril, développe le programme du journal et en montre l'esprit. Il aura pour objet le concile, et en particulier <c une question redoutable qui désormais fixe toute l'attention », la question de l'infaillibilité pontificale. Il en parle tout à fait dans le sens de Dollinger.

Le journal se plaint qu'on veuille au concile définir ce point conformément au désir, non de l'unanimité, mais d'une simple majorité. Des évoques, comme le Cardinal Rausclier, M>'r Dupanloup, Mgr Héfelé et Mgr Greith, ont protesté contre cette prétention d'imposer à la foi des chrétiens ce qu'on n'a pas enseigné à leur enfance, ce que ni prédicateurs ni professeurs de religion ne leur ont proposé. Puisque les autres feuilles catholiques ouvraient exclusivement leurs colonnes aux partisans de la définition de l'infaillibilité, le nouveau journal fournirait aux tenants de 1' « ancienne » doctrine l'occasion d'exprimer publiquement leur foi et leurs convictions.

Tous les articles et informations publiés par cette feuille s'occupèrent presque exclusivement de cette question et la traitèrent dans le sens de Dollinger. Elle trouva dans les journaux catholiques des adversaires résolus contre lesquels elle eut à rompre bien des lances.

Dans le dernier numéro de juin, elle déclara qu'elle continuerait à paraître jusqu'à la fin de l'année, mais que désormais, — ainsi fit-elle dès le Ier juillet, — elle ne traiterait plus seulement la question de l'infaillibilité, mais aussi les questions religieuses, politiques et sociales du jour, ainsi que les matières d'éducation. Après la définition elle persista dans son opposition.

La grande défection qu'on avait annoncée, en Suisse, au cas où la définition serait portée, n'eut pas lieu ; pourtant

nombreux furent les catholiques de ce pays qui refusèrent obéissance au concile, et la secte qu'ils formèrent a jeté en Suisse de plus profondes racines qu'en Allemagne.

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