‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 27 sur 140 · DISCOURS DE M-1' FIL1PPI · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M-1' FIL1PPI

Le discours de Mgr Garcia Gil mit fin à la 33e congrégation générale. Le premier des orateurs qui, à la congrégation suivante, monta à la tribune, revint sur cette partie du premier paragraphe dirigée contre le traditionalisme.

Mgr Filippi, évoque d'Aquila (i), distingua fort bien les deux formes de traditionalisme; il condamna la forme stricte ; il ne voulait pas appeler ses partisans traditionalistes, mais fidéistes « qui exagèrent la nécessité de la foi, oppriment les droits de la raison et ouvrent la voie au scepticisme ». Il lui semblait aussi que le schéma n'indiquait pas assez clairement que la condamnation du traditionalisme n'atteignait pas sa forme mitigée. La première rédaction du schéma s'exprimait avec plus de précautions : Neque dubitandum est, veruin De umnat lirai i ipsius humanae ralionis lumine per ea, quae facta sunt, posse cognosci. Le schéma retouché dit que Dieu « origine et fin de toutes choses » peut être connu par la seule raison, et connu « avec certitude ». L'orateur voudrait voir disparaître ces deux expressions. Dieu ne peut être connu que comme origine et fin de toutes choses ; si donc par la première expression on veut dire simplement ce que les mots signifient d'euxmêmes, elle est inutile; si l'on veut déclarer que la seule raison peut, dans l'état de nature déchue, acquérir intégralement la science des choses divines, c'est inexact. Quant à la seconde expression, elle lui semble en contradiction avec le second paragraphe, où il est dit que l'homme doit à la révélation de connaître avec pleine certitude les vérités môme d'ordre naturel qui ont Dieu pour objet. M»r Filippi compare ensuite le traditionalisme strict et le traditionalisme modéré; il juge nécessaire la condamnation du premier, mais prie d'épargner le second et voudrait même une

(1) Acta, etc , p. 124sqq.

déclaration authentique concédant à ses représentants pleine liberté de le professer. //

Lorsque l'orateur fut descendu, Mgr Dechamps, comme membre de la Députation de la foi (i), se leva pour établir qu'il n'y avait aucune différence entre les deux rédactions du schéma, relativement à la condamnation du traditionalisme ; le traditionalisme modéré n'était donc pas condamné, comme d'ailleurs le déclaraient expressément les remarques jointes au schéma.

L'orateur suivant, Mgr Caixal y Estrade (2), attaqua la définition du schéma d'une autre manière. On y désigne comme une doctrine universellement enseignée dans les écoles théologiques, « que la raison humaine, par ses seules forces naturelles et sans aucune intervention positive de Dieu, peut connaître avec certitude l'existence de Dieu » et arriver à posséder beaucoup d'autres vérités théoriques et pratiques concernant Dieu. Cette doctrine est vraie; mais est-ce un dogme révélé par Dieu, et pouvons-nous par un canon le ranger parmi les autres dogmes? Le schéma s'appuie sur le passage connu de l'épître aux Romains (I, 20), où Saint Paul dit que l'homme peut connaître Dieu par la seule force de sa raison. Mais il n'est pas certain que l'Apôtre parle en cet endroit d'une connaissance obtenue par l'homme au moyen de la seule raison sans l'illumination de la foi. L'orateur chercha à prouver sa thèse dans un discours très détaillé. Il n'en avait encore donné qu'une partie, qui, dans le compte rendu sténographique, remplit plus de cinq pages in-folio, lorsque ses auditeurs commencèrent à donner des signes visibles de fatigue. Il s'en aperçut, interrompit son discours et en remit le brouillon écrit à la Députation de la

(1) \cta, etc., p. 130 sqq.

(2) Ibid., p. 132 sqq.

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