‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 5)Chapitre 4 sur 140 · LE NOUVEAU SCHEMA DE FIDE · texte numérisé non relu

LE NOUVEAU SCHEMA DE FIDE

remanié ; (i) mais comme ce document ne fut jamais présenté à la congrégation générale, nous n'avons pas à en continuer l'histoire.

Le nouveau texte établi par la Députation reçut le titre de schéma de fide catholica. Il fut imprimé et distribué le 14 mars aux Pères du Concile //.

Ce schéma (2) commence par la description de l'assistanee divine que le Christ ne cesse, depuis son ascension, de prêter à son Eglise ; il expose ensuite quelles bénédictions le concile de Trente, grâce à cette même assistance, a répandues sur la chrétienté. Mais tout en remerciant Dieu des bienfaits que cette assemblée a procurés au monde, le texte exprime la profonde douleur ressentie par les Pères à la vue des bornes que lamalice deshommes aposées à son action salutaire.Il indique ensuite d'un mot la désagrégation des hérésies condamnées à Trente en une multitude de sectes, au sein desquelles piïllulent,avec de nouvelles erreurs sur la Sainte- Ecriture, les théories radicalement fausses du mythisme, du rationalisme, de l'indifférentisme et du naturalisme, du panthéisme, du matérialisme et de l'athéisme. Ces détestables doctrines si largement répandues devaient nécessairement exercer leur influence délétère sur les catholiques : l'expérience montre en effet que beaucoup de chrétiens séduits par elles méconnaissent les limites qui séparent la nature et la grâce, la science humaine et la foi divine, et altèrent le sens des dogmes enseignés par l'Eglise à ce j)omt que la pureté de nos croyances est exposée aux plus grands dangers. En vertu de la mission que lui a conférée son divin Fondateur, l'Eglise doit remédier à ce péril; c'est pourquoi le j)ape, en union avec le Concile présentement assemblé, définit la vérité et condamne les erreurs.

(1) VoirC. V. 1632 d. sqq.

(2) C. V. 69 d. sqq.

Dans son premier chapitre, le schéma confesse en peu de mots la foi catholique en l'existence d'un seul Dieu vivant, et en ses principaux attributs; en particulier, il proclame sa distinction d'avec le monde. Ce Dieu vrai et unique, continue-t-il, par sa bonté et sa toute-puissance, pour manifester sa perfection, a créé, tout à fait librement, le monde spirituel et le monde matériel, ainsi que l'homme, composé d'esprit et de corps.

Le second chapitre contient la doctrine de la Révélation. Premièrement il est possible d'arriver à une connaissance de Dieu pleinement certaine et purement naturelle. Mais, déclare-t-on ensuite, il a plu à la sagesse et à la bonté divines de révéler d'une manière surnaturelle l'Etre divin et ses éternels décrets. //

Nous devons sans doute à cette révélation de pouvoir,dans l'état présent du genre humain, connaître tous, facilement, avec une pleine certitude et sans danger d'erreur, les choses divines qui ne sont pas inaccessibles à notre raison laissée à elle-même ; mais ce n'est point pour cela qu'on peut dire la révélation absolument nécessaire : elle l'est parce que Dieu dans sa bonté a destiné l'homme à une fin surnaturelle, c'est-à-dire à la possession de biens divins, ce qui échappe complètement à notre raison.

Cette Révélation est contenue dans les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament et dans la Tradition. Le schéma renouvelle ici la définition du concile de Trente : Tous les livres de la Vulgate latine, dans leur entier et dans toutes leurs parties doivent être reconnus comme Ecritures Saintes et canoniques. Ils sont saints et canoniques, non parce que ayant été composés par des hommes, ils furent ensuite approuvés par l'Eglise, ni parce qu'ils contiennent la Révélation sans mélange d'erreur, mais, parce qu'écrits sous l'inspiration divine, ils ont Dieu pour auteur, parce qu'ils ont été transmis à l'Eglise par les Apôtres comme des ouvrages

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