LE NOUVEAU SCHEMA DE FIDE
inspirés, c'est-à-dire écrits par Dieu. Enfin la pensée des Pères de Trente sur l'interprétation de l'Ecriture est précisée, pour écarter toute fausse explication : dans les matières concernant la foi et les mœurs, dit notre texte, il faut regarder comme sens véritable de l'Ecriture-Sainte celui que l'Eglise a tenu et tient pour vrai.
Le troisième chapitre traite de la Foi. L'absolue dépendance de l'homme à l'égard de Dieu lui impose d'accorder une pleine créance à la révélation divine. La foi est définie : une vertu surnaturelle, par laquelle, sous l'impulsion et avec le secours de la grâce divine, nous tenons pour vrai ce que Dieu a révélé, non parce que nous en percevons la vérité intrinsèque, mais à cause de l'autorité de Dieu qui nous l'enseigne, et qui ne peut ni nous tromper, ni se tromper.
Pour que notre foi s'accordât avec la raison, continue le schéma, Dieu a voulu joindre à l'assistance intérieure de l'Esprit-Saint, des preuves extérieures de la vérité de la Révélation, c'est-à-dire des faits d'ordre divin, en particulier des miracles et des prophéties, témoignages évidents -de sa toute-puissance et de sa sagesse, signes de la parole divine très certains et accessibles à toutes les intelligences //.
Bien que nous ne puissions croire sans voir ce que nous •devons croire, et qu'ainsi l'assentiment de la foi ne soit pas wn acte aveugle de l'esprit, cependant personne ne peut adhérer à la prédication évangélique comme il est nécessaire pour arriver au salut, sans l'illumination et l'impulsion du Saint-Esprit. Aussi la foi en elle-même est, même dans celui qui n'est pas encore justifié, un don de Dieu, et son acte, une oeuvre se rapportant au salut, par laquelle l'homme rend au Créateur une libre obéissance, en coopérant à une grâce qu'il aurait pu repousser.
De foi divine et catholique il faut croire tout ce qui est ■contenu dans l'Ecriture-Sainte et dans la Tradition, tout ce que l'Eglise propose à notre croyance par ses jugements
solennels ou par son magistère ordinaire. Cette foi est nécessaire pour être enfant de Dieu et se sauver. Pour amener tous les hommes à la même foi et les y maintenir, Dieu a fondé l'Eglise par le moyen de son Fils; il lui a donné des signes manifestes de son origine divine, afin que tous pussent facilement la reconnaître comme la gardienne et la maîtresse de la vérité révélée. Aucune société religieuse, en dehors d'elle, ne présente toutes ces marques que Dieu a disposées si merveilleusement et en si grand nombre pour rendre évidente la crédibilité de la révélation chrétienne. Bien pins, l'Eglise elle-même en est un grand et perpétuel témoignage, elle est une preuve irréfutable de sa mission divine.
Comme un signe élevé parmi les nations, elle invite les peuples encore infidèles à venir à elle, et elle donne à ses fils la certitude que la foi professée par eux repose sur les plus solides fondements. La grâce divine ajoute à ce témoignage un secours plus efficace encore; c'est pourquoi, la situation de ceux, qui, par un don de Dieu adhèrent à cette vérité primordiale, n'est en aucune fa.çon comparable à celle des hommes qui, conduits par des opinions purement humaines, s'attachent à quelque religion fausse. Aussi ceux qui reçoivent la foi du magistère infaillible de l'Eglise, ne peuvent-ils jamais avoir un motif juste de l'abandonner ou de la révoquer en doute.
Le quatrième chapitre expose les relations entre les connaissances de la foi et celles de la raison. Elles se distinguent par leur principe et par leur objet. Par leur principe, puisque les connaissances rationnelles sont acquises par nos facultés naturelles, et que la foi est une vertu surnaturelle; // par leur objet, puisque la foi atteint, en dehors des vérités accessibles à la raison, les mystères divins eux-mêmes.
Si la raison suit avec un zèle pieux et discret les enseignements de la foi qui l'éclairé, elle peut avec le secours de- Dieu, parvenir elle-même à quelque connaissance de ces.