‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 19 sur 140 · LA FORMULE « ROMANA CATHOLICA ECCLES1A · texte numérisé non relu

LA FORMULE « ROMANA CATHOLICA ECCLES1A

bole des Apôtres, et nous en disputent le droit exclusif. Ils prétendent que l'Eglise catholique se divise en trois parties : la communauté romano-catholique, la communauté anglocatholique et la communauté gréco-catholique C'est avec ruse et persévérance que fonctionnaires et gouvernants cherchent de plus en plus à familiariser les esprits avec cette idée. Dans les lois nouvelles, dans les discours au parlement, dans les allocutions publiques, dans les écrits et la conversation privée, ils nous donnent, à nous et à notre Eglise, le nom de « romains-catholiques ». Ils ne peuvent supporter que nous nous appelions simplement catholiques et que nous nous disions, non une partie de l'Eglise, mais toute l'Eglise. Dans les colonies, nous avons été en lutte avec le gouvernement chaque fois que nous nous donnions le titre de catholiques; et, en Angleterre, on nous demanda avec insistance de nous nommer évêques romains-catholiques, afin que le nom d'évêques catholiques pût être aussi employé pour les évêques anglicans. Une société fut même formée il y a quelques années pour répandre la doctrine de l'Eglise à trois branches. Quelques catholiques s'associèrent à cette tentative, mais elle fut condamnée par l'Inquisition romaine. Si maintenant le concile du Vatican nommait l'Eglise non pas catholique et romaine, mais romaine-catholique, les Puséistes en tireraient un argument en faveur de leur théorie des trois branches, et le gouvernement publierait que, vaincus par la vérité, nous ne reconnaissons enfin dans notre Eglise qu'une partie de la véritable Eglise. »

// En conséquence, l'orateur proposait de désigner l'Eglise par le nom de « Sancta Catholica, Roinana Ecclesia » comme, dans la profession de foi de Pie IV, on l'avait appelée <c Sancta Catholica, Apostolica Romana Ecclesia » ; ou encore d'unir immédiatement le mot «Catholica» au mot «Ecclesia», comme dans le Symbole des Apôtres. Si ces deux propositions n'avaient pas l'approbation des Pères,

il demandait qu'on séparât an moins par une virgule les mots « Romana» et « Catholica ». Mgr Clifford, évêque de Clifton, qui parla après lui, exprima le même avis que M-' Ullathorne ; il recommanda de son côté l'appellation te Sancta Catholica Ecclesia » (i). Ces propositions des deux évêques anglais se trouvent au premier rang parmi les amendements écrits (2) présentés par les Pères.

M>'r Gasser, évêque de Brixen, qui exposait (3) dans cette affaire l'opinion des évêques anglais comme membre de la Dcputation de la foi, s'exprima contre l'admission des deux propositions. Il n'y avait d'après lui aucune raison de faire tomber le mot « Romana». Les mots « Sancta Romana Catholica Ecclesia » ne contenaient en eux-mêmes rien qui pût être détourné en faveur des fausses interprétations alléguées. S'il eût été auparavant question de toute l'Eglise et que l'on vînt à parler de l'Eglise romaine, on pourrait concevoir cette dernière comme l'Eglise partielle de Rome. Mais notre passage parle tout au commencement de l'Eglise romaine catholique. On prêterait occasion à de fausses interprétations si l'on disait « Romana- Catholica Ecclesia » ; car cette expression ferait penser à une Eglise romaine catholique qui s'opposerait à une autre Eglise catholique, par exemple à l'Eglise anglo- catholique. Mais ce n'est pas là la formule. Il ne faut pas davantage approuver la formule « Catholica atque Romana Ecclesia », qui pourrait faire concevoir l'Eglise catholique et l'Eglise romaine comme des parties de l'Eglise. Cependant rien ne s'oppose à ce que l'on mette une virgule entre « Romana » et « Catholica », afin de rendre impossible toute fausse interprétation.

(I) Acta, f\c, p. 93.

(•*) C. V., 98 sqq.

(3) Acla, etc. , II, 192 sqq. ; C. V,, 101 d. sqq.

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