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LA REFONTE DU SCHEMA DE FIDE

nisme : or, l'antique Eglise ne se préoccupait point des aberrations de ceux qui ne lui appartenaient pas.

— Le Concile, répondit-on, ne peut s'abstenir de condamner les erreurs. En dehors des deux groupes mentionnés, il existe en effet, une troisième catégorie de personnes, pour qui les décrets conciliaires sur ce sujet sont particulièrement nécessaires, afin qu'elles se gardent des fausses doctrines et connaissent plus exactement les enseignements de la Foi. Plus que tous les autres, les docteurs des fidèles doivent être renseignés en détail sur les erreurs régnantes, afin de n'en point communiquer le poison au lieu de la vérité, à leurs subordonnés. Du reste, les Apôtres et les Pères ont combattu les faux dogmes de gens qui n'étaient point de l'Eglise : des païens, des juifs, des mabométans . Il y a eu môme des conciles provinciaux qui les ont condamnés (i).

Sur la rédaction du schéma, tous furent d'avis que l'exposition de la doctrine devait précéder la condamnation des erreurs : // plusieurs demandèrent à ce propos qu'une place spéciale fut assignée aux canons après les chapitres (2). Cette exposition doctrinale serait claire, courte, dans un langage calme, digne du Pape et du Concile. On écarterait donc les manières de parler et les tournures qui rappelleraient l'Ecole, on n'emploierait que rarement, et uniquement quand on ne pourrait l'éviter, la terminologie scolastique; on n'accumulerait point les arguments, on supprimerait enfin absolument toute expression qui paraîtrait blessante (3).

La dernière question du président fut celle-ci : Devait-on faire imprimer et distribuer aux Pères de la Députation les discours prononcés sur le schéma? — MgrSimor, archevêque de Gran, fut de cet avis; Mgr Senestréy, évêque de Ratisbonne,

(1) Protocollum, etc., p. 6 sq.

(2) Ibid., p.9sq.

(3) Ibid.

exprima l'opinion contraire, et la majorité se rangea à son avis : il aurait été impossible, en effet, si l'on eût imprimé les discours, d'observer à leur endroit la loi du secret. On décida d'en faire faire seulement un résumé (i).

Le ii janvier, la Députation se réunit pour la seconde fois. Conformément au vœu émi par ses membres, le président désigna parmi eux trois prélats chargés de remanier le schéma et de présenter la nouvelle rédaction à la discussion de leurs collègues. Son choix s'arrêta sur NN.SS. Dechamps, archevêque de Malines, Pie, évêque de Poitiers, Martin, évêque de Paderborn. Ces délégués pouvaient, à leur gré, s'adjoindre des théologiens et des collaborateurs. De leur côté, les trois élus s'entendirent pour confier le travail à Mgl Martin, évêque de Paderborn, qui prit comme théologien le Père Joseph Kleutgen (2). Puis, comme dans la réunion précédente les Pères de la Députation avaient demandé d'entendre sur le schéma de docirina catholica l'un des auteurs de la rédaction primitive, le Père Franzelin, théologien du Concile, présenta le rapport que nous avons cité plus haut. (3)

Le Père Kleutgen n'avait pas eu de part aux travaux préparatoires du concile œcuménique (4) : aussi le schéma de

(1) Brève diumum , etc., p. 8 sq.

(2) Prolocollum, etc., p. 13; Brève diumum, etc., p. 9 sq. (31 Voir t. II," première partie, p. 162 sqq.

(4) Kien que le P. Kleutgen fût un théologien de première valeur, il n'avait pas été appelé à collaborer à la préparation des travaux du concile; il était même hors de Rome quand l'assemblée s'ouvrit. Voici quelle était alors sa situation. Quelques années auparavant, le P. Kleutgen était confesseur extraordinaire des Bénédictines du couvent de Saint-Ambroise à Rome. Ces religieuses honoraient comme une sainte une de leurs sœurs, morte au début du XIXe siècle, et qui avait reçu, dit-on, des grâces surnaturelles extraordinaires. Elles demandaient son intercession par des prières. Le tait fut dénoncé au Saint- Office, qui punit très sévèrement, non seulement les religieuses mais leurs confesseurs, ordinaire et extraordinaire, parce que ces derniers avaient tout au moins manqué de prudence dans la direction du couvent. Les deux prêtres furent trappes de suspense; il leur fut même interdit pendant quelque temps ritdire la sainte messe. Le P. Kleutgen quitta Rome et se retira près du sanctuaire

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