CHAPITRE XI
Les Puissances et le Concile.
Une. menace perpétuelle plana sur le concile du Vatican depuis sa convocation jusqu'à son ajournement ; le danger venait du côté des Gouvernements. Ils auraient dû être le refuge et l'appui du concile, lui prêter secours dans l'exécution de ses décisions ; or, les hommes d'Etat et les diplomates se firent les élèves dociles et les protecteurs de ses ennemis déclarés, de ceux qui mettaient tout en mouvement pour le faire échouer ou du moins pour lui enlever tout crédit. De plus, la ville où il siégait se trouvait entourée d'ennemis qui n'épiaient que le moment favorable pour l'envahir, détrôner le pape et disperser l'assemblée.
Dès sa convocation, le concile n'avait pas rencontré chez les Gouvernements des dispositions bienveillantes. La proposition faite par la Bavière, d'une démarche collective pour prévenir le danger qui commençait à menacer du côté de Rome, fut, il est vrai, partout repoussée; on décida de ne rien faire pour gêner la réunion. Mais partout aussi on fit entendre des menaces qui trahissaient une profonde méfiance : toute décision du concile dont la mise à exécution porterait préjudice au bien de l'Etat rencontrerait une opposition énergique. Les puissances ne voulurent pas prétendre se faire représenter au concile; mais elles chargèrent leurs ambassadeurs à Rome d'en suivre constamment et avec attention la marche et les débats.