‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 13 sur 140 · LIBRARY · texte numérisé non relu

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catholique dans les conciles généraux où la foi de l'Eglise est exposée par l'accord unanime des évêques, où toute négation et toute mutation dans la doctrine sont signalées comme un mal que tous les chrétiens doivent fuir. »

Nous avons rapporté textuellement ce passage de MgI Kenrick, où la vérité est mélangée à l'erreur, afin que le lecteur puisse en juger par lui-même. Sans doute, si le schéma avait exposé non pas la tradition divine, mais des inventions humaines, il eût été à rejeter absolument.

Dans la suite de son discours, l'orateur, si nous comprenons bien sa pensée un peu obscure, exprimait l'idée que le schéma condamnait quelques propositions comme faisant partie de certains systèmes dont il était difficile de lesdéduire ; il déclarait à tout le moins que ni lui ni plusieurs de ses collègues n'étaient en état de le faire.

Xous pouvons passer d'autant plus vite sur eette partiepeu claire du discours de M.**, Kenrick, que nous retrouverons les mêmes reproches exprimés lorsque viendront les débats particuliers : chacune de ces propositions sera alors relevée, et nous aurons ainsi plus de lumière sur la pensée du prélat.

Le second reproche que l'archevêque de Saint-Louis adresse au schéma concerne l'emploi trop fréquent du mot anathème. Sans doute ce mot se trouve dans les épîtres de saint Paul etde saint Jean, et l'usage constant des conciles l'a consacré; mais il faut pourtant avoir égard à notre temps et à nos mœurs qui ont peine à l'accepter. L'orateur demande donc qu'on n'emploie pas ce terme dans tous les canons ; mais seulement dans ceux qui condamnent des erreurs vraiment graves ou une impiété déclarée.

M81 Bravard, évêque de Coutances, qui prit ensuite la parole, ne voulut présenter que trois considérations (1). Dans-

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le premier chapitre il faudrait, pense-t-il, faire suivre la doctrine sur Dien de la doctrine sur l'homme et l'âme humaine. Les erreurs nouvelles sur ce sujet réclament cette exposition. En second lieu, pourquoi prononcer contre les athées l'anathème, c'est-à-dire la séparation d'avec l'Eglise, la privation de tous les biens spirituels de l'Eglise; ils ne se soucient guère de cette excommunication. La même remarque s'applique aux matérialistes, qui ne reconnaissent aucune Eglise : « Je souhaite, dit l'orateur, que dans la partie relative à l'enseignement de l'Eglise sur Dieu et l'âme humaine, on s'abstienne d'anathèmes; il suffit d'exposer clairement la doctrine catholique, et tout le monde verra comment nous montons de la raison jusqu'à la foi, de la nature jusqu'au surnaturel; / cette exposition est le vestibule du temple magnifique que nous voulons élever à notre divine religion. » La troisième observation de Mgr Bravard concerne le style : il est certainement meilleur que celui du premier schéma, mais laisse encore à désirer; une lecture attentive permet facilement de s'apercevoir que le schéma n'est pas tout entier de la même plume ; certaines phrases en particulier sont trop longues et pas assez claires.

M>'' Bravard était le dernier des Pères qui s'étaient fait inscrire pour la discussion générale. Avant qu'on n'ouvrît les débats sur l'Introduction, l'archevêque de Gran, Mgr Simor, se leva pour répondre (i).

Il voulait, dit-il en commençant, s'expliquer au nom de la Députation sur quelques-uns des renroches qu'on venait d'entendre; il le ferait autant que le manque de préparation le lui permettait. Le rapporteur avoue que d'après les prescriptions du décret du 20 février, il aurait fallu remettre aux Pères un compte-rendu détaillé des travaux de la Députation de la foi (2). La raison pour laquelle cette Députation n'a présenté

(1) Ai. la, p. 34 sqq.

(2) Voir 1T volume, p. 293.

qu'un rapport pins bref,est qu'elle ne s'est point crue obligée d'observer, an sujet de ce premier schéma, les dispositions d'un décret rendu bien après qu'on lui eût remis ce texte à corriger. D'autre part, le temps très court dont la commission a disposé ne lui aurait pas permis de mener à terme un aussi grand travail; niais la commission donnera dans le déliât spécial toutes les explications désirables.

Mgr Siuior déclare ensuite être d'avis, lui aussi, que les matières de foi doivent être soumises a la discussion la plus attentive. Aucun des membres du concile ne voudrait certainement signer un seul point de doctrine dont la vérité ne lui paraîtrait pas, en conscience, absolument certaine.

« 11 est tout à l'ait exact, comme l'a t'ait remarquer l'un des Pères m, continue l'archevêque de Grau, qu'il y a dans le quatrième chapitre une proposition et le canon correspondant, — le troisième, — qui n'étaient pas explicitement contenus dans le premier schéma. Lorsque nous y arriverons dans le débat spécial, nous vous rendrons compte des raisons que nous avons eues de les insérer.

» Quant au style, je vous l'ai déjà dit au nom de la Députation. nous ne pensons nullement qu'il ne puisse être amélioré ("est a vous de proposer des amendements, et vous aurez l'occasion de le l'aire dans le débat spécial sur chacune des parties du schéma.

» On a l'ait des reproches relatifs aux canons (2). Xousmêmes, nous avons eu beaucoup de difficulté à les rédiger, et nous avons pense qu'il faudrait laisser de coté quelques-uns de ceux auxquels sont joints des anathèmes. Mais, je vous l'ai dit. c'est encore à vous qu'il appartient d'en augmenter ou d'en diminuer le nombre. D'ailleurs, nous avons cru devoir conserver, en ajoutant des canons aux décrets, la manière

1) Voir plus haut, p. 36.

2] Voir plus haut, p. 40.

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d'agir du concile de Trente, et cela d'autant plus volontiers que plusieurs Tries dans les précédentes congrégations générales nous ont rappelé les exemples de ce concile. Nous savons du reste que d'autres synodes ont t'ait autrement; celui de Constance, par exemple, a proscrit, mais sans anathème, les erreurs de IIuss et de Wicleff. Les Pérès de ce concile, après l'exposition de la doctrine catholique, disent seulement : « Xous condamnons les propositions suivantes, etc. » Si vous trouvez meilleure cette méthode, surtout à l'égard des athées, des panthéistes, des matérialistes et des autres, vous pourrez supprimer les anathèmes et conserver cependant les condamnations de leurs erreurs, et même en ajouter de nouvelle-.

» L'un des révérendissimes Pères souhaiterait qu'on établît une liaison entre les chapitres et les canons (r). Cette liaison -existe en fait, comme vous le verrez quand on vous présentera la seconde partie du schéma. Le vœu du dernier orateur concernant l'exposition de la doctrine catholique sur l'âme humaine (2), est déjà accompli ; car dans la seconde partie du schéma il est question de l'homme, de sa création et de son âme. »

Lorsque Mgr Simor eut terminé son discours, les Pères le remercièrent de ses explications par de nombreux témoignages d'approbation .

(1) Voir plus haut, p. 37.

(2) Voir plus haut, p. 41.

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