‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 36 sur 140 · DELIBERATION SIR LES AMENDEMENTS · texte numérisé non relu

DELIBERATION SIR LES AMENDEMENTS

de « ordinai'lo magistcria » ajouter « publico et uniuersci'i ; dans st>n exposé des motifs, il explique la formule « si me solemni judicio siuc ovdinavio magisterio ■» de la meme façon que l'archevêque de Grenade. « Il y a, dit-il, dans l'Eglise, une double manière de proposer la doctrine, un double enseignement : l'uu consiste en un jugement solennel rarement employé, et que pour cela beaucoup appellent extraordinaire ; l'autre est l'enseignement constant des fidèles, exercé sous la vigilance des pasteurs, et on le nomme ordinaire. » Ainsi l'obligation de l'amour des ennemis et la fuite du Sauveur en Egypte, quoique non définies, doivent être acceptées de foi divine. Les théologiens désignent ces vérités sous le nom de « de fuie divina non definita ». L'erreur d'après laquelle on n'est obligé d'admettre que les doctrines définies est très répandue; aussi l'orateur demande un canon spécial pour la condamner (i).

La Députation de la foi délibéra pendant cinq séances (2) sur les amendements présentés ; Msr Martin, évêque de Paderborn, fut chargé par la congrégation générale du rapport sur les conclusions. Quand il arriva au quatrième paragraphe, il proposa, au nom de la Députation et pour satisfaire aux amendements, d'ajouter au mot magisterio le mot universali, afin de bien montrer qu'il ne s'agissait nullement de l'enseignement infaillible du Siège Romain : d'ailleurs, la Députation n'avait jamais eu l'intention d'en parler à cet endroit. Puis il déclara que la Députation s'était prononcée en faveur de l'addition « tanquam divinitus vevelata »; par là, on empêchait de confondre des opinions d'école, même exactes et professées par des écoles catholiques, avec la doctrine de foi : en effet, ce que l'on dira enseigné par l'Eglise comme doctrine révélée par Dieu ne pourra jamais être une

(1) Acta, etc., p. 261 sq.

(2) c.v. 1672 d. sq.

simple opinion d'école. De plus, par ce changement, on détermine d'une façon plus précise l'objet de la foi divine et on s'oppose plus efficacement aux erreurs du temps. Le paragraphe serait donc ainsi libellé : « Porro fide divina et catholica ea omnia credenda sunt, quae in vevbo Dei scripto vel tradito continentur, et ab Ecclesia, sive solemni judicio, siue ordinario et universali magisterîo, tanquam divinitus revelata credenda pvoponuntuv. » Ainsi modifié, le paragraphe fut approuvé par presque tous les Pères (i).

Une petite divergence d'opinion se manifesta sur un passage du cinquième paragraphe, où il est question des dispositions par lesquelles Dieu a donné à l'Eglise chrétienne une « évident em credibilitatem ». Le R. P. Vincent Jandel, général des Dominicains, demandait qu'on remplaçât le mot evq dentem par le mot certain ou indubiam. « Nous avons, dit-il, l'évidence de la Révélation, mais non l'évidence des dogmes révélés; autrement, personne, en possession d'une saine raison, ne pourrait les nier, ce qui est inexact (2). » Mais ici la question ne porte pas sur l'évidence des dogmes, mais bien sur l'évidence de la crédibilité des dogmes ou de la religion chrétienne. Le dogme révélé peut sans doute être obscur, mais le caractère raisonnable et obligatoire de l'adhésion à la révélation est évident dès que le fait de la révélation est connu avec certitude.

Mer Meurin résolut la difficulté du P. Jandel : Est « credibile », dit-il, ce qu'il est prudent d'admettre. Le schéma déclare simplement qu'il est évident, « evidens », que nous pouvons et que nous devons croire : en effet, nous pouvons et nous devons croire une assertion dès que nous avons la certitude morale qu'elle a été révélée... Qu'on distingue donc une vérité évidente et une crédibilité évidente, comme le font

(1) C. V. 1672 d. sqq.

(2) \<ta, etc., II, p. 354. — C. V. 176 a. sqq.

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