‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 23 sur 140 · LES CANONS CONTRE L ATHEISME · texte numérisé non relu

LES CANONS CONTRE L ATHEISME

avec anatkème, dit-il, n'a pas sa raison d'être contre les athées : car, ou bien ils ne sont plus chrétiens, ou, s'ils l'étaient encore, ils se séparent de l'Eglise par leur négation même. // Les oreilles des simples seraient choquées d'apprendre qu'il y a dans l'Eglise catholique des hommes niant l'existence de Dieu. De plus, un tel anathème est superflu, puisque le dogme d'un Dieu, créateur du monde visible et invisible, est déjà expressément contenu dans le Symbole des Apôtres, que nous récitons tous les jours.» — Msr le patriarche Bellerini (i) parla pour le maintien du premier canon, parce qu'il atteignait en même temps ceux qui niaient la création du monde par Dieu. « Mais, ajoutait-il, je crois inutile de condamner un homme qui nie l'existence de Dieu» L'anathème est une punition qui déclare un homme exclu de la communion avec Dieu, dans ledessein deleramener àDieu. Or, une telle mesure est inefficace envers celui qui va jusqu'à nier l'existence de Dieu. » M»r Ballerini voulait donc voir supprimer le deuxième canon dirigé contre les matérialistes, qui n'admettent que la matière et, par suite, nient Dieu. — M81' Dubreuil, archevêque d'Avignon (2), proposa de biffer tons les canons du premier chapitre et aussi ceux du quatrième ; il chercha à rallier les Pères à son opinion par une argumentation qui se prolongea longtemps sans rendre les choses plus claires.

Mgr Gastaldi, évêque de Saluées (3), se prononça résolument pour les canons du premier chapitre : « Par les anathèmes, dit-il, nous faisons deux choses : nous excluons du corps de l'Eglise ceux qui veulent rester dans l'Eglise tout en adhérant avec opiniâtreté aux erreurs qu'elle condamne; puis nous manifestons notre horreur pour des principes et des systèmes faux et erronés, d'où découlent les con-

(1) Ibid., p. 69.

(2) Acta, etc., p.

(3) Ibid , p. 102.

séquences les plus détestables et les plus pernicieuses. A notre époque, il est vrai, nous vivons comme dans un milieu de déistes, d'athées, de panthéistes etc. Mais que sont ces athées, ces panthéistes? Chose digne de remarque, Révérendissimes Pères, ils sont presque tous purifiés des eaux régénératrices du baptême : presque tous, ils ont reçu les illuminations du Saint-Esprit et joui de la grâce de Dieu. Il y a peu de temps, ils étaient catholiques, et voici qu'ils portent maintenant dans les chaires des universités l'athéisme ou le panthéisme. Presque toutes les universités d'Europe, fondées autrefois par l'Eglise catholique et richement dotées par les fidèles pour procurer la plus grande gloire de Dieu, et aussi pour défendre la religion catholique, sont aujourd'hui des écoles d'athéisme et de panthéisme. A cette vue, nous sommes saisis d'épouvante et nous nous voyons forces, comme ministres de la vengeance de Dieu, de repousser l'injure qui lui est adressée, et d'une façon si brutale, dans toute L'Europe par ce scandale cynique : Anathème donc a celui qui nie l'existence de Dieu. » (Applaudissements.) — M*-'1 Melchers (i), archevêque de Cologne, parla aussi eu faveur des canons du premier chapitre.

Le rapporteur de la Députation de la foi fit remarquer que les raisons qui pouvaient faire abandonner ces canons n'étaient pas à dédaigner, mais que cependant la majorité de la Députation s'était décidée à les maintenir. On y avait fait valoir comme raison principale que non seulement des baptisés, par conséquent des membres de l'Eglise, enseignaient ces erreurs panthéistes et athées, mais qu'ils les présentaient assez souvent sous les couleurs de la vérité. Beaucoup, particulièrement en Allemagne, croyaient que des systèmes philosophiques, même panthéistes, s'harmonisaient parfaitement avec la vérité catholique (2).

(1) lbi.1., ].. 104.

2 Acta, etc., p. 206; C. I'.. 113 h.

Page 1