‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 38 sur 140 · LES SCIENCES ET LA FOI H · texte numérisé non relu

LES SCIENCES ET LA FOI H

identique, comme l'anthropologie et surtout la philosophie. Là où il est différent, ces sciences peuvent avancer librement d'après leurs lois propres ; là où il est commun, elles n'ont pas le droit de proposer ou de soutenir une doctrine opposée à la foi, car la vérité ne s'oppose pas à la vérité, et la doctrine de la foi catholique est vraie en toute hypothèse. Il est contre la foi de revendiquer pour les sciences un pareil droit. Cependant, l'orateur ne croit pas qu'il soit hérétique de prétendre qu'on peut traiter les sciences humaines sans égard à la révélation surnaturelle; en effet, cette proposition est universelle; mais les propositions universelles doivent s'entendre des cas ordinaires; or, la plupart des sciences humaines peuvent de fait, comme on l'a vu, être traitées sans égard à la révélation surnaturelle. Pour être hérétique, il faudrait dire : Toutes les sciences, ou d'une façon encore plus précise, toutes les sciences, môme celles qui touchent de quelque manière que ce soit à l'objet de la foi, peuvent être traitées sans égard à la révélation surnaturelle (i).

Tour exprimer plus clairement sa pensée, l'orateur ajouta l'exemple suivant : « Supposez un savant qui croit n'avoir à tenir compte dans les sciences naturelles que des lois scientifiques ; il est convaincu qu'en suivant ces principes et ces lois, il n'aboutira à aucune contradiction avec la foi; si une telle contradiction se présentait, il l'attribuerait à une négligence apportée à l'application de ces lois ; mais c'est là pour lui un péril bien lointain et bien invraisemblable de tomber dans une erreur contre la foi ; d'ailleurs, il est prêt à renoncer à son opinion dès qu'elle se montrera clairement en opposition avec une définition de l'Eglise. Certainement vous ne condamneriez pas cette attitude comme hérétique (2). » //

(1) Acta, etc., p. 284 sq.

(2) lbid.,p. 285.

Puis l'orateur exposa ses conclusions :

i. L'Eglise doit reconnaître et proclamer la liberté de la science. Loin de se montrer timide ou méfiante à l'égard des recherches et des progrès des sciences, il faut plutôt qu'elle les encourage. Qu'elle déclare que les sciences qui n'ont aucun rapport avec la foi sont complètement indépendantes, et que celles qui touchent à l'objet de la foi sont libres d'avancer en suivant leurs principes et leurs méthodes, pourvu qu'elles n'en franchissent pas les limites.

2. L'Eglise doit contenir dans ses bornes et diriger la liberté de la science, non en légiférant sur les sciences et la philosophie, ou en leur dictant des conditions, mais en les maintenant dans leur domaine propre et dans leur sphère d'activité. C'est ici que la définition du cinquième concile de Latran doit trouver son application : la foi catholique enseigne la vérité absolue et, par suite, personne n'a le droit de la récuser ou de la mettre en doute. En outre, il est bon de recommander aux savants, particulièrement aux philosophes, de ne pas avoir une confiance ex sive dans leur raison et dans les forces naturelles de leur esprit: car l'intelligence est peu clairvoyante en beaucoup de choses, surtout en ce qui concerne la nature humaine et les choses divines, 1 expérience est là pour l'attester.

3. L'Eglise doit sauvegarder et défendre la liberté de la science. 11 faut qu'elle avertisse sérieusement ceux qui citent dans leurs écrits des textes de la Bible se rapportant aux choses de la nature, de ne point donner facilement à ces passages un sens définitif ( exclusif); c'est ce que recommandaient déjà, comme on sait, saint Augustin et saint Thomas; on doit éviter aussi de faire valoir l'autorité de l'Ecriture- Sainte en faveur d'opinions personnelles dans les choses de la nature.

En conséquence, Mgr Oinoulhiac présenta trois projets d'amendement, relatifs .Te premier, au troisième paragraphe,

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