DISCOURS DU CARDINAL SCHWARZENBERG
titude de la vérité de notre enseignement, fondée non pas sur l'opinion et l'autorité d'autrui, mais sur la conviction de notre propre science. Il ne nous est pas permis de nous laisser guider par une sorte d'instinct aveugle, il faut nous attacher à des preuves certaines tirées de l'Ecriture et de la Tradition ; il est nécessaire que chacun parvienne à la certitude morale, et il ne peut pas accepter pour vraie une simple opinion avec la crainte et l'angoisse de se tromper. »
Après Mgr Ginoulhiae, Mgr Salzano, évoque titulaire de Tanis, prit la parole (i). II combla d'éloges le schéma : siyle, division et contenu, tout lui avait plu; et, à son avis, le concile pourrait l'adopter presque sans changement. Il souhaiterait cependant que les canons fussent reliés par une transition convenable à l'exposition de la doctrine qui les précède.//
Le cardinal Schwarzenbcrg lui succéda à la tribune (2), Lui aussi adressa de grandes louanges au travail de la Commission, mais il formula une plainte : « Puis-je dire que le fruit de votre travail est aussi le fruit de nos délibérations conciliaires? Sans doute, dans cet immense local nous entendions bien les sages et savantes remarques de beaucoup de Pères sur le schéma primitif ; mais souvent, à cause de la trop vaste étendue de la salle, nous ne les comprenions pas; et par ailleurs, il n'était pas possible aux Pères de se réunir pour des discussions extra-conciliaires. » Au concile de Trente, continua l'orateur, les Pères avaient pn, aidés de leurs théologiens, dans les délibérations et assemblées particulières qui précédaient les congrégations générales, examiner sous tous leurs aspects les objets à définir, ils avaient pu y poser leurs questions et obtenir les réponses qu'ils désiraient. Aussi les Pères de Trente avaient-ils été à même de
(1) Acla, p. 25, sqq.
(2i Acla, p. 27 sqrj.
porter, sous l'inspiration du Saint-Esprit, des décrets qui sont, pour le fond comme pour la forme, le précieux trésor de la foi catholique, la sauvegarde et le terme rempart du salut commun, la gloire et l'orgueil de la Sainte Eglise.
L'orateur regrettait que de pareilles réunions ne se soient pas tenues au concile du Vatican, et que les Pères ne pussent avoir connaissance des rapports sténographiés. Bref il renouvelait les plaintes sur le règlement, déjà exprimées par plusieurs Pères de la minorité dans leurs précédentes suppliques au Saint-Siège. Il laissa ainsi de côté l'objet propre de la délibération jusqu'à ce que le président l'interrompit, et, lui rappelant que tout cela ne se rapportait pas au schéma, il le pria de revenir au sujet proposé. Le cardinal Schwarzenberg convint que son discours ne s'y rapportait qu'indirectement, il ajouta alors quelques critiques relatives au style, et recommanda que l'on voulût bien tenir Compte des améliorations qu'il venait de proposer.
Comment le cardinal de Prague pouvait-il dire que le schéma refondu n'était pas l'œuvre des Pères? Les Pères avaient exprimé leur opinion sur le schéma, ils avaient présenté leurs amendements, une commission élue ad hoc par eux et parmi eux en avait opéré la refonte, en s'at ta chant aux remarques qu'ils avaient faites ; elle leur rapportait maintenantie nouveau schéma pour qu'ils lui donnassent l'achèvement définitif : le fruit de tout ce travail était donc bien l'œuvre des Pères./ Pourquoi aurait-il fallu s'en tenir exactement à la méthode du concile do Trente, dont le règlement avait été amélioré par le Saint-Père après mûre considération? -Si dans les précédentes congrégations générales on avait maintes fois mal entendu les discours, ce n'était pas la faute du règlement : il fallait accuser la faiblesse de la voix et la prononciation étrangère des orateurs, la dureté d'oreille des auditeurs, et enfin la mauvaise acoustique de la salle. Malgré cela on avait très exactement tenu compte dans le