‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 21 sur 140 · LA FIN DE LA CREATION · texte numérisé non relu

LA FIN DE LA CREATION

M8* Meurin avec quelques modifications. Les Pères y donnèrent presque tous leur assentiment (i).

M-' Eberliard, évêque de Trêves, fut d'avis que, dans le quatrième canon, la partie traitant de la fin de Dieu dans la création réclamait un complément (2). Ce canon Si quis... miindum ad Del gloriam condition esse negaverit était, d'après Mgr Simor, dirigé contre les Hermésiens (3); or, il n'atteint pas leur doctrine. « Moi-même (disait en substance Mgr Eberliard), j'ai pris part aux luttes menées contre eux en Allemagne. Eh bien, je puis déclarer, d'après mon expérience personnelle, qu'ils échappent à cet anathème. Pour réfuter la doctrine des Hermésiens : que la fin de la création •est le plus grand bonheur de la créature raisonnable, les théologiens ont rassemblé une multitude de passages des Pères, des Saints et des Docteurs, désignant, comme dans le canon, la gloire de Dieu pour fin de la création. // Mais les Hermésiens, de leur côté, ont apporté un grand nombre de citations des Pères et des Docteurs, nommément de Saint Jean Chrysostome et de Saint François de Sales, où la fin de la création paraît être le bonheur des créatures. On ne peut nier que ces saints et bien d'autres, pour faire ressortir la bonté de Dieu, aient dit dans leurs allocutions au peuple que Dieu avait eu en vue, en créant, le bonheur des créatures raisonnables. Il est facile, il est vrai, de répondre à la difficulté qui en résulte : il suffit de distinguer la fin dernière de Dieu, qui est sa gloire propre, et une fin secondaire, le bonheur des créatures, subordonnée à la précédente. Mais l'erreur des Hermésiens a été précisément de regarder comme fin suprême le bonheur de la créature raisonnable et •de lui subordonner la gloire de Dieu. » L'évêque de Trêves

(1) Acta, etc., p. 201; C. T., 109 a.

(2) Ibid.,p.94sq.

proposait donc de dire dans le canon que Dieu avait voulu sa gloire comme fin principale et dernière.

Le rapporteur de la Députation de la foi revint sur la motion de M61 Eberhard dans la discussion de la 46e proposition d'amendement (1). Il reconnut la justesse de son observation; le bonheur de la créature raisonnable est aussi visé par Dieu dans la création, mais le but dernier auquel tous les autres sont subordonnés est sa propre gloire. Cependant, comme le canon portait anatlième et, par suite, infligeait la note d'hérésie à l'erreur en question, la majorité de la Députation était d'avis de le diriger seulement contre l'erreur niant que le monde eût été créé pour la plus grande gloire de Dieu (2).

Plusieurs membres du concile manifestèrent une grande aversion pour les anathèmes et les canons. Déjà dans la discussion générale, M>'r Ginoulhiac, évêque de Grenoble (3). et Mer Kenrick, archevêque de Saint-Louis (4), s'étaient prononcés pour un usage très modéré des canons. Us en donnaient comme raison la répugnance de notre siècle pour ces condamnations d'autorité, et la crainte que ce glaive à deux tran-' chants de l'anathème ne fût plus nuisible qu'utile // Dans la discussion spéciale sur le premier chapitre, d'autres Pères énoncèrent la même opinion « Sans doute, dit M6* Fogarasy, évêque de Transylvanie (5), le concile de Trente a formulé beaucoup de canons ; je ne crois cependant pas que la rigueur qui abat toutes les erreurs à coups d'anathèmes soit, en général,d'une grande utilité dans l'Eglise de Dieu. De plus, il faut

(1) Acta, etc., II, 210 sq.; C. V , 116 d. sq

(2) Il semble résulter de là que le concile ne s'est pas proposé de définir que la gloire de Dieu est la dernière et suprême fin de la création: que, par conséquent, les Hermésiens ne sont pas atteints parce canon. Eux aussi admettent, comme le montre M" Eberhard, que la gloire de Dieu est une fin de la création et ils n e se trompent qu'en ne la reconnaissant pas comme fin suprême.

(8 Voir plus haut, p. 33.

i) Voir plus haut, p. 40.

(5) Acla, etc., II, 82.

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