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CHAPITRE VIII

Les débats sur l'Introduction du schéma de la Constitution De Fide Catholica.

Lorsque l'on eut terminé, dans cette treute-et-unième congrégation générale, le débat sur l'ensemble du schéma de fide on aborda immédiatement la discussion particulière de l'Introduction.

Six orateurs s'étaient l'ait inscrire : XX. SS. Moreno, évoque d'Ivrée; Gandolfi, de Corneto et Civitavecchia ; de Dreux-Prézé, de Moulins; Strossmayer, de Diakovàr; Caixal y Estrade d'Urgel; Ferré, de Casai; Meignan, de Chàlons; et Vlagnasco, de Bolina i. p. i. (i). Un peu plus tard s'adjoignirent à eux XX. SS. Wliclan, évèque de Whecling; Haynald, archevêque de Kalocsa; et Filippi, évêque d'Aquila (2). Ils parlèrent suivant cet ordre, les quatre premiers dans la trente et unième congrégation, les autres dans la trente-deuxième qui se tint le 23 mars.

En général, ces prélats se montrèrent satisfaits du contenu et du plan de l'Introduction ; leurs amendements, presque sans exception, se rapportaient au style. Du reste, l'Introduction n'offrait guère l'occasion de discussions doctrinales.

Parmi les différentes idées déjà contenues dans ce texter.

(2) Ibid.,732c.

DISCOURS DE Algr STROSSMAYER 45

ou qu'on aurait pu y introduire, les unes, bien entendu, plaisaient davantage aux uns, moins aux autres, // mais on ne pouvait donner en somme d'argument décisif pour justifier le choix.

Nous verrons les amendements les plus importants quand nous parlerons du jugement cpie porta sur eux la Députation de la foi. Cependant, un des discours tenus dans la trente et unième congrégation mérite une mention spéciale et une étude détaillée, car d'une part il souleva une scène tumultueuse, unique clans l'histoire de ce concile; d'autre part il nous donne une idée des sentiments qui dominaient plus ou moins chez un certain nombre de Pères : c'est le discours de Mgr Strossmayer, évêque de Diakovar (i). Le mécontentement, qui régnait parmi beaucoup d'évèques de la minorité, était chez ce prélat particulièrement intense, et personne ne l'exprimait avec autant de franchise et d'éloquence que cet évèque des frontières turques, comme on le nommait quelquefois.

Dès l'exorde iM>' Strossmayer laisse voir sans ambages sa manière de penser. Il s'efforcera, dit-il, d'être court, car son état de santé et le déplaisir véritablement insupportable qu'il ressent (magnum ad usque fastidium) ne lui permettent pas d'être long. Du reste, les grands discours, parfois nécessaires en raison de l'importance des questions traitées, sont assez inutiles ici : la salle est mauvaise, tout le monde ne pourrait pas comprendre suffisamment ces discours, et, d'autre part, la défense de les imprimer empêche de les porter à la connaissance de tous les Pères.

Après cet exorde, dont les reproches tombaient sur une décision pontificale, cependant nécessaire, et sur un défaut de la salle, qui, s'il subsistait encore, était irrémédiable, l'orateur fit observer qu'il passerait sous silence la question

<1) Acta Congr. gêner., II, 43 sqq.

du style du schéma, bien qu'à son avis, il fût par endroits intolérable. On a bien dit : chacun est libre de proposer des améliorations; c'est facile à dire , mais difficile à faire. Le style est une trame, et tout morceau introduit dans cette trame lui demeure étranger, et toujours apparent pour des yeux exercés. Du reste, un des orateurs précédents s'est déjà fort bien exprimé sur les améliorations du style, et a indiqué ce qu'il fallait faire.

Le prélat passe donc au fond même de la question et annonce trois observations. La première concerne la conclusion de l'Introduction : c'est le membre de phrase qui commence par ces mots Cum itaque nos et dans lequel le pape est désigné comme celui qui émet la constitution. Mgr Strossmayer revient sur une idée déjà exprimée par lui-même (i): les définitions conciliaires ne doivent pas être rendues au nom du pape, mais au nom de tout le concile. « C'était mon avis au début du concile, il n'a point changé, dit l'évèquc, car il répond mieux à la nature des choses en question, à l'usage et à la coutume des anciens conciles, aux besoins réels et aux vœux du temps présent, de porter en notre nom à tous des jugements préparés par des délibérations et un travail commun à tous, en vertu d'un droit, inégal sans doute, mais aussi partagé par tous : c'est sous nôtre nom qu'il faut les publier. « On avait d'abord répondu au prélat qu'il existait une décision d'autorité sur le titre des décrets, qu'on n'y pouvait rien changer : cette déclaration lui avait paru une nouveauté tout à fait inouïe dans l'histoire des conciles œcuméniques. 11 remerciait la Députatiori de la foi d'avoir apporté en une chose qu'on disait immuable une modification et une amélioration, et d'avoir écrit « Sedentibus nobiscum et judicantibus universi orbis episcopis, etc. » L'orateur voudrait qu'on ajoutât encore les mots « et definienlibus »

(1) Voir II' volume, pp. 71, 117 sqq.

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